CHAPITRE XVII
Cette mort répandit la douleur en Flandre, et l'on ne manqua pas de l'attribuer à des complices de Jean et de Bauduin d'Avesnes. Ceux-ci cependant protestèrent avec serment de leur innocence , et le duc de Brabant , dont Guillaume avait épousé la fille Béatrice, jura également sur les reliques des saints, qu'emportés par l'ardeur du combat, les chevaliers qui s'étaient jetés sur les Flamands n'avaient eu d'autre but que de secourir leurs amis qui allaient succomber.
Lorsque le corps de Guillaume fut transporté en Flandre, la comtesse Marguerite se livra à son aspect au plus violent désespoir : « 0 majesté divine, s'écriaii-elle en se tordant les mains et en s'arrachant les cheveux, que tes décrets sont terribles! Il faut donc que mes péchés soient bien grands pour que tu me punisses d'une manière si cruelle dans ce que j'ai de plus cher au monde ! 0 rage impie des méchants, qui fait périr d'une mort si affreuse, sous les pieds des chevaux, le plus cher de mes enfants, si bon, si beau, si plein de courage, de force et de jeunesse! Duc de Brabant, je croirais, si vous ne m'eussiez afBrmé le contraire avec serment, que les fils de Bouchard, déjà si coupables envers moi, sont les auteurs du forfait. Mais, s'ils ne l'ont point accompli euxmêmes, n'est-il pas possible que le meurtre ait été commis en leur nom et pour leur complaire par des Hainuyers ou des Hollandais? Hélas! hélas! commjni mj venger de mes ennemis^? »
MARGUERITE DE CONSTANTINOPLE. 'l251-1279.
Vengeance et tyrannie de la comtesse envers le Hainaut, qui avait pris le p:irti de Jean d'Avesnes. — Elle destitue tous les officiers de ce comté et les remplace par des Flamands. — Odieuse conduite de ceux-ci. — Conspiration des Ronds. — Grand nombre de Flamands sont égorgés en Hainaut par les Ronds. — Lettre des conjurés au grand-bailli du Hainaut. — Leur nombre augmente. — Colère de la comtesse de Flandre. — Sympathie qu'ils excitent. — L'évéque de j Liège les prend sous sa protection. — Guerre contre j
(1) Jacques de Guise, xv, 110.
l'empereur comte de Hollande et contre Jean d'Avesnes,
— Les Flamands descendent dans l'Ile de Walcheren.
— Florent de Hollande leur fait éprouver un sanglant, échec à West-Kappel. — Gui et Jean de Dampierre sont retenus prisonniers. — Désespoir de la comtesse de Flandre en apprenant la captivité de ses fils. — Elle tente leur délivrance. — L'empereur dédaigne ses
offres. — Nouvelle intervention du roi de France.
Conditions exorbitantes imposées par l'empereur. •
Dépit de Marguerite. — • Elle fait reconnaître Gui de Dampierre en qualité de comte de Flandre, et, à son défaut, le jeune Robert, fils de ce prince. — Ses projets de vengeance. — Louis IX refuse l'ofFre qu'elle lui
fait du comté de Hainaut. — Elle l'abandonne, sa vie durant, au comte Charles d'Anjou, afin qu'il l'aide à combattre l'empereur et à délivrer ses fils. — Marguerite et Charles d'Anjou envahissent le Hainaut à main armée. — Siège de Valenciennes et du château d'Enghien. — Résistance des bourgeois et du sire d'Enghien. — Plusieurs villes du Hainaut se soumettent. — Reprise du siège de Valenciennes. — Courage et fierté des habitants. — - Le prévôt Eloi Minave.
— Ses énergiques remontrances à la comtesse. — Accord. — L'empereur entre en Hainaut. — Charles quitte précipitamment Valenciennes et se tient sur la défensive aux environs de Douai. — Trêve entre les parties belligérantes. — Mort tragique et inopinée de l'empereur. — Charles d'Anjou renonce au Hainaut. — Guillaume et Gui sortent de prison. — La paix se rétablit entre les Dampierre et les d'Avesnes. — Jean d'Avesnes languit et meurt. — Son fils lui succède au comté de Hainaut. — Habileté politique de la comtesse de Flandre. — Ses institutions et son gouvernement. — Précautions qu'elle prend pour éviter dans l'avenir de nouvelles dissensions avec sa famille. — Les dernières années de sa vie se passent en œuvres de bienfaisance.
— Elle s'éteint à l'âge de 80 ans. — Gui de Dampierre est proclamé comte de Flandre et Jean II d'Avesnes, comte de Hainaut. — Piété filiale de ce dernier. — Il fait exhumer son père et le présente à toutes les villes du Hainaut comme leur seigneur et comte. '
La vengeance fut, en effet, la passion qui ribsorba dès lors toutes ses pensées. Impuissante à l'exercer directement contre les d'Avesnes, elle se mit à persécuter les habitants du Hainaut et à faire peser tout le poids de sa colère sur une province à laquelle elle ne pardonnait pas d'être l'héritage des fils qu'elle exécrait. Comme elle était souveraine viagère de ce comté, elle en révoqua tous les officiers, principalement ceux qui étaient nés dans le pays. Ainsi elle dépouilla de leurs charges le grandbailli et les baillis ordinaires, tous les prévôts, les châtelains et jusqu'aux sergents; puis elle les remplaça par des Flamands de son choix. Bientôt elle surchargea de tailles les gens de toute condition, et greva les
MARGUERITE DE CONSTANTINOPLE
denrées et marchandises d'un impôt exorbitant'.
Mais ce qui est plus odieux encore, c'est qu'employant des moyens que la haine la plus forte et la tyrannie la plus raffinée pouvaient seules inventer, elle envoya en Hainaut trois cents Flamands désignés par elle parmi tout ce qu'il y avait en Flandre de gens avides et sanguinaires, afin d'y exercer une mission exclusivement despotique*. Elle avait pris ces séides sous sa protection, et tenait en sa sauvegarde leurs biens, meubles et immeubles, ainsi que leurs familles. Des privilèges particuliers leur furent accordés. Ainsi, leurs logis en Hainaut étaient autant d'asiles ; c'est-à-dire que tous ceux qui s'y réfugieraient pour quelque crime devraient y être en sûreté^. Ces trois cents hommes n'étaient justiciables que de la cour de Paméle, près d'Audenarde, et ne pouvaient être cités ailleurs. Six fois par an ils étaient obligés d'y comparaître, et on leur avait promis que, moyennant six deniers payés aux juges, ils seraient quittes envers tout le monde des crimes ou délits qu'ils auraient pu commettre*. La comtesse ordonna que, si l'un de ces délégués venait à mourir, il fût sur-le-champ remplacé, et voulut qu'on les appelât les vassaux de la souveraine de Flandre^. Différentes charges leur étaient attribuées : les uns avaient la garde des champs, des bois, des eaux, des chemins, des bourgs et des villages ; d'autres remplissaient les fonctions de référendaires ou de receveurs®.
Le grand-bailli, récemment institué par la comtesse, établit d'abord ces oppresseurs dans la terre de Leuze et dans toute la portion du Hainaut située entre la rivière de Haine et les confins de la Flandre et du BrabanC, en commençant à la limite de Grammont, passant par la châtellenie d'Ath, par la terre d'Enghien, les prévôtés de Mons, de Binche et de Beaumont, jusqu'à l'évéché de Liège. Hs étaient postés aux embranchements des routes ou dans les plus riches bourgades, suivant l'office de chacun d'eux. Là, ils commencèrent à prendre tout
(1) J. deG. XV, 112.
(i) Ibid.
(2) Ibid.
(5) Ibid.
(3j Ibid.
(0) Ibid.
ce qui était à leur convenance, sous prétexte d'impôt, et à rançonner tous les habitants depuis le plus noble jusqu'au plus infime, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. Seigneurs, prêtres, bourgeois, vilains, riches ou pauvres, personne n'échappait à leur rapacité, si bien qu'au bout d'un an et demi le pays était ruiné et que la misère et la désolation régnaient partout^ sans que ni l'empereur, ni l'évêque de Liège, ni l'héritier du Hainaut pussent rien faire pour apporter remède à ce triste état de choses. Ce fut alors que les malédictions du peuple infligèrent à Marguerite une de ces épiihètes terribles qui suivent la mémoire des princes à travers les siècles, et qu'il n'est donné à aucun historien de jamais effacer. On l'appela, et on l'appelle encore aujourd'hui en Hainaut, Marguerite-la-Noire .
Tandis qu'elle opprimait de la sorte les gens du Hainaut, la comtesse, comme pour leur faire mieux sentir leur infortune, augmentait le bien-être de ses sujets flamands. Elle affranchissait tous les serfs qui demeuraient sur ses domaines, augmentait les privilèges des villes, protégeait le commerce et l'industrie, dotait richement les églises et les monastères ; toutes ses faveurs enfin étaient pour la Flandre, toute sa haine et ses tyrannies pour la patrie et l'héritage futur de Jean d'Avesnes. Cependant une sourde agitation se manifestait déjà dans le Hainaut, lorsqu'un événement imprévu vint fournir l'occasion de secouer le joug.
H arriva qu'un boucher de Chièvres, nommé Gérard-le-Rond, se rendit à la foire d'Ath un certain jeudi avant la Toussaint, aGn d'y acheter du bétail. H rencontra un de ses confrères de Ghislenghien, lequel avait un bœuf fort gras et fort beau ; mais dont il ne savait trop que faire, car les vassaux de la comtesse de Flandre avaient jeté leur dévolu sur cette proie. Le marchand dit à Gérard-le-Rond qu'il lui donnerait bien son bœuf pour vingt pièces de monnaie. Gérard s'approcha pour voir l'animal, offrit treize pièces, et, après quelques débats, finit par conclure marché. Le lendemain, il revint avec de l'argent et deux
(7J Ibid. 114.
i'IIAPITRK XVII.
jeunes garçons pour conduire le bœuf à Chièvres ; il paya et partit. Gérard-le-Rond cheminait tranquillement avec son bœuf, quand, à la sortie d'un petit village appelé Le Loe, neuf vassaux armés se présentèrent devant lui : ■• De quel droit es-tu entré sur notre territoire? lui dirent-ils. Tu es bien audacieux de venir ainsi enlever un bœuf que nous réservions jusqu'à Noël pour l'offrir à la comtesse de Flandre, notre dame etmaîtresse. Rends-nous-le sur-le-champ '. » Le boucher répondit respectueusement qu'il avait acheté la béte à beaux deniers comptants, et qu'il s'en croyait propriétaire : « Cependant, ajouta-t-il, je vous donnerai bien un aureus pour acheter du vin si vous voulez me laisser passer-. ^ Les vassaux refusèrent en disant qu'il leur fallait le bœuf bon gré, mal gré. Gérard alors se récria et se mit devant son bœuf comme un homme qui veut loyalement défendre ce qu'il a loyalement acquis. Aussitôt les neuf vassaux furieux se jetèrent sur le pauvre homme, le tuèrent à coup de poignards; après quoi, emmenant le bœuf à Ath, ils le vendirent moyennant douze pièces au châtelain flamand de cette ville, lequel était un de leurs amis.
Les jeunes valets de Gérard avaient fui épouvantés en voyant tomber leur maître. Arrivés à Chièvres, ils racontèrent au mi lieu des sanglots ce qui venait de se passer. A cette nouvelle affreuse, les six fils de Gérard, bouchers comme leur père, saisirent leurs coutelas et, pleins de rage, coururent avec leurs serviteurs et leurs parents au village de Le Loe pour chercher les meurtriers. Durant tout le jour ils parcoururent les chemins détournés jusqu'aux portes d'Ath, visitèrent les villages des environs; mais les vassaux s'étaient cachés : ils n'en trouvèrent aucun. Alors ils revinrent près du corps de leur père, qui gisait sanglant au milieu de la route, à l'endroit où il avait été tué, le prirent entre leurs bras et le rapportèrent à Chièvres.
Le lendemain était le jour du marché, et grande affluence de monde se trouvait sur la place. Les fils de Gérard mirent le cadavre
(1) J. de. (iuise, xv, 113.
?) Ihld.
sur un brancard et le portèrent parmi la foule en poussant des cris de douleur et de vengeance. Le peuple s'émut vivement à ce spectacle : les seigneurs de la ville n'étaient pas moins indigaés. Six chevaliers gardaient en ce moment Chièvres avec leurs écuyers et sergents : c'étaient Gérard de Jauche, Gérard de Lens, Rasse de Gavre, Nicolas de Rumigny, Othon d'Arbre et Jean de Palluel. Ils voulurent prendre les armes sur l'heure et monter à cheval ; l'un d'eux, Rasse de Gavre, les retint : « Seigneurs, leur dit-il, vous savez que ces vassaux sont sous la sauvegarde de la comtesse de Flandre et de Hainaut et vous ignorez les noms des meurtriers. Songeons à la malignité et à l'instabilité des temps où nous vivons. Attendons trois jours, pendant lesquels on nous fera sans doute connaître, soit à nous, soit aux autres cours .du Hainaut ou de Flandre, les circonstances du crime et les noms des criminels. Nous saurons alors contre qui diriger nos coups. D'ici là on s'occupera des funérailles de Gérard-le- Rond, et nous aviserons avec sa famille sur la conduite que nous devrons tenir. ^ .. Le sage avis du sire de Gavre prévalut; et pendant qu'on célébrait à Chièvres les obsèques f'u malheureux boucher, les barons s'enquéraient à Mons , à Ath et ailleurs si un homicide n'avait pas été dénoncé à la justice du pays. On répondit partout que non.
Les trois jours étaient écoulés, et les fils de Gérard virent bien qu'à eux seuls appartenait la vengeance puisque les vassaux de la comtesse restaient impunis. Ils disposèrent du mieux qu'ils purent de tout leur avoir, comme gens que préoccupe une grande et unique affaire ; les seigneurs de Chièvres leur donnèrent d,s conseils, leur promirent aide et protection au besoin : alors les jeunes bouchers réunirent leurs parents, serviteurs et amis au nombre de soixante personnes''. Tout ce qu'on put trouver d'arcs, de flèches, d'épées, de lances, de haches et de couteaux aigus leur fut donné; et, le mardi suivant, la troupe sortit de Chièvres en jurant d'exterminer tous les vassaux qui lui tombe-
(3, ibi^:
(4) Ibid.
MARGUERITE DE CO N STA N T I XOPI.E
raient sotis la main. Les conjurés avaient pris pour insigne, afin de se faire reconnaître et de se distinguer entre eux, un 0 ou rond couronné, cousu sur le capuce on sur la tunique que les gens du peuple portaient en ce temps-là ' . On les appela dèslors les Ronds du Hainaut, en souvenir du surnom du boucher Gérard et du blason allégorique qu'ils avaient adopté. Pendant deux jours et deux nuits ces hommes déterminés se dispersèrent secrètement dans plusieurs villages, guettant les lieux où se trouvaient les vassaux et épiant leur manière de vivre. Un rendez-vous général avait été donné au bois de Willehourt. On s'y réunit le soir ; et là, au milieu du silence et de l'obscurité, on résolut d'attaquer les vassaux la veille de la Saint-Martin. Ce jour-là les séides de la comtesse devaient se rassembler pour diner à Melin, à Arbre et à Lens, ainsi qu'on l'avait appris dans c:>s villages mêmes ; de plus, l'on connaissait les maisons où ces réunions devaient se tenir. Il fut donc arrêté que, pour commencer, on envahirait dans la nuit les trois villages. A cet effet, les fils de Gérard et leurs partisans se pourvurent d'échelles, de hallebardes à crocs, de volets et de portes en guise de boucliers^, enfin de tout ce qui était nécessaire pour livrer des assauts et envahir les maisons.
La veille de la Saint-Martin et au commencement de la nuit, les conjurés descendirent à Melin et entourèrent un logis oii dix vassaux soupaient joyeusement. Sans plus tarder, ils se précipitèrent sur la porte; mais elle était trop soliile et résista. Ils cherchèrent aussitôt à pénétrer dans l'intérieur par escalade. Les vassaux, entendant un grand bruit au dehors, se levèrent vivement de table et mirent l'épée à la main. Une lutte opiniâtre s'engagea bientôt entre eux et les assaillants; plusieurs de ces derniers furent même jetés en bas des échelles et blessés grièvement; mais les Ronds finirent par triompher et par entrer dans la maison. Les dix vassaux tombèrent égorgés, ainsi que trois de leurs valets. On jeta leurs cadavres par les fenêtres, après quoi
fl) J. de G. XV. HO.
(2) Ibid. 118.
six femmes qui se trouvaient au souper et poussaient des cris lamentables furent saisies, garrottées et couchées sur les tables. A l'une on co'ipa le nez, à l'autre la lèvre supérieure, à latroisième la lèvre inférieure, à la quatrième une oreille, à la cinquième on f^ ndit le menton, la sixième eut un œil arraché de son orbite^. Ainsi défigurées, la troupe les conduisit le lendemain à Ath et les remit entre les mains des juges du lieu : disant que les Ronds avaient fait cela pour venger la mort de leur père !
De Melin les conjurés se rendirent aussitôt à Arbre, où ils trouvèrent dans une hôtellerie six vassaux avec leurs maîtresses. Les vassaux furent massacrés et les femmes mutilées comme celles de Melin, au visage seulement. A Lens, où les Ronds allèrent ensuite, les vassaux s'étaient dispersés après le souper. On n'en trouva que trois attablés dans une taverne et disposés à y passer la nuit au milieu des brocs de bierre. Ils subirent le sort de leurs collègues. Les conjurés ne s'arrêtèrent pas à Lens, et prirent incontinent le chemin qui se dirigeait vers les terres de l'évêque de Liège. Après avoir marché toute la nuit, ils se trouvèrent en la ville de Thuin, où on leur donna un asile. Le lendemain ils écrivirent la lettre suivante au grand-bailli du Hainaut :
" Au bailli du Hainaut et à tous les pairs, officiers et conseillers de la dame de Flandre et de Hainaut en la cour de Mons, salut d'usage"*. Le vendredi avant la Toussaint, neuf vassaux de la dame de Flandre ont tué notre père, et, lui ayant volé un boeuf qu'il avait acheté seize pièces d'or, ont revendu ce bœuf au châtelain d'Alh moyennant douze pièces. Alors nous nous mimes aussitôt à la recherche des assassins, et, comptant, qu'ils se seraient vantés quelque part de ce crime, nous envoyâmes à Mons, à Chièvres, à Ath et enfin à Pamèle pour essayer de découvrir leurs noms ; mais ils avaient gardé le silence. Or, nous savons positivement que les coupables sont des vassaux et non d'autres : c'est pourquoi nous avons défié et nous défions comme traîtres meurtriers de notre père tous les vassaux
(3) Ibid. 124.
(4) Ibid. 126