Loc. cit
3. c. Non est in potestate (Célestin III), xxti, X, De Decimis, et la
champ, dans le lieu même où les fruits avaient été recueillis, avant que rien eût été emporté, et pour cet effet les propriétaires étaient tenus d'avertir du jour où ils se proposaient de rentrer leur récolte. Cette obligation onéreuse, rendue encore plus gênante par cette sujétion, irritait vivement les contribuables^. Ajoutons que des canonistes trop rectilignes poussaient la logique de leurs déductions jusqu'à prétendre exiger des pauvres la dîme des aumônes qu'ils recevaient ^. Jamais, sans doute, on ne passa de la théorie à l'acte, mais le seul énoncé d'une telle thèse devait soulever d'incoercibles colères.
La deuxième raison, c'est que la dîme faisait partie d'un système détesté. Elle était la dernière de tout un ensemble de redevances irritantes et onéreuses. Tocqueville a tracé d'une manière saisissante la longue série de ces péages féodaux qui grevaient la terre du paysan corvéable. Partout les seigneurs prélèvent des rentes qui n'ont plus d'autre raison d'être qu'une raison historique. Le paysan « veut-il défendre sa semence contre leur gibier : les mêmes [seigneurs] l'en empêchent; les mêmes l'attendent au passage de la rivière pour lui demander un droit de péage. Il les retrouve au marché, où ils lui vendent le droit de vendre ses propres denrées; et quand, rentré au logis, il veut employer à son usage le reste de son blé, de ce blé
Glose in h. loc. Cf. Consiit. provinc. S. Edmundi, c xl. Mansi, t. XXXIII, 428.