‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 219 sur 236 · C. UE FL · texte numérisé non relu

C. UE FL

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renversée sens dessus dessous. Nous savons bien, nous qui vous écoutons, que vous ne serez pas l'un des deux cents non plus que Simon Bette. Vous avez pris et choisi pour vous; mais nous allons prendre et tailler pour nous. Or avant, Philippe, à ces traîtres qui veulent déshonorer et trahir la bonne ville de Gandhi " Aussitôt il tire sa dague et se jetant sur Gilbert il la lui enfonce dans le cœur et le tue sur place. Artevelde frappe en même temps Simon Bette qui expire à l'instant. Une inexprimable confusion s'empare de l'assemblée. Tous ceux qui n'étaient pas du complot se hâtent de fuir et les affidés se répandent par la ville criant : « Trahison ! trahison ! Les fnux et mauvais traîtres Gilbert de Grutère et Simon Bette ont voulu trahir la bonne ville de Gand ! Mort à tous ceux qui feront comme eux ! »

Inutile de dire la fureur du comte en apprenant ce nouvel attentat. La guerre recommença plus acharnée que jamais. Toutes les garnisons des villes environnant celle de Gand, l'enserraient dans un cercle audelà duquel il lui était fort difBcile de s'étendre pour subvenir à son existence. Les blés n'arrivaient plus ni par terre ni par eau, et il ny avait plus que des Quatre-Métiers, c'està-dire du plat pays de Bouchoute, Assenède, Axèle et Hulst, et un peu aussi du comté d'Alost qu'on tirait à grand'peine des denrées alimentaires. L'hiver survenant, la famine s'accrut et bientôt elle fut extrême. La foule affamée entourait chaque jour l'hôtel du ewaert poussant des clameurs et demandant du pain à grands cris. Artevelde fît ouvrir les greniers des abbayes et des riches bourgeois, et fit distribuer le blé, suivant une taxe uniforme. D& Hollande et de Zélande, on reçut aussi quelques centaines de tonneaux de farines et de pains cuits qu'on parvint à faire entrer à Gand en les dérobant au blocus. Le carême arrivant, il n'y avait plus rien, pas même les aliments ordinaires de ce temps d'abstinence, ce qui mit le comble à la désolation du peuple, réduit à enfreindre les lois de l'Eglise en mangeant dans sa détresse tout ce qui lui tombait sous la main. Enfin cette grande et populeuse

(3) ma.

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