‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 114 sur 141 · Collectio Lacensis, t. VII · texte numérisé non relu

Collectio Lacensis, t. VII

C'est que l'abstinence n'était pas considérée simplement comme une mortiiication; elle avait paru dans l'antiquité comme l'un des moyens les plus propres à maintenir l'âme pure ou à la purifier, et l'on sait quelle importance l'abstinence de certaines catégories d'aliments a conservée en Orient. La chair et le vin passaient pour des aliments tout particulièrement impurs, indignes des vrais sages ; leur exclusion absolue de l'alimentation humaine constituait l'un des articles fondamentaux de l'ascétisme gnostique ou manichéen contre lequel l'Eglise avait eu à lutter dès la fin du iii^ siècle. Le IP canon des apôtres condamnait à la déposition les évêques, prêtres ou diacres qui refusaient d'user, les jours de fête, de chair ou de vin parce qu'ils les considéraient comme des aliments impurs, et non pas simplement par manière de purification religieuse ^ ; et le canon XIV d'Ancyre (314), en confirmant la même discipline, nous apprend que d'aucuns refusaient de manger même des légumes s'ils étaient cuits avec la viande 2.

Toutefois, la condamnation d'excès inspirés par des erreurs que l'Église repoussait n'avait pas porté atteinte à l'abstinence légitime recommandée par saint Paul : « Il est bon de ne pas manger de chair et de ne pas boire de vin ^. »

Conformément à cette indication, l'abstinence du vin et de la viande fut à la base du jeûne, elle en fit

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