CHAPITRE TRENTE- DEUXIÈME
SOMMAIRE
Enfaiif du duc et de Philippe» de Tolose sa femme — Ainiery de Tliouars espoutc une de ses filles. — Guillaume de Malmesburi accuse le duc d'adultéré» choque son honneur, par ses escrits dont il est blasmé. — Girard II, archercsque d'Angou- Jesme , excommunie le duc. — Violence du duc contre Pierre évesque de Poîctiers. — Les submissions que l'évesque Pierre fait au duc qui le bannit. — Mort de l'évesque pendant son exil. — Geofroy abbé de Vendosme au contraire de Malmesburi loue le duc. — Grand doute sur la vérité des escrits de Malmesbury.
L'an 109,9, nasquit au duc, de Philippes de Tolose sa femme, l/an 11 mi mou-
lin fils qui fut nommé Guillaume , et sera le nenfiesme du nom duc ^T"' "'*!
*■ que «TAjen , qui
de Guyenne, qui fut snivy de cinq iilles, dont l'une fut femme eu » p° ur ««• d' Aimery vicomte de Thouars , et finalement vint Raitnond qui fut^VnepTeu. au prince d'Antioche. Guillaume de Malmesburi , Anglais qui semble ^
en U
avoir esté gagé pour mesdire de tous les princes qui ne sont de sa °> Limo,^ nation , raconte plusieurs vilénies de nostre duc , et taxe ses mœurs ^^7^^ avant son voyage de Surie, jusques à s'émanciper de dire qu'il J 11 ^' £^' e "* croupissoit en toutes sortes de vices et ordures, comme s'il eut cru brefuttmucou. que toutes choses ail oie ni à l'avanture , sans estre réglées ny con- Jj" ^"TtaÙ duites par le soing et la providence de Dieu, tournant toutes ses "'^ , " o ^ ^ actions en risée , et les assaisonnant de brocards et de bouffonne- autre» ebote* fut ries ; qu'il avait fait amas de plusieurs femmes dissolues et plus libé- °^Z»t>^cl*i raies de leur honneur que l'honnesteté ne permet pas , lesquelles ™iî«rtoM »«»
* . droict» et fief» à
il tenoit en divers maisons de la ville de Nyort, disant vouloir in s-
dénier* comp-
tituer un abbaye de garces , et nommant par nom et surnom les * b^^uT' plus effrontées , les désignoit pour abbesses ou prieures , et autres officières ; qu'il laissa son espouse légitime ; et violant les loix de Guillaume et 11©» mariage commettoit adultère avec la femme de l'un de ses vicom- 'l™'** tes, de laquelle il estoit si amoureux , qu'il en fit graver le portraict d'Arbr«..i, 4«.
« «« p.roi»c dans son bouclier, afin disoil-il de la porter en guerre comme elle
ii Maine, conv
«,r^,de M f.i.« le portoit au lict. Girard évesque d'Angoulesme (il faudroit que
'£Tï!!*L£ cc fast le 11 ' car Girard 1 mourut Tan 1060 , vingt-six ans devant me™ de Fonie- principauté du duc) l'excommunia pour cet adultère , lui enjoi-
vraud. m
L^n uoi.prè* gnant de rendre la vicomtesse à son mari. Plustost que cela ad- Z ^enne , respondit-ii à l' évesque , tu coucheras du pigne le poil de «1. d« u»»y, i« ton front en arrière, piquant ce bon prélat, pource qu'il les avoit rri»c*. qu* U ,C cheveux de devant si rares qu'il ne lui estoit nullement besoin g de «oient t««, «, j e$ p ig ner . s i Girard II succéda en l'évesché d'Angoulesme «îouirenw. iia« à Aymar, qui monrut le 1 er de septembre 1101 , comment peut-if
ju moi* de no- , . . , - J C? • vi
vfmbre.iiiperdi. avoir excommunie le duc devant son voyage de ourie, veu qu 1/ mu un e bataHir es ^ 0 \^ de France devant ce temps-là. L'Anglois adioustc que
contre 1m iiifi- * * *» J *
a. ne*, umcmt Pierre, évesque de Poictiers, personnage renommé pour sa saîneareC™ 1 teté de vie reprenoit librement le duc de ses fautes , lequel ne s'en .,!,«.'* Bourde cnast i ant point il en vint aux censures publiques : ayant commencé
-fui rut pour iuc- * ^ ^ <# %
ir.«ud. l'excommunication , le duc qui esloit présent le saisit au poil tout en furie , le poignard en la main , le menaçant de le tuer, s'il ne lui donnoit l'absolution. Le prélat alors feignant d'avoir peur lui demanda un peu de temps pour parler , ce qu'il lui accorda, et Vévesque acheva courageusement le reste , et ainsi suspendit le duc du christianisme et de la société des fidelles , sauf si dans un certain temps il n'amendoit sa vie et faisoit pénitence. Sa charge accomplie , il lui tendit le col , frappe , dit-il , frappe , mais le duc convertit le tout en risée , et lui répliqua qu'il le haïssoit tant qu'il ne l'estimoit pas digne de sa haine , adjoustant que sa main ne s'emploiroit jamais pour lui ouvrir l'entrée du cieL Quelques temps après le duc à la persuasion de sa concubine confina l'évesque en un lieu où il termina sa vie d'une heureuse fin. Le duc le sçachant , il se prit à gausser , et faire le plaisant selon sa coustume , disant en public qu'il se repentoit de ne lui avoir abrégé sa vie , afin que son âme saine te et glorieuse lui sceust gré , que par sa folie elle joint d'un si grand bien que le ciel. Nous ne doutons point que Malmesburi n'ait voulu beaucoup gaigner sur le compte , puis qu'il- est seul qui le récite. Au contraire Geofroy , abbé de Vendosme,rend-d'cxcellens iesmoignages de Irai , et par l'adresse de quatre lettres qui
lui a cscrites, il l'appelle très renommé, et très noble dur, maistre et chef de la gendarmerie , glorieux et vénérable prince et incomparable chevalier sans qu'il se pleigne de lui , sinon qu'il touche le fait de Sainct-Georges-d'Oléron , dont il a esté parlé en un autre lien ; en une missive au pape Paschal il fait mention d'avoir esté contraint de rachepter du duc un prieuré conventuel , lequel il avoit appliqué à sa main, durant le régime de Bernon abbé, ponree qu'il avoit esté refusant de le venir trouver, qui donne assez à entendre que le duc prétendoit que Bernon eust commis félonie , et forfait le prieuré : car alors la pratique des fiefs estoit bien plus absolue qu'elle n'a pas esté depuis. Le mesme Geofroy se pleint aussi de Guillaume et Aimery frères prévosts du duc en Saintongc , pour les extorsions et pilleries , et prie de lui en faire raison ; et en un autre endroict il l'excuse envers le duc qui l' avoit semond de restablir en un prieuré un certain Rainai Quartaldus, pource qu'il en tiroit service. Toutesfbis il semble qu'il se laissa vaincre aux prières du duc ; parce que comme durant son voyage d'outre-mer t ce Rainaldfit plus de profession d'estre religieux par les marques de tonsure et du froc qu'autrement , sans se soucier des règles de son ordre , se fiant sur l'authorité de la duchesse Mahaut qui le maintiendroit , l'abbé Geofroy en escrivit à la duchesse la conjurant par la crainte de Dieu, et l'affection et amour qu'elle portoit à son mary, que le support que le religieux espéroit d'elle ne fust cause de sa perte. Davantage en un autre lieu il loue la vie du duc, qu'il dit estre vénérable par toute la terre, et lui mande qu'en sa considération il a terminé un différend qui estoit entre lui et Henry abbé de Sainct-Jean-d'Angéli , en restant encores un autre pour raison de ce qu'Henry, que le duc affection noit , s' estoit emparé de quelques héritages de Vendosme en Saintonge : le conjurant làdessus de ne point s'en mesler, et que lui si renommé pour sa bonne vie, lequel Dieu avoit honoré en ce monde de beauté excellente de corps , et de grandeur et magnanimité de courage par dessus tous autres princes ne permist point que leur monastère , que les ducs ses prédécesseurs avoientbasty honorablement à leurs despens, en leur propre fond et héritage, fut déshonoré, et souffrit
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diminution en façon quelconque, afin que Jésus-Christ, le plus beau d'entre les hommes, le fist beau et grand là haut ès deux ; s'il faisoit autrement y auroit crainte que les saincts anges l'annonçassent à ses glorieux ancestres , et que par ce moyen il vint à les attrister en leur âme , au lieu qu'il doit plustost mettre peine de les réjouir. Or cela sans doute s'est passé depuis l'an i io4 , auquel an cet Henry , personnage insigne en piété et noblesse fut esleu abbé de Sainct-Jean , en une assemblée que le duc y assigna en présence de Ranulfc évesque de Saintes, Arnaut esleu archevesque de Bourdeaux, et non encores consacré de Hugues de Lezignem, fils de Hugues tué à Rames , et de Hugues frères du duc , comme on void par un rescript du pape Pascal, qui sont tesmoignages qui font douter de la narration du moine d'Angleterre , et de ce qu'on dit que le duc a plusieurs fois esté excommunié, combien qu'en ce temps-là, ce remède qui a esté introduit en l'église à bonne fin, commença bien fort à se profaner et à estre mis en usage à toutes occasions sans connoissance de cause , et pour chose de néant , comme on fait aujourd'huy , quoy que les estats de ce royaume en ayent fait plainte.