G. XXII. Canoniste contemporain, 1902, p
Afin de procéder avec plus d'ordre et de clarté, on exposera successivement les diverses exclusions comprises dans la notion juridique d'abstinence.
L abstinence de la viande. — Elle fait si bien partie essentielle de l'abstinence que c'est elle que l'on entend quand on parle simplement d'abstinence. Inutile de citer les innombrables textes qui nous sont parvenus. Tous les siècles, depuis les plus anciens, ont interdit la chair les jours d'abstinence.
Mais par chair on n'entendait pas nécessairement la viande de tous les animaux; certaines personnes, au- temps de saint Epiphane, s'abstiennent, dit-il, de la chair et des quadrupèdes et des oiseaux, d'autres, de celle des quadrupèdes seulement ^ . Et l'historien Socrate nous apporte les mêmes renseignements 2. Avec le temps cette anomalie cessa : tout ce qui se nomme chair, purement et simplement, fut exclu, et sous toutes les formes : sang, graisse et jus de viande. Nombreux sont aussi les textes qui interdisent l'usage du sang pour l'alimentation, et l'on peut dire que ces deux prohibitions de la chair et du sang ont toujours marché d'accord. La graisse est spécialement mentionnée dans les capitulaires de Charlemagne comme un aliment interdit aux moines, tous les vendredis , quelques jours avant Noël , et depuis la Quinquagésime jusqu'au Carême ^. Quant au jus de
■1. Expos, fidei, c, xxiii. P. G., t. XLII, 828.