‹ Histoire des comtes de FlandreChapitre 90 sur 236 · MARGUERITE D ALSACE ET BAUDUIN-LE- COUUAGEUX · texte numérisé non relu

MARGUERITE D ALSACE ET BAUDUIN-LE- COUUAGEUX

CauduiQ-le-Courageux apprend la mort de Philippe d'Alsace et se met en possession de la Flandre. — Conduite prudente de ce prince. — Intrigues de Mathilde, veuve de Philippe d'Alsace. — Conférences d'Arras.

— Guerre en Brabant. -^ Mauvaises dispositions de Philippe-Auguste à l'égard du coipte de Flandre. — Ce dernier §fe prépare à la guîrre. — Entrevue de Péronne. — La. paix se rétablit. — Succession du coœté de Namur. — Difficultés à ce sujet. — Le comte de Flandre accompagne le roi au siège de Rouen.

— Mariage des enfants de Bauduin avec ceux du comte de Nevers. — Rébellion de quelques seigneurs flamands. — ■ Reprise des hostilités contre le duc de Brabant. — Troubles à Gand. — Bataille de Novillesur-Mehagne. — Mort de la comtesse Marguerite. — Son fils aine Bauduin est investi du comté de Flandre.

— Bauduin-le-Courageux tombe m;ilade à Strasbourg.

— Il se fait ramener à Mons et y languit longtemps.

— Il règle ses dispositions dernières et meurt. — Sa postérité.

Philippe d'Alsace n'eut point d'enfants de Mathilde, sa seconde épouse, et emporta au

tombeau le regret de voir sa succession dévolue à des collatéraux pour lesquels son ancienne affection s'était singulièrement refroidie. Ainsi les descendants de Bauduin Bras-de-Fer, expulsés cent ans auparavant du trône de Flandre par Robert-le-Frison, y remontaient en la personne de Bauduin de Hainaut^ tandis qu'une restauration du même genre s'opérait en France. Isabelle de Hainaul, arrière-petite-fille de Judith, en devenant l'épouse de Philippe-Auguste faisait rentrer la couronne royale de France dans la famille de Charlemagne^.

Mais ce ne fut pas sans peine que Bauduin de Hainaut et Marguerite d'Alsace, sa femme, se mirent en possession de ce nouvel héritage. Le roi de France l'avait, dit-on, convoité, et, aussitôt la prise de Saint-Jeand'Acre, s'était hâté de dépêcher plusieurs seigneurs flamands pour annoncer à Mathilde la mort de son mari, et s'entendre avec elle afin de s'emparer, à leur profit commun, de tout le comté de Flandre dont elle avait déjà une bonne partie à titre de douaire. Le hasard voulut qu'au même temps Giselbert ou Gilbert, chancelier de Hainaut et secrétaire du comte, passant par la ville de Borgo-San-Donino, en Italie, où il allait trouver l'empereur de la part de son maitre pour traiter diverses affaires, apprit de certains croisés qui revenaient d'Orient le tréj pas malheureux du comte Philippe d'Alsace. ( En homme bien avisé, Gilbert dépêcha sur ] l'heure même un courrier vers le Hainaut ; et celui-ci fit si grande diligence que Bauduin connut la nouvelle huit jours avant les Français et les Flamands^.

Le comte et la comtesse de Hainaut se rendirent alors sans délai en Flandre, où ils se firent reconnaître par les principales villes; telles que Courtrai, Audenarde, Ypres, Bruges, Grammont, Alost et d'auti^es encore. Gand toutefois ne leur voulut point ouvrir ses portes ; car Mathilde, veuve de Philippe d'Alsace, l'avait garnie d'armes et de troupes. Mathilde nourrissait une arrière-pensée de domination absolue, comp-

(\} Ex anyi. Aquicinctensis mon. ap.Bo'iq. xviii, 547.

(?] Meyer, Ann. ver. fland. ad ann. 1180. (3) G'M. Mont, cliron. ^ip. J. de G. xiii, 58.

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