‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 3 sur 141 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

sans résultat, il est trop aisé de constater qu'ils n'ont jamais réussi à ramener parmi les chrétiens cette ferveur première qu'on leur présente sans cesse comme un modèle. La rigueur des préceptes s'adoucit et l'on se contente d'un minimum, quand on ne préfère pas fermer les yeux. La participation au sacrifice eucharistique est réduite à la communion pascale, et encore les sanctions primitivement portées sont-elles tombées en désuétude ; il en est de même de la confession annuelle. Sur d'autres points, comme les fêtes d'obligation, les jeûnes et l'abstinence, des concessions officielles, des induits de plus en plus larges ont sanctionné le fléchissement qu'ils contribuent encore à accélérer. Les dîmes ont disparu rapidement dès qu'elles ont cessé d'être appuyées sur les lois séculières, sauf à se retrouver sous la forme de contributions volontaires. Enfin, il n'est pas jusqu'au précepte de l'abstention des œuvres serviles, longtemps maintenu avec plus de rigueur parce qu il se réclamait du droit divin, qui n'ait fini par fléchir notablement.

Parallèlement à cette évolution, on en voit une autre se produire dans les écrits des moralistes et des canonistes, tout aussi intéressante, tout aussi humaine. Ils font moins volontiers appel aux peines éternelles pour assurer l'observation des préceptes positifs; ils se montrent plus faciles

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