‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 67 sur 141 · Capitul. XXIX. Mansi, t. XIV · texte numérisé non relu

Capitul. XXIX. Mansi, t. XIV

4. Leges Ecclesiastic, (Concil. Ansan.), c. xu. Mansi, t. XIX, 192.

5. « Corpori et sanguini Dominico quotidie in quadragesima majori si deberetis communicare consulitis : quod ut fiât Dominum omnlpotentetn suppliciter exoramus, et vos omnes veliementissime exhor-

Toutes ces législations à exigences variées prouvent qu'il n'y avait pas sur cette matière de loi proprement dite, précise, vraiment juridique, entraînant une obligation semblable à celle qu'impose notre quatrième commandement. On invite à communier souvent, on considère comme de mauvais chrétiens ceux qui ne communient pas au moins trois fois par an ; ils n'en sont pas moins chrétiens et n'en sont pas moins considérés comme tels. Un grand nombre même ne reçoivent l'Eucharistie qu'une fois l'an.

. Et cela date de loin. A la lin du iv^ siècle, l'auteur du De Sacramentis constate cet usage. Il s'en plaint ; il avoue (mieux informé que ne le sera Théodore de Cantorbéry) que beaucoup de Grecs font de même ; niais, étant antérieur au concile d'Agde, il ne cite aucune loi qui oblige à faire davantage; il s'efforce de persuader que ce pain doit être quotidien * ; mais c'est tout.

De même Amalaire de Metz (mort vers 850) qui, ûe trouvant en dehors du rayon d'influence exercé par le concile d'Agde, ne connaît pas de loi juridique en cette matière et remet chacun à sa piété et au jugement de sa conscience^. Et Théodulfe d'Orléans, à

tamur, si tatnen mens in aifectu peccandi non sit... Intérim tantum quadragesima, quam mos Ecclesiae majorem appellat, omni est die servato superiori tenore communicandum. » Ad consulta Bulgaror., c. rx. P. L., t. CXIX, 983, 984.

1. < Si quotidianus estpanis, cm post annum illum sumis, quemadmodum Graeci in Oriente facere consueverunt ? Accipe quotidie quod quotidie tibi prosit. » De sacramsnt., V, iv, 2S. P. L., t. XVI,

3. « Sunt autem intra sanctam Ecclesiatn qui raro communicant, et

QUATRIÈME COMMANDEMENT. i9l

côté du texte que nous avons cité, en présente un autre fort intéressant, parce que son imprécision paraît corriger heureusement la précision du premier et lui donner sa vraie note, une note d'exhortation et non d'obligation absolue. « Avertissez le peuple, dit-il, qu'il ne faut ni s'approcher du corps et du sang du Christ avec indifférence, ni s'en tenir éloigné trop longtemps ; de même qu'il est dangereux de s'en approcher si l'on n'a pas l'âme pure, de même est-il dangereux de s'en tenir trop longtemps éloigné. Il faut suivre une voie moyenne entre les excommuniés — lesquels ne peuvent communier qu'à des époques déterminées — et les religieux qui mènent une vie sainte et communient presque chaque jour * . »

Cependant, peu à peu, les trois communions annuelles étaient si bien passées en coutume que la généralité des fidèles s'y assujettissait; la négligence des tièdes portait plutôt sur la préparation insufiQsante dont ils se contentaient que sur le moindre nombre des communions. Ce que le successeur de Théodulfe, Jonas d'Orléans, reproche à ses diocésains, ce n'est pas de manquer à l'une ou l'autre des trois communions, c'est de les faire mal, par routine plutôt que par dévotion 2. Ils ne pensent pas que

qui quotidie. Faciat autem unusquisque quod secundum Qdem suam pie crédit esse faciendum. » De Ecclesiasticis offlc, 1. ni, c. xxxiv, de Eucharistia. P. L., t. CV, 14S3-11S4.

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