‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 202 sur 236 · C. DK FL · texte numérisé non relu

C. DK FL

(le ses deux écuyers, et le valeureux vieillard s'enfonce dans l'épaisseur des bataillons : il y succomba. Philippe de Valois, brave chevalier, mais général inhabile, se battait avec acharnement. Deux destriers sont tués sous lui. Blessé à la gorge, il va subir le sort de ses compagnons d'armes. Jean de Hainaut saisit la bride de son cheval et l'entraîne malgré lui.

En ce moment le jour baissait. Du haut de la butte d'un moulin, le roi Edouard suivait et dirigeait les opérations de la bataille. Il s'avança rapidement avec sa réserve sur l'angle de la colline à l'extrémité de son aile droite. L'artillerie, employée depuis quelques années déjà dans les sièges, n'avait point encore paru en rase campagne. Edouard en fit à Crécy le premier usage. Quatre bombardes, chargées de mitraille et habilement dirigées, achevèrent de porter l'épouvante et le carnage au milieu des débris de la chevalerie française.

Ainsi une armée de cent vingt mille hommes, remplie de valeur, mais sans ordre et sans discipline, fut détruite ou dispersée par l'impassible tactique et le courageux sang-froid du roi d'Angleterre. Les ducs de Bourbon et de Lorraine, les comtes de Flandre, d'Alençon, de Nevers, de Savoie, six autres princes, deux archevêques, quatre-vingts barons à bannière, douze cents chevaliers et trente mille soldats restèrent sur le champ de bataille. A la faveur d'une nuit sombre et orageuse, Philippe de Valois, suivi de Jean de Hainaut l't de quelques autres barons, s'enfuit la 'iiort dans l'àrae et vint frapper à la porte (lu château de La Broie, où, s'étant fait reconnaître, il reçut l'hospitalité. Il n'y resta qu'une heure, et continua sa course vers Amiens. Echappé au massacre on ne sait comment, le jeune Louis de Maie arl'iva à Amiens peu d'instants après le roi.

Le fils du malheureux comte de Flandre fut accueilli avec tous les égards dus à sa triste position. II avait vu son père égorgé sous ses yeux : lui-même était blessé^. On le fit soigner; on le con pla ; et, lorsque les premiers moments dd la consternation gé-

[■)) Meyer, ad ann. mcccxlvi.

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