‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 79 sur 141 · Revue Bénédictine, loc, cit., p · texte numérisé non relu

Revue Bénédictine, loc, cit., p

Liber Pontificalis concernant le pape Calliste ne parlait que de trois Temps et non de quatre, de façon à exclure implicitement les Quatre-Temps du Carême, et qu'il en est de même des formules d'indiction contenues dans les Sacramentaires. L'observation est fondée. Quoique le jeûne du premier mois, tombant souvent en Carême, soit connu très anciennement, il n'en demeure pas moins piquant de remarquer aussi que le document le plus ancien que nous ayons rencontré pour l'observance des Quatre-Temps en Angleterre ne mentionne également que trois séries déjeune, au quatrième, septième et dixième mois, piquant surtout de noter que l'on y insiste sur la nécessité de se conformer à la coutume romaine. Il semble, d'ailleurs, à lire ce décret, que les Quatre-Temps ne sont pas bien vus ni acceptés sans peine en Grande-Bretagne ; aussi impose-t-on de les annoncer bien soigneusement au peuple avant l'ouverture de chaque série et de l'avertir qu'il doit se mettre d'accord sur ce point avec toute l'Église ^

Vers la même époque, cependant, Egbert d'York marque, dans son livre De institutione catholicaf une discipline bien établie, ayant sa racine dans une tradition déjà vénérable qui remonte, dit-il, par saint Au-

1. « Decimo octavo slatutum est mandate, utjejuniorum tempora, id est quarti, septimi et decimi mensis, nullus negligere praesumat : sed ante horum initia per singulos annos admonealur plebs, quatenus légitima universalisEcclesiae sciât atque observet jejunia, concorditerque unlversi id faciant, nec ullatenus in ejusmodi discrepent observatione, sed secundum exemplar, quod juxta ritum Romanae Ecclesiae descriptum est, studeant celebrare. » Conc. Cloveshov. II (747), c. x\iii.

JIANSI, t. XII, 401.

gustin de Cantorbéry jusqu'au pape saint Grégoire ^ . Cette discipline place le jeûne du premier mois dans la première semaine du Carême, le second dans la semaine après la Pentecôte, le troisième dans la semaine avant l'équinoxe sans s'occuper si c'est ou non la troisième semaine de septembre, le quatrième dans la semaine avant Noël 2, Constatons toutefois que l'on prenait sur ce point quelques libertés, et que le concile d'Enham, en décidant qu'en Angleterre on s'en tiendrait aux prescriptions de saint Grégoire, avoue que dans d'autres pays la discipline variait 3.

C'est peut-être d'Angleterre, et par l'intermédiaire des moines qu'elle envoya en Germanie, que ce dernier pays reçut aussi les Quatre-Temps, quoique, ici, la mention faite des ordinations que l'on donne à ces mêmes époques rappelle plus directement l'usage romain. Les décrets du concile d'Estinnes (743) nous en fournissent la plus ancienne mention. Les Quatre- Temps sont fixés aux mois de mars, juin, septembre et décembre, et les prêtres doivent en enseigner l'observance aux peuples qui leur sont confiés ''.

1. « ut noster didascalus beatus Gregorius, in suo Ântiphonario et Missali libro per paedagogum nostrum beatum Augustinum transmisit ordinatum et rescriptum. » Egbert., de Instit. Cathol., c. xvni, de Jejunio quatuor Temporum. P. L., t. LXXXIX, 441.

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