X PREFACE
dans l'appréciation des motifs d'excuse ; ils laissent tomber les peines canoniques, par exemple le refus de sépulture ecclésiastique;. en un mot ils se mettent, sans peut-être en avoir toujours conscience, d'accord avec la pratique normale de leur temps. Le fait est très marqué en ce qui concerne le jeûne et l'abstinence.
Faut-il en conclure que les commandements de l'Eglise sont aujourd'hui moins bien observés qu'autrefois? Oui, sans doute, si l'on se borne à considérer la proportion des catholiques pratiquants par rapport à la masse ; mais qu'en est-il en ce qui concerne les catholiques pratiquants eux-mêmes? Il faut reconnaître que le jeûne et l'abstinence ne tiennent pas, dans l'estime des chrétiens de nos jours, même fervents, la même place que chez nos ancêtres ; il suffit de se rappeler les concessions et induits de Rome pour conclure que la pratique, en ce qui concerne les Y* et VI'' commandements, est en déclin visible. Mais sur d'autres points, il me semble que la conduite des chrétiens, plus spontanée, plus généreuse, constitue plutôt un progrès. Je ne sais si de nos jours on assiste plus fréquemment qu'autrefois à la messe; peut-être y assiste-t-on mieux; en tout cas, les communions sont bien plus fréquentes; la confession est devenue un véritable exercice de piété; la générosité des fidèles en faveur de