‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 14 sur 141 · c. xvm. Bruxs, t. II · texte numérisé non relu

c. xvm. Bruxs, t. II

de croire que durant ce siècle l'obéissance fut plus fidèle que dans les siècles suivants. C'est le dimanche, en effet, que l'on choisit pour l'élection et l'ordination des clercs, de ceux au sujet desquels saint Léon le Grand disait : « que celui qui doit commander soit l'élu de tous ^ » ; marque indubitable que, ce jourlà, l'ensemble du peuple chrétien se réunissait dans l'église.

Au vi^ siècle, autant qu'on peut prendre au pied de la lettre les remontrances de saint Gésaire, la ferveur a notablement diminué. Souvent l'évêque d'Arles insiste sur l'obligation qu'ont les chrétiens de sanctifier le dimanche. Ses sermons imprimés parmi les œuvres de saint Augustin montrent, en même temps que la négligence de nombreux chrétiens, quel était sur le sujet qui nous occupe l'enseignement courant de l'Église. « Venez à l'église tous les dimanches, dit l'orateur ; le dimanche , les chrétiens ne doivent s'occuper que de Dieu et, pour le salut de leur âme , se réunir dans l'église^. » Par institution divine, le dimanche est réservé au culte divin, affirme-t-il : « les Apôtres et les hommes apostoliques ont décidé qu'il serait consacré aux actes de religion et qu'on y vaquerait uniquement au culte divin. C'est à ce jour qu'ils ont voulu transférer les honneurs du sabbat juif. Observons donc le

1. CL Epist.X, adepiscopos per provinciam Viennensem constitutos, c. VII. P. L., t. LIV, 630.

2. < Omni die dominico, ad ecclesiara convenite... CiiristiaQi in die dominico soli Deo vacare, et pro aninaae suae salute debent ad eccle siam convenlre. » Sermo 265 inter opéra S. Augustini, t. V. P. L. t. XXXIX, 2238. '

dimanche, mes Frères, et sanctifions-le comme le divin Législateur l'avait prescrit aux anciens pour le sabbat. Du samedi soir au dimanche soir adonnonsnous tout entiers au culte divin ^ » . Poussant encore plus loin ses exigences, afin d'assurer l'observance de ce qu'il considérait comme essentiel dans le précepte , l'évêque invite instamment ses diocésains à suivre, le dimanche, tous les offices du culte sans exception : « tous ceux à qui cela est possible viendront à l'office du soir et de la nuit, prier Dieu ensemble : les autres prieront chacun dans leur maison ; mais, le dimanche, que nul n'omette d'assister à la messe et ne reste paresseusement chez soi ^ ».

Enfin, dans un autre sermon, il ajoutera qu'il y a péché grave, non pas précisément à manquer la messe le dimanche — il ne fait pas cette application à la seule omission de la messe — mais à ne pas sanctifier du tout le jour du Seigneur ^.

1. « Dominicum diem aposloli et apostolici viri... religiosa solemnitate habendum sanxerunt.., ut in eo tantum divinis culUbus serviamus... Ac ideo sancti doetores ecclesiae decreverunt omnem gloriam judaici sabbatismi in illum transferre... observemus ergo diem dorainicam, fratres, et sanctifiée mus illam, sicut antiquis praeceptum est de sabbato, dicente Législature : a vespere usque ad vesperam celebrabitis sabbata vestra {Levit., xxm, 32)... A vespera diei sabbati usque ad vesperam diei Dominici... soli divine cultui vacemus. » Sermo 280, ibid., 2274.

2. « Veniat ergo cuicumque possibilesit, ad vespertinam atque nocturnam celebrationem, et oret ibi in conventu Ecclesiae pro peccalis suis Deum. Qui vero lioc non possit, saltem in domo sua oret, et non negligat Dec solvere votum, ac reddere pensum servitutis : in die vero nullus se a sacra missarum celebratione separet, neque otiosus quis domi remaneat. » Ib.

3. « Si loto die dominico lectioni insistere et Deo supplicare negligimus, non leviter in Deum peccamus. » Serm. 281, ib., 2278.

Assistance à la messe entière. — Un point sur lequel on se vit forcé d'insister plus longuement, ce fut qu'il fallait assister à la messe entière, qu'il ne suffisait pas de faire acte de présence au commencement de l'office et de s'éloigner dès le moment du sermon, L'évêque d'Arles avait signé avec tous ses collègues du concile d'Agde la prescription suivante : « Nous ordonnons, par une prescription toute spéciale, que les séculiers assistent à la messe du dimanche en entier et que nul n'ait l'audace de sortir avant la bénédiction du prêtre. Ceux qui l'oseraient faire seront publiquement réprimandés K » Il tint la main à ce qu'elle fût observée; parfois, même, il faisait fermer les portes de l'église aussitôt après l'évangile, forçant ainsi les assistants à rester jusqu'à la fin de l'office ^. D'autres fois, il avait recours aux prières, aux supplications, aux arguments de doctrine. L'un de ces arguments est particulièrement intéressant, en ce qu'il montre que, si l'objet du précepte était bien la sanctification du dimanche, sa partie principale était l'assistance à la messe, au sacrifice eucharistique, car, leur disait-il, « si vous faites attention, vous reconnaîtrez que la messe ce n'est pas précisément au moment des lectures qu'on la célèbre, mais quand se fait l'offrande puis la consécration du corps et du sang

\. « Missas die dominico a saecularibus lotas leneri speciali ordinatione praecipimus ; ita ut ante benedlctionem sacerdotis egredi populus non praesumat. Qui si fecerint, ab episcopo publiée confundantur. » Conc, Agathen., c. xlvii. Bruss, t. II, 155,

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