‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 78 sur 141 · Cf. Didachè, viii · texte numérisé non relu

Cf. Didachè, viii

4. C'est de là qu'ils seront implantés en Angleterre, en Germanie et en France. L'Espagne ne les connaîtra que plus tard, et plus tard encore l'Église de Milan.

nous en pouvons suivre l'histoire, qui n'est pas d'ailleurs très compliquée.

Les plus anciens documents que nous possédons, et qui nous les montrent déjà tout organisés, sont les sermons de saint Léon. L'institution doit évidemment remonter plus haut. Non seulement le pape en dénonce l'origine dans l'Ancien Testament, affirmant à mainte reprise que ce jeûne participe à la permanence de certains autres préceptes comme celui-ci : Tu adorey^as le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui seul, et ajoute qu'il faut en attribuer l'institution définitive aux Apôtres ^ ; mais dès lors la discipline est complète et l'on donne, avec l'indication des jours de jeûne, la signification religieuse qu'on y attache. Les Quatre-Temps reviennent quatre fois l'an, aux quatre saisons, pour des raisons symboliques diverses 2. Chacune des séries avait, en plus, sa signification particulière ; celle du dixième mois, par exemple, avait pour

1. « Jejuniorum vero utilitatem Novi Testamenti gratia non removit : quoniam sicut permanet apud intelligentiam christianam : Dominum tuum adorabis et illi soli servies... et caetera talium mandatorum; ita quod in eisdem libris de jejuniorum sanctiflcatione et curatlone praeceptum est, nulla interpretatione vacuatur. » {Serm. IS, De jej. decimi menais, c. 11. P. L., t. Liv, 17S.) Cf., d'un sermon pour le jeûne du septième mois : « Cui medicinae, dilectlssimi, licet tempus omne sit congruum, hoc tamen habemus aptissimum, quod et apostolicis et legalibus institutis videmus electum. » {Serm. 93, c. ni, t6.,457.)

2. « Ita per totius anni circulum distributa sunt, ut lex abstinentiae omnibus sit ascripta temporibus. Siquidem jejunium vernum in quadragesima, aestivum in Pentecoste, autumnale in mense septimo, hiemale autem in hoc, qui est decimus, celebramus, intelligentes divinis nihil vacuum esse praeceptis, et verbo Dei ad eruditionera nostram omnia elementa servire; dura per ipsiusmundi cardines, quasi per quatuor evangelia, incessabiliterdiscimusquod et praedicemus etagamus. » Serm. 19, De jej. decimi mensis, c. n. P. L., t. LIV, 186.

but de remercier Dieu de la récolte et pour fruit spirituel l'invitation à faire l'aumône ^ .

Dès lors aussi, la formule parlaquelle on les annonce est pour ainsi dire stéréotypée : « Jeûnons donc mercredi et vendredi, et le samedi célébrons la vigile auprès de l'apôtre saint Pierre^. »

Pour saint Léon, les Quatre-Temps étaient un jeûne renouvelé des Juifs, mais qui n'entraînait pas comme chez eux, le pape le fait sonner très haut, l'abstention obligatoire du travail^.

Les quatre saisons avaient chacune sa série de Quatre-Temps. Mais à quelle partie de la saison, à quel mois chaque série était-elle fixée? Nous avons entendu le pape l'annoncer : le jeûne du printemps tombait en Carême, celui de l'été à la Pentecôte, les deux autres en septembre et en décembre. Quant à la partie du mois où l'on devait jeûner, il est malaisé de donner une réponse précise pour l'époque de saint Léon et celle qui le suit immédiatement. De bonne heure, écrit dom Morin, on chercha à rattacher les Quatre-Temps à des semaines déterminées du cycle liturgique, mais on n'y réussit pas aussitôt. Longtemps après, il y avait encore une certaine indétermination.

On a fait observer, de plus^, que le passage du

1. K lit omnium fructuum collectione conclusa... circa pauperes esset effusior. » Serm. 16, c. ii, i6., 177.

2. « Quarta igitur et sextaferia jejunemus; sabbato autem apud beatissimum Petrum apostolum vigilias celebremus. »

3. Saint Léon oppose aux « otiosa jejunia » des Juifs le « nec a justis et uecessariis operibus abstinentes » des chrétiens. Cf. Serm. 89, 1. P. L., t. LIV, 344.

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