‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 30 sur 236 · BAUDUIN DE LILI-E · texte numérisé non relu

BAUDUIN DE LILI-E

BAUDUIN DE MONS

qua bientôt; car, le 15 mai de l'année 1048, il périt à Dordreoht, victime d'une conjuration des habitants de Cologne et de Liège exaspérés par les vexations de toute nature que le châtelain. de Dordrecht faisait subir à lanavigationcommercialedela Meuse. Vers le même temps, Adalbert d'Alsace fut tué par Godefroi lui-même; et, le chef imposé à la Lorraine n'existant plus, tout ce qui en ces parages n'était pas protégé par de solides murailles devenait la proie du vainqueur ou des flammes ^ Après la mort d'Adalbert, son neveu Gérard d'Alsace fut investi du duché de Moselle; tandis que Frédéric de Luxembourg reçut en fief la Basse-Lorraine, dont Godefroi venait d'être dépouillé comme rebelle'^.

A l'époque où ces événements se passaient, le pape Léon IX vint en Allemagne pour rétablir ia paix entre les princes et surtout pour faire cesser les désordres qui affligeaient l'Eglise. Un synode fut convoqué à Mayence, où se trouvèrent réunis quarantedeux prélats et avec eux l'empereur Henri. On s'occupa d'abord des besoins de l'Eglise et des réformes qu'elle réclamait': après quoi la lutte des princes devint l'objet de la sollicitude du synode. Godefroi et Bauduin, chefs d'une ligue qui ne laissait aucun repos aux peuples, furent excommuniés.

Cette excommunication produisit un grand effet sur Godefroi, homme dont l'esprit se laissait facilement aller à la terreur. C'est lui qu'on avait vu, après l'incendie de la cathédrale de Verdun, en proie au remords et à l'épouvante, se lamenter, se frapper la poitrine et se traîner à genoux sous les voûtes à demi renversées de l'édifice qu'il venait de détruire dans un premier moment de fureur. Aussi Godefroi, non moins intimidé par les foudres de l'Eglise que par les menaces armées de l'empereur, fit bientôt la paix avec ce dernier. Quant à Bauduin, rien n'ébranlait son opiniâtreté; et il fallut que le roi de Germanie vînt de nouveau dévaster ses domaines pour qu'il consentit à une paix dont la durée ne devait pas d'ailleurs être fort longue.

(1) Lamb. Schafn. ann. 1044.

(2) Sigeb. GemM. ann. 1048.

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