‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 68 sur 236 · C. DE FL · texte numérisé non relu

C. DE FL

mes pour appuyer ses prétentions au comté d(^ Flandre. Cette nouvelle, entièrement fausse, était semée dans le but de donner le change à l'opinion publique. Guilla,ume, que des le principe on a vu s'associer aux meurtriers de son parent, avait reçu de ces derniers une somme de cinq cents livres de monnaie anglaise dérobée dans le trésor de Charles ; car Bertulphe et ses partisans ne s'étaient pas seulement contentés de tuer leur prince, ils l'avaient encore volé. En outre il trouvait moyen d'entretenir des intelligences secrètes avec les assiégés dont il cherchait à soutenir le courage, mais qu'il n'osait défendre ouvertement. Honteux, comme il devait l'être, d'une telle complicité, Guillaume cherchait à faire croire au peuple qu'elle n'existait pas ; voilà pourquoi il propageait le »bruit beaucoup plus honorable d'une alliance avec le roi d'Angleterre. On savait du reste qu'il n'en était rien, et personne ne pouvait plus avoir confiance en l'homme qui, avant le siège, n'avait pas craint d'offrir publiquement secours et amitié au prévôt et aux siens par lettres munies de sceaux^.

Le lendemain vendredi, les Gantois, toujours désireux de s'emparer du corps de Charles, ourdirent une sorte de petite conspiration pour arriver à ce but. Le grand chantre de Saint-Pierre de Gand et un chevalier appelé Ansbold étaient les chefs de ce complot, pour lequel on avait même été obligé de requérir l'assistance des assiégés. Il avait été décidé qu'en la matinée du dimanche on entrerait dans le bourg, et que là les frères du couvent de Gand recevraient, par les fenêtres du jubé, le corps de l'illustre comte, que les rebelles devaient leur avancer, et qu'ils l'emporteraient enveloppé dans des sacs. A l'heure indiquée, deux moines se rendirent à leur poste, attendant le signal convenu. Pendant ce temps-là, des gens armés se promenaient aux environs de l'église pour protéger l'enlèvement. Ces étranges allées et venues éveillèrent l'attention des gardes. Ils sonnèrent de leurs buccines ou trompes ; et bientôt le peuple, arrivant en armes, se rua sur le grand chantre, sur

(2) ma.

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