C. DE FL
(2) Ibid.
(3) Ibid.
de leurs personnes. Ils cherchaient à reprendre peu à peu leur influence sur le menu peuple, de façon qu'on ne devait plus trop se fier à lui ; ce fut là ce qui détermina Guillaume de Juliers à se retirer momentanément de Bruges et à rejoindre ses oncles. Pierre Konynck demeura à Bruges, résolu de faire une dernière tentative pour émouvoir le peuple de Gand. Il s'y présenta escorté par quinze cents hommes de pied et cent arbalétriers. Il espérait gagner les cœurs par la séduction de ses paroles qui jamais n'avaient laissé les Brugeois insensibles*.
Le doyen des tisserands employa toutes les ressources de son éloquence pour déterminer les Gantois à faire cause commune avec leurs frères de Bruges. Il leur représenta que les deux villes amies et alliées seraient invincibles ; que le salut du prince et de la patrie dépeudait de cette union ; que les enfants du comte Gui, ces princes aussi braves que malheureux, étaient prêts à se mettre à leur tête, et que bientôt toute la Flandre viendrait se ranger sous ce lion naguère si glorieux, et maintenant avili, terrassé par des despotes étrangers.
Mais ces discours ne produisirent point d'effet ; car les nobles et les puissants de la ville, à force de dons et de promesses, avaient gagné le commun peuple, lui qui, peu de temps auparavant, s'était montré si courageux et si fier et avait fait ployer les genoux au bailli du roi de France. Il s'était opéré une telle révolution dans les esprits que ce bailli s'était relevé et avait reconquis toute son autorité. D'après son ordre, une forte troupe de citoyens armés alla se ranger en bataille devant Konynck et ses compagnons. Le brave tisserand, consterné de voir ses compatriotes si peu soucieux de la gloire et de l'indépendance du pays, ne jugea pas à propos d'engager le combat. C'était avec les Flamands et non contre eux qu'il eût voulu répandre son sang. Il regagna tristement la ville de Bruges et fit dire aux fils du comte qu'il fallait attendre des temps meilleurs.
Il reprit néanmoins courage quand il sut
(4) Ibid. 385.