‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 27 sur 236 · ARNOUL-LE-JEUNE. — BAUDUIN-BELLE-BARBE · texte numérisé non relu

ARNOUL-LE-JEUNE. — BAUDUIN-BELLE-BARBE

11 ne pouvait cependant rester longtemps en hostilité avec l'empire d'Allemagne. Son pajs, entouré de grands fiefs impériaux, était sans cesse exposé aux invasions : il songea à faire la paix. Le moment se trouvait des plus favorables, car l'empereur continuait à être en butte aux séditions des princes lorrains ^ Bauduin alla donc le trouver à Aix-la-Chapelle, et lui remit Valenciennes en échange des Flamands prisonniers depuis les dernières guerres et au nombre desquels il y avait des personnages considérables. Il lui offrit de plus son alliance, que l'empereur agréa de grand cœur et pour prix de laquelle il lui rendit Valenciennes à tenir en bénéfice de l'empire^.

Bauduin se montra désormais plein de fidélité et de dévouement envers l'empereur; il l'aida efficacement à réprimer les révoltes des seigneurs lorrains. Sa faveur alors s'accrut au point que l'empereur lui fit don de Walcheren et de plusieurs autres îles de la Zélande ; enfin il lui confirma la possession du château de Gand et du territoire auquel le fort commandait, c'est-à-dire la rive droite de l'Escaut, le pays de Waes et les Quatre- Métiers. C'est à partir de cette époque que les comtes de Flandre devinrent vassaux de l'empire pour les terres qu'ils tenaient de lui, lesquelles terres prirent le nom de Flandre impériale.

Après ces événements, la paix ne parait pas avoir été troublée en Flandre durant plusieurs années ; et les annales du pays ne mentionnent plus, dans cet intervalle de tranquillité, que certains faits calamiteux. Ainsi, l'on dit qu'en l'an 1008 une malade pestilentielle fit tant de ravages qu'à peine les vivants suffirent à ensevelir les morts ; l'année suivante mourut Mathilde, mariée d'abord à Bauduin-le-Jeune, et par conséquent, grand'mère de Bauduin-Belle-Barbe; le 28 septembre de l'année 1014, la mer, soulevée par les vents, inonda les parties basses des côtes de Flandre et fit périr des milliers d'hommes^ ; enfin, en 1017, il apparut une grande comète qui répandit beaucoup de terreur parmi les peuples.

(1) Chron. 190. (2) Ibid.

(S) Ann. Quodlinburg . ap. Pertz. m. 83.

« On croyait, dit un vieil historien, que la révolution des siècles écoulés depuis le commencement des choses allait conduire l'ordre des temps et de la nature au cahos éternel et à l'anéantissement du genre humain''. »

Cependant le fils de Hugues Capet se maintenait sur le trône, et la consolidation de cette race nouvelle fit désirer à Bauduin de renouer avec elle les liens de famille qui unissaient si étroitement les marquis de Flandre à la dynastie précédente. Bauduin avait épousé naguère Ogive, fille de Frédéric, duc de Luxembourg , et leur premier enfant fut un fils qui devait plus tard succéder à son père sous le nom de Bauduin de Lille ou le Débonnaire. Il était à peine sorti d'enfance lorsque le marquis demanda pour lui la main d'Adèle, fille du roi Robert. Ce dernier l'accorda volontiers ; et Bauduin-Belle-Barbe alla chercher Adèle encore au berceau et la ramena en Flandre pour être plus certain de l'alliance^. La jeune fille y fut soigneusement élevée jusqu'à la conclusion du mariage.

Cette union royale inspira bientôt un grand orgueil au jeune Bauduin. Soit qu'il fût entraîné par sa propre inspiration, soit qu'il cédât aux instigations de quelques barons ambitieux et turbulents, et même à celles du roi de France son beau-père, ce qui est l'hypothèse la plus probable et la plus généralement admise ^, il ne craignit pas de se révolter contre son père. Cette rébellion devint en peu de temps assez menaçante pour forcer Bauduin-Belle-Barbe à aller trouver Robert, duc de Normandie, le fils de son ancien ennemi, et implorer des secours contre son fils. Robert rassembla ses hommes d'armes en toute hâte et fondit impétueusement sur les parties du marquisat soulevées par le jeune Bauduin. Il arriva de la sorte au pays d'Artois devant un château-fort, appelé Chocques, entre Aire et Lillers, occupé par les rebelles. Le château fut emporté et immédiatement brûlé avec tous ceux qu'il renfermait.

(4) Radulph. Glaber. 1. iv. c. 4. -- Chron. S. Bav. 989.

(5) Li Estore des ducs de JV. et des rois d'Angleterre, msc. de la bibl. Imp. n° 445, fol. 145, l^e col. (6) Ibiti.

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