‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 123 sur 141 · Cf. Concile de Bourges, de 1584, tit. VIII, c iv · texte numérisé non relu

Cf. Concile de Bourges, de 1584, tit. VIII, c iv

3. « Vendentes etiam carnes publiée, in supradictis temporibus, eo ipso sententiam excommunicationis incurraot. » Conc. Palentin. (4322), XVI. Mansi, t. XXV, 744. « Vendentes vero vel émeutes publiée carnes temporibus supradictis, sint ipso facto sententia excommunicationis irretiti. » Conc. Sabnanticen. (4335), c. vn, ib., 4052.

l'on accusé en général de se montrer trop faciles, ne soient pas seuls à juger en la matière. Bien plus, les évêques réclament le pouvoir de punir les médecins qui manqueraient là-dessus à leur devoir et même les personnes qui font cuire et préparent des mets défendus les jours déjeune. Et comme, en dépit de toutes ces précautions, il faut prévoir les cas où la maladie force ses victimes d'user d'aliments interdits aux personnes saines, on décide que les viandes et autres mets de ce genre destinés aux malades ne seront pas exposés en vente publique, mais seulement dans des lieux privés, et vendus à ceux-là seuls qui présenteraient une permission écrite des deux médecins de l'âme et du corps ou au moins du médecin de l'âme ^

Si, malgré tous ces efforts, l'Église n'a pu conserver intacte l'observation de l'abstinence, même durant le Carême, et a dû maintenir au moins par des dispenses le respect de sa loi, à des époques où le monde était plus profondément imprégné d'esprit chrétien, il ne faut pas s'étonner qu'à notre époque, des évêques aient pu se demander s'il ne vaudrait pas mieux unifier toute la discipline de l'abstinence, en la réduisant partout au minimum. Dans ses Induits pour l'Amérique latine et les populations nègres du Nouveau Monde, l'Eglise a poussé jusqu'à l'extrême les adoucissements de sa discipline ; mais il y a tout lieu de croire qu'elle maintiendra plus ferme la loi de l'abstinence, telle

1. Cf. Conc. Sanctae -Seyen"nae(i597), de Jejuniis. Mansi, t. XXXV, 1049. Conc. Amalfitan. (1597), ib., 1095.

qu'elle est aujourd'hui, dans les pays chrétiens de l'Ancien Monde. Jamais son amour maternel pour les peuples qui lui sont confiés ne descendra jusqu'à la fai blesse.

Page 1