‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 45 sur 236 · ROBERT -LE -FRISON · texte numérisé non relu

ROBERT -LE -FRISON

deux autres pots de moindre qualité, et douze sols de gages.

Après Le chancelier on voit le sénéchal ou dépensier. Ses fonctions sont à peu près identiques à celles que remplissaient le maréchal du palais ou le ministre de la maison du roi en la cour de France. Le sénéchal a droit à vingt coupons de chandelles, un lot de cire, quatre pots de vin du meilleur, douze sols de gages, vingt-quatre aunes de drap à Noël, autant à la Pentecôte, deux fourrures de gros vair, et une fourrure ordinaire de manteaux. Il tient à ses ordres un sous-sénéchal , lequel reçoit trois sols de gages, l'avoine pour trois chevaux, etc. Le fief de sénéchal était héréditaire dans la maison des sires de Wavrin; celui de sous-sénéchal dans celle des seigneurs de Morselède.

Vient ensuite le connétable, dont les gagée sont à peu près semblables à ceux du sénéchal mais un peu moindres. Les sires de Harnes ou de Boulers étaient investis de cette dignité.

Après le connétable paraît le bouteiller, ou échanson, aux mêmes émoluments que le sénéchal : cet office appartenait à la famille de Gavre. Outre le grand bouteiller, il y avait encore , en l'hôtel du comte, deux bouteillers héréditaires pour le service ordinaire. Ils recevaient huit deniers de gages, l'avoine pour deux chevaux ; et quand ils se trouvaient avec le seigneur, ils avaient en outre pour eux les vieux tonneaux y compris la lie qu'ils renfermaient.

Suit le chambellan. C'est une charge héréditaire en la maison de Ghistelles. Le chambellan doit se trouver à la cour du comte à Noël, à la Pentecôte, et chaque fois que son souverain le mande. Pour remplir son office, il est accompagné de deux chevaliers parés de cottes et de manteaux ; c'est lui qui présente à laver au comte dans un bassin d'argent. Pendant qu'il est en cour, il a les mêmes gages que le sénéchal.

Enfin, au nombre des grands officiers héréditaires, il y a encore deux maréchaux, à savoir : les seigneurs de Bailleul et de la Vichte, et un panetier ou dépensier, de la maison de Bellenghien.

Parmi les officiers héréditaires subal-

ternes, on distingue les huissiers, le bankeman ou chef des cuisines, le saucier, le charpentier, le lavandier qui lave les nappes et les draps de la chambre du comte, livre la laine dans les voyages, et qui, pour ce fief, doit au comte, tous les ans, à la Saint- Jean, un collier d'épervier en argent, et un collier d'autour en fer; le litier, le lardier, qui fournit à l'hôtel tourbes, anguilles, sel, œufs et poissons; le brise-celliers, qui enfonce les portes des caves quand besoin est. On trouve encore un officier chargé d'approvisionner l'hôtel, trois fois par semaine, de crème et de beurre, et qui, pour ce fait, a droit de manger en cour chaque fois qu'il y vient'.

Tels étaient les offices existant dans la maison des comtes de Flandre. Leur cour plénière se composait en outre des comtes, barons et seigneurs de la terre, dont les principaux, au nombre de douze, étaient qualifiés pairs, et ne pouvaient être jugés que les uns par les autres. Parmi ces douze pairs, quatre, les sires de Pamèle, de Boulers, de Cysoing et d'Eyne, se distinguaient par le nom de bers, venant, selon certains philologues, du mot tudesque werh; en basse latinité, loerra ou guerra, guerre. Les bers de Flandre étaient, en eff'et, les hommes de guerre par excellence, les défenseurs du chef.

Les évoques, les abbés et les prévôts des chapitres figuraient encore dans les assemblées solennelles, selon leurs rangs et prééminences, assimilés aux diverses dignités féodales : ainsi, les évoques prenaient place sur la même ligne que les comtes.

Lorsque le souverain flamand allait en guerre, il était escorté immédiatement par les bers, par les comtes et les barons, puis par les vicomtes ou châtelains. Derrière ceux-ci marchaient les chevaliers bannerets, c'est-à-dire portant à leurs lances la bannière carrée; enfin les simples bacheliers ayant pour enseigne le pennon aux deux cornettes ou pointes.

Au fur et à mesure que la barbarie so

(1) Les détails ci -dessus sont puisés dans le Cartulnim (Mong reposant aux Archives des comtes de Flandre à Lille.

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