‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 50 sur 236 · BAUDUIN- A- LA-HACHE · texte numérisé non relu

BAUDUIN- A- LA-HACHE

Le marquis des Flamands ne craignit donc pas d'affronter les périls de la mer à l'époque des vents et des tempêtes, et fit la traversée, dit l'historien Guillaume de Malraesbury, avec plus de bonheur que de prudence. Il arriva sans obstacle à Constantinople, où l'empereur Alexis lui réservait le brillant accueil qu'il avait fait naguère à son père Robert-le-Frison. Cependant le cointe de Flandre lui refusa constamment l'hommage anticipé qu'en sa qualité d'empereur d'Orient Alexis réclamait des princes croisés pour les terres que ceux-ci devaient conquérir en Syrie et en Palestine.

Après avoir quelque temps intimidé l'empereur par sa présence, la formidable armée des croisés s'en alla mettre le siège devant Nicée, capitale de la Bithynie. Là, chacun fit des prodiges de valeur ; mais on distingua surtout les gens de Normandie, de Vermandois et de la Flandre, qui attaquaient la partie orientale de cette grande cité. Soliman, chef des Turcs Seljoucides, venu avec des forces immenses au secours des assiégés, se retira vaincu. La ville se rendit au mois de juillet 1097, et suivant les conventions, fat laissée à l'empereur Alexis. L'épouse de Soliman fut prise et envoyée à Constantinople avec ses deux fils.

Les croisés poursuivirent Soliman et lui livrèrent un combat où périrent, dit-on, quarante mille barbares. Dans cette nouvelle affaire, trois chefs se signalèrent entre tous. Ce furent Hugues-le-Grand, frère du roi de France, Robert de Normandie et Robert de Flandre. « Robert de Flandre, également redoutable par sa hache et par

Gand, Josserande Knesselaer, Guillaume deSaint-Omer, avec ses frères Gautier et Hugues, et son gendre Bauduin de Bailleul, Gilbodon de Flêtre, Rodolphe de Liederzeele, Albert de Bailleul ; Gautier avoué de Bergues, Folcraw châtelain de la même ville, Godefroi châtelain de Cassel, et son fils Rodolphe ; Arnoul d'Audenarde, Rasse de Gavre, Robert de Lisques, Guillaume d'Hondschoote, Thémard de Bourbourg, Francio d'Herzeele, Eustache de Térouane, Erembold châtelain de Bruges, Albo de Rodenbourg, Adelard de Straten, Robert avoué de Béthune, Etienne de Boulers, Reingotus de Molembeke, Conon d'Eynes, Guillaume de Messines, Guillaume de Wervicq, Salomon de Maldeghem, Lambert de Crombeke, Servais de Praet, Thierri de Dixmude, Daniel de Tenremonde, Herman d'Aire, Alard de Warneton, Hugues de Rebecq, et une multitude d'autres chevaliers.

son épée, dit le poète Raoul de Caen, se précipite avec ardeur au milieu des combats. Le premier entre tous , il veut que le sang arrose la plaine. Il vole partout où il voit les bataillons épais des infidèles lancer leurs flèches et résister. Les Turcs se pressent autour du comte et l'intrépide Robert s'élance dans leurs rangs. Les guerriers de Flandre, enflammés d'un courage égal à celui de Robert, le suivent rapidement poussant de grands cris et multipliant le carnage. Les infidèles fuient devant eux... 0 ciel ! quelle terreur répandait la vaillance des guerriers de Flandre ' ! »

Quand l'armée victorieuse fut arrivée en Syrie non loin d'Antioche, on tint conseil, et il fut convenu que le marquis des Flamands se porterait en avant avec un corps de mille chevaliers pour livrer l'assaut à l'ancienne Chalcis, appelée alors Artasiê, qui n'était qu'à quinze milles d'Antioche. Robert remplit vaillamment et heureusement cette mission difficile^. Lorsque les habitants de la ville aperçurent les étendards flamands se déployer sous leurs remparts, ils prirent les armes, massacrèrent les chefs de la garnison turque, et après avoir envoj'é leurs têtes au comte Robert ils lui ouvrirent les portes. A la nouvelle de cette défection, les Turcs songent à venger le meurtre de leurs compatriotes. Pour prévenir l'arrivée del'armée entière, ils s'établissent à peu de distance d'Artasie, se cachent dans des lieux couverts et de là envoient des éclaireurs qui , par des attaques partielles, devaient attirer les Flamands hors de la ville, et ensuite, par une faite simulée, les entraîner au loin pour les exterminer.

En effet, à peine les Flamands ont-ils aperçu les troupes ennemies, qu'ils font uno sortie, se mesurent avec les éclaireurs, puis les suivent impétueusement jusqu'au lieu où l'embuscade était dressée. Alors, pressés par l'impérieuse nécessité, les Flamands se battirent avec un nouvel acharnement, car ils pensaient bien que la victoire seule les ferait recevoir à Artasie, qui ne manquerait pas de leur fermer ses portes s'ils étaient défaits.

(1) Raoul de Caeu, p. 131.

(2) Guillaume de Tyr, liv. v.

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