CHAPITRE QUINZIEME
foulques Nerre ou le Noir. — le comte de Péfïgor d fit crefer les yeux qoe de Limoger — Grande et sévère jusiic* de cette cruauté" couti* ledit comte. — Hugues Capet déclaré roy. — Pourqnoy nonfra^ fJf pe;t, — Le duc 4e Çuyeiyie refuse de luy taire hommage* — Le Loudunois , et Mirebeau relèvent du comté, de Poictou. — Response notable d'AlcJebert comte de Périgord. — Assignat de la duchesse Emme expliqué. ir.i! ;oJ /<» ,
Guillaume, III du nom, vint au duché par la succession du Guil-laume II, son père , Tan 963, et. recueillit de lui en Romaine les comtez de Poictiers, Auvergne, Xaiptes, Limoges et VeUaij porta tiltre d'abbé de saine t Hillaire , espousa Emmç, fille de Tfribaud le vieux, comte de Chartres, BJois et Tours, e^sorar de TWbaudll, comte de Chartres , d'Eudes I, dit de Champa^e, 0> Hugues archevesque de Bourges , et d'Agnès selcwi aucuns l'une des femmes de Foulques III dit lierre , pu le Noir, comte oY Anjou,, il seroit mal-aysé de rapporter ses gestes sous certaines cottes ^'années. Commençons par un traict de justice. Ebles, sonnnçle^ évesque de Limoges affectionnent beaucoup un personnage nommé Benoist (cecy doit être advenu après Tan 974, car il y a deux tiltres au chartier de sainct Hillaire de Poictiers lesquels sont soussignez d'Ebles, évesque 4e Limoges et de Benoist, sans adjonction du lieu qui doit estre cestui-cy infailleblement) , et pour estre soulagé en sa charge l'avoit institué son coévesque, et désigné son successeur. Hélie I, comte dePérigort, fibaisné de Bosonle .Vieux,
W WJCS DE GUYENNE. 7 5
et d'Erome de'Périgort, lirifit crever les yeux paonne occasion mcoonue, mais injuste. Ebles en conceut un tel déplaisir que de là en 'avant 41 nè fit plus que tnrisner sa vie én langueur , et en mourut- bien^tost' après dé regret et d'ennuy. Cette Cruauté ne demeura pas impunie. "Car Guy , vicomte ou gouverneur de Limoges ptnxt le due , se saisit d'Hélie* et le mit prisonnier dans le chastéatt de Montignac , son procès (ait; le duc assisté de ses pairs le condamne k perdre son comté ; s'estant d'avanture eschappé par la négligence de ses gardes, il mourut en un voyage de dévotion sur le chemin de Rome. Audebert I, son frère puisné, comte de Pérîgord et dé la Marche après lui fut longuement resserré pour mesmfe sujet dans la tour dé Limoges, et enfin pour rachepter sa lmertié, estant devenu amoureux^ôTune des sœurs du vicomte (une chronique la nomme Âdelmodie) il l'espousa. De leur mariage vint Bernard l, comte de lia Marche (Adelmodie après le déceds d'Albert fat mariée avec Guillaume IV , duc de Guyenne, comme vous verrez; par la suite de l'histoire), ce ne fut pas tout , car Arnault J» dit Manser* Oir le Bastard, comte d'Angoulesme prit, en guerre Gamhert un autre firère tfHélie et le livra en la puissance du duc en 1a ville dé Poictiers: et par ce qu'il avoit favorisé la cruauté dê sdn frère , il fhtadvisé qu'il passeroit par la rigueur de la loy de Talion y et ent tes yeux crèvez. Le comte Arnault d'Angoulesme estoit issn;de Germain de Gosbert; mais par ce que Guillaume I ,.; surnommé Taille*-ier ; < avant luy comte d'Angoulesme , son père ,. l'avoit engendré' d'une amie, et rion d'une femme esponsée: à cette occasion Arnault Vcriacîo , ainsi surnommé pource qu'il attaqua , et vainquit courageusement un loup diabolic qui couroit le païs, et dévoroit lés persbunes en plein jour. Guillaume Talerand, RanolfeBonpar , ou bon compagnon, et Richard le Simple, frères, enfaris de Bernard I, comte de Périgord, cousin germain de Taille-fer et oncle maternel de Gausbert , ne voûtaient pas* reconnoistre ett avoâér Arnanh pour légitime héritier de son père, et, à ce tiltre, occupèrent par force son comté, environ trente ans, ayant Gausbert pdnr 'fauteur dé leur violence, qui fut la raison pourquoy l'Angoumois le traicta delà sorte que vous avez ouy.
76 HISTOIHR DBS COMTES DE rOICTOU
Af\na
Ainsi fat vengée i'injnre faite à Eblefcilë: 39T* éveso^ei de Limoges, qui eut pour successeur Àldigerius ^ c'est-à-dire , Ogier , Irène, de 9 j6,.r„« Guy , vicomte. Ebles fut l'un des (bons. payeurs 4e sonsiècta La
fp. Pktmiiirkroii.
tint.
duc, son frère, lui avoit conféré les abbayes de Saioct-Michel--e«rHerm, et de Saine t-Maixant y et la trésorerie de , MttGHBilwei. dignité fatale à tomber és mains de personnes illustre* de race ou de doctrine ; il édifia le fort dë Limoges, et la closturerde $aioetr Hilaire qu'il- bastit *en forteresse , et y mit des chanoines , d'aittaot, qu'il n'y avoit pins de religieux qui avoient abandonné le lie* A cause de la vexation des Normans ; restaura le monastère de saioct Michel on il gfet, ayant lait plusieurs autres cènvres de pi&éV Ce- W...OC.C, dit pendant Lothaire, rant)85, maria son fils Loub avec Blanche* fille ^ri^ucy d'un 1 seigneur de Guyenne, selon Glaber le Roux, et au mois de ^ncT d " * r * e ^ couronner my ën la ville dë Reims , afin! de régne*
avec lui. Blanche , qui reconnut sori mari simple et de neu d'ea^ teudement, luy persuada de faire un voyage en son paXs souSi PPUn leur de l'en Tendre maistre par le t moien dés inlelligedces qulellft y avoit ,« ert effet c'estoit pour l'abandonner comme, - ©lje> À ces nouvelles, Lothaire se hasta d'aller qùérîjr sonfiis , et au rettnr il séjourna Quelque temps en la ville de Limoges ; arrivé ëJv France* la reine Emme, sa femme* fille de Lothaire H,j toy. d'Italie* le empoisonner , et Aymar adjouste que. la reine estoifc adultère v'*** rr.gm. u.^. l'aduHuré et le poison sp suivent vèlontiers. 'Tan* y a*que Jeroy iTrZJT'm. passa ;dej<ce monde le 2 ! de' macs 986; Le rpy Loma , ne la fit pas longue après son père , et mourut aussi i de. poison , le 22 de.juin 987 ; incontinent après > Hugues Capèt f fut déclaré roy<à Noyom oingtet sacré à Reims /le- 5 des ndnes de juillet 5 et le» 1 . de< Ijan*vier 998, fitf sacrer eti couronner Robert , son fils aisné, en la, ville d'Orléans et commencèrent de régner ensemble. Dieu-J «uacita ces deux roys pour estre , eux et leurs successeurs, les fermes piliêra et défenseurs de l'église , laquelle avoit esté durement afflige sous le règne des Carliens; occasion; qu'ils décheurent du sceptre et du royaume , comme attestent les anciermea annales de Guyenne citées par Nangis. Hugues se monstra si «prudent et modeste qu.n< se contenta du tiltre royal, et rie porta jamais «ourontoe depuis le
mi
jour de son; sacre , commef on peut ' vbir dans Robert. d'Auxerre î et croions que ce fut la raison de lé surnommer Càpet Tous les Françob consen&ent À cet acte , excepté le duc de Guyenne * le*- »*< quel réprouvant la laschèté et perfidie dés François , (Aymar parle ainsi) refusa de lut faire hommage. Les roys irritez dressèrent une armée pour en tirer raison et assiégèrent Poictiers , mais sans effet, et sont contraincts de lever le siège. Le duC les suit jusques à la rivière de Loire ; grosse kt opiniastre meslée entr'eui , et beau* coup 1 de sang respaudu ! des deux parts : enfin les François ont lVh \antage. Peu de temps après, le duc fit sa paix avec les roys moyennant qull reprit d'eux fa hommage son duché: et sesseitgneuries. Le roy Hugues luy-mesme parle de ce voyage ! de Guyenne en une lettre qu'il escrivit à Régnaut Borrello , comte de Ba redonne, pour le venir trouver en cet endroit, et Tàutheur de la vie de sainct Genulfe fait aussi mention du siège de Poictiers. Environ ce temps , le duc et Gerfroy I, dit GriSeçonneUe, , comte d'Anjou se firent la guerre, l'espace d'un an, au grand dommage du païs > et de leurs sujets. L'Angevin finalement fut contraint de se sous mettre au doc qui lui donna en fief et è dommage le Loudur qois, Mirebeau et quelques terres de Poictou, lesquels depuis ce ' temps-là les comtes d'Anjou ont toujours repris et relevéides comtes de Poictou. Si Grisegonnelle est décédé; le jo de jfûjltat Âmm - Uli " r - 987 ,1 comme déclaré la petite chronique de Sainct-Aubio , cette ce ^ JT^
guerre doit estre advenue entre le sacré de Capet et déRobert, sinon qu'elle appartienne au règne de Lothaire tout ainsi que Je:**»». ». prochain incident dont parle Aymoin de Périguenx. Boson h T^i. m«t Vieux, comte de la Marche , et Giraut, vicomte de Limoges , père A "* M la mon
r d'Othon IT.empe-
d'Aldemodie, bru du susdit Boson, eurent querelle ensemble
ques à ten venir .aux armes; Boson' fut investir le. chastean dé Br&sf <kc * mbr *
ses qui estoit le domaine du vicomte. Le duc le favorisoit éttui'
aydà de gens. Guy, fils de Giraut, assembla ses alliez et amis par le
commandement de son père , et fit lever le siège. Ceux d'i^rgen-
ton combatirent vaillamment, et méritèrent lé principal honneur
de la victoire. Cependant! le roy Hugues décéda le 29 aoust ou vicier s».
2a novembre de l'an 996. Après la mort de Boson I, Audebert I,
7* HISTOlKtt SES • COMTES' DE POICTOU
son fib âÎ5né f comte de Péri gord et delà Manche, soustenu des Aymar après la force» de Foulques Nerre ou lé Noir, ffli de GrisegonntUe,
*A#m:« : 4* Hog«*, site de ,G«gii«e, « diocèse de Boutf..r ioo„ m* ges , et)de partie de Brosse,, ancienne kricomté de Poictoa, £t quelapré^iedécedrd" o^ 16 entreprise sur Poictiers, / /Gens ! de dédias par trop d'impa- (jufliauDM ni, ii patience se précipitèrent inconsidérément an combat dont il leur iuy «ppruent, prit mal r ' car iils furent bien battus pour lloyer de leur témérité. pliuulTr.tr! C « t Audebcrt ifut l'un des plus ; >oûUIans> et ramteueùx seigneur* de son temps , de qàoy.' un historien du siècle raconte un traict qui mérite d estre remarqué, nesmemént qu'il appartient au règne de nostre ducy et as premier mari rdrysa bru. Àndebert doncques assiégea Tours eh faveur de:Fo«lques-Nerre, qui a voit quelque prétention dessus , possible pour lé dot dè jsa femme ^ -mie de ; Thibaud dé Champagne dit 1 le Vieux:. e* 1 rte faut fias s'esmerveiller si: Geoffroy Iî, surnommé Martel, fils de cè Foulques, renouvela cette àôise sous Henry L Les roys Hugues et. Robert, qui reconnussoient la témérité d« comte de la Marche, ne délirant pas le forcer par les armés , mais le fléchir et gaignérjavec douceur e* le ramener à son devoir et néantmoins lui rnonstrtr qoe son entreprise, iahle à leur desceu et sans leur- congé van tueur dé ta France, estoit un attentat contre l'authorité royale, iui enrayèrent de^ mander cjuiil^a voit fait comte iC€UM^àmesr^,ÀiUàU r fidpouiont fait roi > et continua son dessein v ptit la vide qu'il eonaigaa es , mains de Foulques , lequel ne la fcarda pas longtemps ; car ies habitat» ; trouvèrent in vention de secouër te joug d'un nouveau maistfe, qui est toujours pins difficile à supporter qu'un ancien, et Se remirent sous' la puissance d'Eudes I, comte de» Champagne, frère dé nostre duchesse. Le duc, à l'exemple de son père, prît l'habit de Religieux en l'abbaye oVSainct^Maixent , on il- mourut lé 3 de février 993', cet an fot signalé par le trespas de plusieurs grands seigoènrsy papes, e*vesques, ducs et comtes. Car Glaber remarque le deceds de Jean XIV ou XV, papes oe Manasses, éves— que de Troyes, Gislebert de Paris, et Giboilin dé Chaalons, de Hugues le Bon, marquis d'Italie i' Richard il; comte de Rouen, d'Eudes ï, comte de Chartres et de Tours, et d ltéribert , comte
de Meaux etde T'oyes; Toutefob ce calcul ne nom semble pas du tout bien juste , quqy que suivi par Vignier, indicieux annaliste, d'autant qu'ondes de . Cbampagne, beau-frère du duc, esto}t vivant eu janvier j Tan 8- de Cape t, 996 a - par une sienne chartre dontnée au camp devant Langeais, et. décéda seulement la mesme année, au tesmoignage des rois ,Hugues.et Rqbect, par un tiltre donné en, leur palais ^ à Paris, le, 8 4e leur règne. Çecysoft dit en faveur, d;Çmme, ; ,à qui le duc, son mari, portait une singulière ( affection,, Cv enppr^^uioMrd'liuy: se trouva une cjiarjefle l'an; 9$$, iodiettPA par JajrueJJ* >il ,lui : assigne W . do* }a wgneurîe de Cliass^gn^ , et^£mo^ji4e sa J^rrojflse,, U mPÎ*^ 4fi ^Piisaiftes^ et toute sa, ParffoWie*,iÇigonêne >ur |a rivièrje d'Ansance;, .Yair4$ur le Clin, Valence^ sur Vienne Magné .sur $pièvre, Marçai et ses dépendances (c'e^ leibpur^ et prjeur^nrpcjie, cette ville de Fpntenay) puis au territoire de NyjorjJ,, la paroisse de Sainct-Clément, et ce qui en dépend, la paroisse de Coulon, snr la rivière de la Sèvre, le village d'Oalmes , à présent une grosse baronnie de la maison de la Chastaigneraye, au ressort et hommage de cette ville, Nanteuil près de Sainct-Maixant, Auriacum et Brenon, lesquels n'avons peu reconnoistre : le village de Torteron sur l'Autise, Puyletard, la parrois5e de Santon, Chassenon le Jeune et la parroisse de Sainct-£tienne-des-Loges et mestairies eu dépendant , avec l'église de Monstreuil-sur-mer, tenuë à foy et hommage, de la seigneurie de Fontaine. L'année ensuivant le duc et la duchesse fondèrent en l'honneur de sainct Paul un abbaye , en la seigneurie de Bourgueil, en vallée maintenant Baronnie au comté et diocèse d'Angers. Et d'autant que le comte Thîbaud de Chartres, l'avoit baillé en laveur de mariage et en dot à Emme sa fille, pour cette cause, la donation fut confirmée sons le nom d'elle seulement, par Jean XIV ou XV, pape, indict. 3,990 ; il restaura le monastère de Sainct-Jean d'Angély , et y donna sa forests d'Alvert en Aulnis, au mois de janvier, le 4 du règne de Gapet Le roy à sa requeste en conféra l'abbaye à Hildouin, religieux personnage ; aumosna de grands biens à Sainct-Hilaire et autres églises ; prédécéda sa femme , laquelle estoit encore en vie, l'an 1004 combien qu'il soit
décédé au monastère de Sainct-Maixant Toutefois il n'y gist pas, coinmè porte nommément TObitaire du lieu , où itous les ans l'on célèbre son anniversaire. Odilon, en la vie de Mayéul, abbé de Clûnjr lait mention de lui, et combien il souloil faire estât de cè bon père, qui le suivit un an après , ayant baillé pareillement l'habit de religieux de son ordre à Guillaume I V , Comte d'Arles et' de Tholose, ce qu'ilne faloit pas oublier, tant pour la rencontré, que pource que leurs erifens portoîent mesme nom , et furent beàu^frêres cy-après ; du mariage d'Émme er du due vint GÛiliàuuie ïV/ leur unique héritier, quoy qiJe le religieux : 4e MaiTé-Mcistier lui baille un fils qu'il appelle Âymeri; comte d'Àums, et'le -fait naistre dé Raymond. C'est une feinte pour fonder lès querelles de Guillaume V, duc de GtSyénne , et dcfeeoffroy II, dit' Martel 1; comté «FAnjou, pour raison de la ville dé Xaintes , ce que îhistôire montrera en son lieu.
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