CHAPITRE IV
Louis I, Comte de Ferrette.
Les termes d'un acte de l'année 1182 (5), probablement mal lu ou mal copié, ont fait penser à un des annalistes de Lucelle, que Louis ne fut pas le seul fils du comte Frédé-
(1) Froide-Fotaine est situé pris de Délie. — Les actes sont rapportés dans le T. I. des monuments de l'histoire, page 220, 222, 224, 2S1.
(2) Walch. MisscellaneaLuciscelieotiaT. II. 170. manuscrit.
(3) Hergott et autres auteurs ont donné par erreur la date de 1252 à cet acte, qui n'est pas daté, mais les personnages et les témous appartiennent tous à la seconde moitié du onzième siècle, aussi M. Trouillat a-l-il ensuite rectifié lui-même cette erreur. T. II. CXXXVI, et 707.
(4) Le nécrologe de la cathédrale de Bâlefixe l'anniversaire de Frédéric Comte de Ferrette, euterré à Oelenbcrg au 19 Juillet. Trouillat T. II p. 28. note A. L'anniversaire de Stéphanie figure dans le même nécrologe cité par le même auteur T. II.
(I) Walch. Miscell. Luciscell. T. II. p. 345. Ludovicus Ferrettensis cornes dilectis in christo abbatli Lucellensi Conrado et ejus fratribus tara presenlis quam fuluris salutem. Quoties super aliqua compositionc inter litiganles u tri us que partis assensu amicabllitcr facla , vestre corraborationis prœsidium imploratus, decet non libente animo concedere
— lo-
tie, et Walch a rapporté ce document relatif au monastère d'Oelenberg ou Reiningen, fondé par Elvige d Egisheim mère du pape Léon IX, monastères dont les comtes de Ferrette devinrent ensuite les avoués et bienfaiteurs. Cet acte dit que le comte Louis de Ferrette a rétabli la concorde entre l'abbaye de Lucelle et ses frères Reinunger « inter vos et fratres nostros Reinunger » et l'on a pris cette expression comme indiquant des frères du comte ayant des difficultés avec Lucelle, et ce, avec d'autant plus de motifs que dans d'autres actes de ce temps on voit souvent le nom de deux, nobles de Ferrette appelés Reimbold, Reinung, Reinold. Mais une analyse plus attentive des actes fait comprendre que celui de 1183 désigne simplement les frères ou moines du monastère de Reiningen , ou GElenberg , et les autres des nobles d'une famille vassalle des comtes et nullement des frères ou des parents.
À l'appui de ce fait on citera un acte de 1 188 par lequel le comte Louis remédie à divers dommages qu'il avait causés à Lucelle et faisant ensuite l'énumération des terres données ou vendues à cette abbaye, il dit: de même Reinold de Firretto, notre ministériel, a donné en aumône à cette église par notre main vingt-deux journaux de pré, avec les prés dépendant de cette même terre ( qui parait être à Pleigne. ) près de Winckel ; un autre Reinold de Ferretto, notre ministériel, a vendu sa terre avec tous ses droits, par notre main, à ladite église pour le prix de 8 livres, du consentement deson fils.(l )
Ces deux Reinold ont paru à Walcb les mêmes personnages nommés précédemment les frères du comte, mais ce titre de ministériel indique assez qu'il y a une erreur et que dans le premier il s'agit des frères , des moines de Reinung, Reinigen.
Il y avait d'ailleurs à cette époque une famille noble du nom de Ferrette dont les premiers apparaissent déjà dans
et pelentiam desideria sine atiquâ contradictione nos adimplere: onde audienles controrersiam inter vos et fratres nostros Reinunger habita tu , médian le amicabili compositione sopitam gavisi sumus , ea propter dilecti in domino petttione praditorum fratrun Reinunger prœdium quod Hugo de Thanno in Tilla Erlx-nhcim ipsis dédit, com duodecim jageribus in ban no de Wigeobeim qnarum oeto joxU euriam vestram teoentur, vobis damas, etc.
— Voir Sebœpflin Als. i 11. T. II. p- 449, pour Œlenberg.