‹ Histoire des comtes de Poitou, 778-1204 (volume 2)Chapitre 3 sur 54 · I. — RlCnARD · texte numérisé non relu

I. — RlCnARD

Othon n'était pas encore couronné empereur d'Allemagne que Richard attestait, par un acte authentique, qu'il avait repris pleine possession du comté de Poitou et ceci sans formalités aucunes, c'est-à-dire par un simple effet de sa volonté, tout comme il l'avait abandonné deux ans auparavant. Le 30 juin, se trouvant à la Roche des Andelis en compagnie de son frère Guillaume, comlo deSalisbury, du comte de Chester, de Guillaume Le Maréchal, de Robert d'Alençon, de son chapelain R. B., de Philippe des Roches, son chambrier, et d'Eustache, évêque élu d'Ely, son chancelier, il abandonna à l'abbaye du Pin le droit de minage qu'il possédait dansla ville de Poitiers, et cela sans aucune réserve, le produit do la taxe devant être employé à la confection du pain nécessaire à la subsistance des religieux (2).

(i) Bourgeois, suivant en cela Fopimon déjà exprimée par l'académien Dupuy dan» le Journal des saunntSy éd. in-4'', p. 54o, conclut avec raison, à la page io3 de ses Recherches, que M.Bonamy s*est trompé en admettant qu'Olhon a possédé l'Aquitaine cl le Poitou en toute propriété, « jure hercdilario»,et qu'il est probable qu'il n'en eut que l'usufruit total ou partiel.

(2) Bibl. municip. de Poitiers, man. n« 5i, aujourd'hui Sgi, f« ^2^0, Ce texte, publié incomplètement par Thibaudeau (Abrégé de Vhist. du Potion^ II, preuves, p. 349)9 est inexact; il ne reproduit pas la donation primitive de Richard, qui doit

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Aliénor ne semble pas avoir revendiqué au moment du départ d'Olhon aucun droil sur ses étals patrimoniaux; elle en laissait jouir son fils dans les mêmes conditions qu'elle l'avait abandonné h son petit-fils, c'est-à-dire en y cardant ses droits de proprié-

remonter à l'une des deux premières années de son règne^ peut-être même à i igo. C'est ce qui est résulté pour nous de Texamen de cette pièce, qui pendant plusieurs siècles a é(é considérée comme absolument authentique et a été insérée telle quelle dans le « Livre des costumes, privilèges et autres ordennances de la commune de PoicliersD, recueil ofliciel rédigé vers iSgo^car telest le caractère du manuscrit n® Si» où Thibaudcau et D. Footeneau Font copiée. (Voy. notre étude sur ce volume publiée dans \e Bulletin delà Soc, desAnt. detOaest, 2e trim. 1884.) La charte se compose de deux parties, la première, qui contient la donation proprement dite, rapporta que celleci aurait été faite à Evreux, le 27 août de la sixième année du règne de Richard, eo présence de GeotTroy de la Celle, sénéchal de Poitou, de R. comte de Cbester et de Guillaume Le Maréchal, et Tacte délivré par Tévèque d'Ely. l\ est dit ensuite que la matrice du sceau royal apposé sur cette pièce ayant été perdue pendant que Richard était prisonnier en Allemagne, le roi en avait commandé une autre, qui avait été apposée au bas du nouvel acte le 3o juin de la neuvième année de son règne.

Les inexactitudes abondent dans ce document. D'abord, le 27 août de la dixième année du règne de Richard correspond au 27 août 1196; or, cette date est postérieure à l'emprisonnement du prince qui se termina le 4 février 1 194 ; de plus, en celle année 1 190, Geoffroy de la Celle était sénéchal de Gascogne et non du Poitou et ne fut pourvu de cette dernière dignité qu'entre le 25 mai et le 29 décembre 1196; d'autre part, Eustache ne fut élu évèque d'Ely qu'après le mois de février 1 197. Ces relevés sont des preuves de fausseté qui nous ont fait rejeter absolument l'acte du S7 août 1195, auquel D.Fonteneau, nous ne savons pour quel motif, a donné la date de ii94« que nos historiens locaux ont depuis uniformément reproduite. Comme il est avéré que la concession du minage de Poitiers a été certainement faite par Richard aux religieux du Pin, comme il va être dit plus loin, nous avons cru devoir adopter pour exacte la date du 3ojuin 1198,4 laquelle ne s'opposent nullement l'indication des noms des témoins ou autres éléments d'information. Seulement, si la date est exacte, Facte ne l'est pas, et c'est ce qui résulte des termes d'une sentence rendue en laaS par les commissaires du pape dans une contestation survenue au sujet de ce droit de minage entre les religieux du Pin et les chevaliers du Temple. Ces derniers soutenaient qu'en vertu des chartes de franchise absolue pour leurs biens et leurs hommes qu'ils avaient obtenues du roi Richard, ils n'étaient pas tenus de payer les droits réclamés par les religieux. Les commissaires du pape décidèrent que les Templiers paieraient le droit de minage à Poitiers, excepte ceux qui demeuraient dans la maison de Soronet, jadis prévdt de cette ville, sise dans la rue Favrouse, où les religieux n'araient jamais perçu ce droit de minage, et que cette exemption serait aussi étendue aux hommes du Temple qui n'étaient pas astreints au paiement de ce droit avant qu'il fût tranamis à Fabbaye du Pin (Arch. de la Vienne, abbaye du Pin, 1. 82 ; ThibaudeaU| Abrégé^ II, p. 35o, preuves). Il résulte de cette sentence, rendue trente ans seulement aprà la concee* sion de Richard, que Pacte authentique de celle-ci existait encore et quVlle devail comporter une exemption de droits en faveur de Soronet, alors prévût de la rille. Cet acte a dû disparaître de bonne heure, car, en i3oi, le sénéchal de Poitoa, Pierre de Villeblouin,fit une transaction avec les religieux au sujet d'une redevance annuelle de quatorze livres tournois, qu'ils payaient au roi pour leur possession du droit de minage, alors qu'il était établi par la sentence rendue contre les Templiers queRichnrd leur avait fait cette donation en toute franchise et en perpétuelle aumône et les les mettait simplement en son lieu et place.

Il nous semble résulter de la longue argumentation à laquelle nous avons dû noos livrer, que si la donation du droit de minage de Poitiers faite par Richard aoji reli*

laîre, dont elle usait à l'occasion. Elle semble avoir particulièrement considéré comme étant de pure formalité la concession faite par Richard à Bérengère de certains domaines en Poitou qui devaient entrer dans son douaire. Ainsi, le 11 avril 1196, pendant son séjour à Fontevrault, elle fit conclure un accord entre les religieux de Bourgueil, possesseurs du prieuré de Jaulnay, et ses hommes de ce lieu, au sujet de la dtme du vin. Le lendemain, elle se rendit à Bourgueil pour la ratification de cet acte, auquel assistaient ses chevaliers, Geoffroy de Clermont etPierre le Chevecier (1 ).

On ne sait si Richard avait continué à vivre avec Bérengère, ce qui est peu probable; toutefois, bien que sa femme lui fût indifférente, il ne professait pas les mômes sentiments au sujet des biens qu'elle pouvait posséder et sur lesquels il devait naturellement dominer. Sanche VI avait promis en dot à sa fille les châteaux de Roquebrune et de Saint-Jean-Pied-de-Port, mais il mourut en 1 194, sans les avoir livrés ; Richard les réclama à Sanche VII, son beau-frère et son ancien compagnon d'armes; mais celui-ci se montra récalcitrant et le prince dut recourir, pour obtenir la délivrance des deux châteaux, à la haute intervention d'Innocent III. Le pape envoya le 21 mai une lettre au roi de Navarre^ dans laquelle il le menaçait des foudres ecclésiastiques s*il ne s'exécutait pas et, le 28 mai, il en informait le roi d'Angleterre (2).

Dans le courant de l'année 1197 (3), Richard avait donné la sénéchaussée de Poitou à Geoffroy de la Celle, qui remplissait déjà les fonctions de sénéchal en Gascogne (4); il réunissait ainsi

fpeux du Pin est réelle, Tacte qui la moDumentait était entaché de fausseté, et pour*» tant, jusqu'à la fin de l'ancien régime, c'est lui qui a toujours été produit dans les nombreuses procès que les religieux ont eu à soutenir pour la conservation de leurs droits (Voy. Arch., comm. de Poitiers, no« 266, 269, 270, 271, 27a; Thibaudeau, Abrégé, II, pp. 352 et 353, preuves, et IV, pp. 307-357; Beauchet-FiUeaa, Des divers boisseaux dont on se servait dans le Poitoa. Mém. de la Soc. êé stat. des Deux-Sèvres, 1868, pp. iSg et ss.).

(i) Bibi. Nat., man. latin 5,48o, cartul. de Fontevrault, p. 26.

(2) Lettres d'Innocent 111, éd. de Baluze, I, pp. iia et 122.

(3) Entre le 7 mars (Arch, hist. de la Saintonge, XXVII, p. i^S, chartes de la Grâce-Dieu) et le 4 novembre (Arch. hist, da Poitou, XI, p. 4 10, Trésor des chartes).

(4) On le trouve, toujours en compagnie de rarcbevèque, présidant à Mont-de- Marsan à un accord entre Fabbaye de Sainte-Croix de Bordeaux et le seigneur do Lesparre (Galiia Christ., II, in9tr.,col. 286). Dans cet acte, on voit figurer ChÂlon, frère du sénéchal, et Pierre Châlon, son chancelier et son parent. L'indication de

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dans cette seule main, dont il devait connaître la vigueur, Tautorilé suprême en Aquitaine. Geoffroy, sur Tordre du roi et agissant d'accord avec Tarchevêque de Bordeaux, imposa aux barons, chevaliers et prudhommes du Bordelais, une paix qu'ils s'engagèrent à observer sous serment ; elle établissait une pénalité contre les infracteurs, qu'ils fussent barons, prévôts, baillis ou sergents des baillis du roi; elle pourvoyait aussi à la sécurité des vignobles qui, dès cette époque, constituaient la richesse du pays^ et frappait les coupables de méfaits à leur égard d'une amende de cinq sous, du paiement d'une indemnité au particulier qui avait soufTert du dégât, ou de la perte d'une oreille; enfin, il y était rappelé cette prescription, qui tendait à devenir d'ordre général, que les hommes d'un seigneur ne devaient pas être obligés pour les dommages dont il se serait rendu coupable à l'égard d'aulrui, et qu'ils ne pouvaient être tenus envers lui qu'au paiement de leurs redevances ou de leurs charges ordinaires.

La durée de celle paix fut fixée à dix ans et, pour en assurer le maintien, sa sauvegarde fut confiée au roi, qui, pour cet objet, fut autorisé à lever un impôt spécial. Cet impôt frappait tous les possesseurs de biens, et eut pour base les animaux, la taxe étant établie par têle de bétail ; quant aux particuliers possesseurs d'au moins vingt sous en biens meubles, ils étaient^ à partir de l'Age de douze ans, tenus de payer douze deniers, ce qui était la somme due pour un bœuf. Celte redevance par tête, qui rappelait le servage, ne devait pas être appliquée personnellement aux prêtres, clercs, chevaliers et damoiseaux, mais leurs hommes y étaient astreints et rentraient dans la règle commune. Enfin, il était dit que l'impôt serait perçu pendant sept ans, mais que l'on ne compterait pas la première année de la sénéchaussée de Geoffroy de la Celle, vu la misère des temps ; on ne commencerait à le lever qu'à partir de la Saint-Michel de la seconde année de son exercice de sénéchal et sa perception se continuerait ensuite pendant sept années consécutives, mais la paix qui avait été l'occasion de son établissement devait être appliquée de suite (1).

ccUe situation inférieure chez un membre de la famille de Geoffroy de la Celle paraît témoigner que celui-ci était, comme Pierre Dertîn et tant d*autres «genU du roi, d'une condition inférieure, à peine de petite noblesse, (i) Brutailsy Cari, de Saint-Setirin, p. 177. Dans cette publicatioa cet acte a été

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L'influence personnelle de l'archevêque de Bordeaux se fait intimement sentir dans cet acte qui, ainsi qu'il est dit, fut exclusivement appliqué au Bordelais. Comme il était le résultat d'un accord conclu entre le chef de TÉtat et certains de ses sujets, le Poitou y resta complètement étrangçr, bien qu'il fût, comme ce pays, placé sous l'aulorilé de Geoffroy de la Celle.

Aliénor setenait à l{ouen,et,àceque l'on croit, cédant à on ne sait quelles suggestions, elle conçut le projet de faire évader Phi' lippe de Dreux, évoque de Beauvais, le cousin du roi de France, qui, plus guerrier que prélat, avait été fait prisonnier le 19 mai 1197 par Mercadier et que Bichard avait fait enfermer dans la tour de Rouen. Pendant une des absences du roi, Aliénor demanda aux gardiens de l'évêque de l'amener dans sa demeure afin qu'il pût conférer avec elle au sujet de sa rançon. Il avait offert à Richard, qui l'avait refusé, 10,000 marcs d'argent pour être remis en liberté (1). Les gardiens n'osèrent résister à cette invitation de la reine, qui pour eux était presque un ordre, et, après avoir mis des entraves aux jambes de l'évêque, ils le conduisirent eux-mêmes à Aliénor. Leur trajet les faisait passer auprès d'une éghse; quand ils en furent très rapprochés, l'évêque se précipita contre la porte; celle-ci était fermée, mais il put saisir l'anneau qui l'ouvrait et il s'écria à haute voix : « Je demande la protection de Dieu et de l'Église. » Malgré ces paroles qui, étant donné l'acte manuel de Philippe de Dreux, plaçaient celui-ci sous la sauvegarde ecclésiastique, les gardiens remirent la main sur lui et le ramenèrent dans la tour de Rouen. Cet incident, qui n'était peut-être que fortuit, fut considéré comme ayant été préparé par Aliénor; toujours est-il que Richard, qui tenait à son prisonnier, ne tint aucun compte du droit d'asile invoqué par lui et l'envoya sous bonne escorte à Chinon, où il fut désormais étroitement gardé (2).

placé entre 1 189 et 1 19$, mais il edt évident, du moment que Geoffroy de la Celle y comparait en qualité de sénéchal de Poitou, et qu'il rapporte des faits qui se sont produits durant la première annéedeTexcrcicede Geoffroy, c'est-à-dire en 1197, qu'il ne peut appartenir qu'aux années 11 97 ou 1198, et plus particulièrement, croyons-nous, à cette dernière.

(i) /?//>/. (le r Ecole des chartes^ 1842, p. 429; Rec. des hist. de France, XVII, p. 49, Higord.

(2) Hec.des hisL de France, XVlI, p. 687, R. de Hoveden«

Si Richard en voulut à sa mère de cet incident, il n'y parut guère, car à la fin de cette année il98, ils étaient absolument d'accord pour proposer un candidat à révôché de Poitiers, vacant par la mort d'Aymar du Peyrat.Aliénor avait maintenu son appui à Maurice de Blazon, qui, depuis plusieurs années, gouvernait Tévêché de Nantes. Celte fois, les chanoines, n'ayant pas de candidat à lui opposer ou plutôt personne ne se souciant de se mettre sur les rangs, lui donnèrent leurs voix. Le pape fut avisé de ce fait par les partisans que Maurice avait su se créer, à savoir les archevêques de Bordeaux et de Bourges, Tévêque de Saintes, le doyen et le chapitre de l'église cathédrale de Poitiers, des abbés et de nombreux membres du clergé poitevin qui lui demandèrent d'agréer le vote unanime du chapitre ; il y consentit, et en informa Maurice par une lettre du 29 novembre, dans laquelle il lui disait qu'il le transférait d'un diocèse populeux dans un autre qui l'était encore plus, et où il serait mieux à portée de faire valoir les rares mérites dont le Seigneur l'avait gratifié (1).

Richard ne s'éloignait guère de la Normandie où les hostilités avec le roi de France ne cessaient un instant que pour recommencer encore plus vives; il célébra la fête de Noël à Domfront et enfin, le 11 janvier H99, jour de la Saint-Hilaire, date d*où partaient généralement les trêves de Thiver, il eut avec Philippe- Auguste une entrevue entre les Andeliset Vernon. Les deux rois, las l'un et l'autre de cette guerre sans issue, et ayant sans doute chacun des projets par ailleurs, conclurent entre eux une trêve de cinq ans.

Richard, venu au rendez-vous parla Seine, se tenait sur son navire d'où il conversait avec le roi de France resté à cheval sur la rive. Ils convinrent que toutes choses demeureraient en Tétat où elles se trouvaient le jour de leur accord et que, pour éviter tout heurt^ les troupes des deux rois se retireraient sans entraves dans leurs cantonnements ordinaires. Richard s'exécuta aussitôt et renvoya Mercadier, le chef de ses mercenaires, dans ses domaines du Périgord.

Ce routier était le bras droit du roi d'Angleterre, et c'est à luî-

(i) Gallia Christ., II. col. 1182, e( XIV, col. 818; Lettret cTInnoeeni ///, éd. de Daluze, I, pp. 284 et 280; Bcslj, Evesqaes de Poictiers, pp. 119 et M.

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même que nous devons de connaître exaclemenl sa situation auprès de lui : « Je combattais, dit-il un jour, avec autant de fidélité que de vaillance dans les camps du roi, n'étant jamais en désaccord avec sa volonté et accomplissant avec promptitude ce qu'il commandait, par suite de quoi j'étais accueilli et affectionné par ce grand prince et commandais à son armée (1).» Mais pendant qu'il traversait la France avec sa route, il fut assailli par quatre comtes qui lui tuèrent plusieurs de ses hommes. Philippe-Auguste les désavoua aussitôt, mais, pendant ce temps, il faisait construire un château-fortsurlesfrontièresdeNormandie,entreButavantetGaillon.

Quand Richard, qui avait déjà gagné le Poitou, fut informé de ce dernier fait, il revint en toute hâte sur ses pas et fit savoir au roi de France par son chancelier, Tévêque d'Kly, que les trêves seraient aussitôt rompues s'il ne démolissait le château neuf. Le légat du pape, qui n'avait pu qu'à grand peine faire conclure la récente trêve de cinq ans, prit encore Tinitiative des négociations; il conseilla à Philippe de s'exécuter et, en même temps, il s'entremit pour faire transformer la trêve en un traité de paix. Des deux côlés on tomba d'accord pour établir les préliminaires de cette paix, qui devait être signée aussitôt que Richard serait de retour du Poitou. La principale clause de la convention était le mariage de Louis, fils du roi do France, avec Blanche de Castille, nièce de Richard; ce dernier, en faveur de cette union, s'engagerait à abandonner ses prétentions sur la place de Gisors, qui avait été un conlinuel brandon de discorde entre les deux royaumes, et donnerait on dota sa nièce une somme do 20,000 marcs; de son côté. Philippe- Auguste se désisterait en faveur de Richard de son droit de présentation à l'archevêché de Tours et s'engagerait à favoriser de tout son pouvoir l'accession d'Othon au trône impérial (2).

Quel était le motif si pressant qui faisait repartir Richard pour le Poitou sans attendre que l'on se fût mis d'accord sur tous les

(i) Dessalles, Hist, du Périgord^ \, p. 227. Ces paroles se lisent dans les consi* Hcrants d'une charte de Mercadier, par laquelle Fancien routier concédait aux rpjig'ieux de Cadouin la dîme d'une pêcherie qu'il avait établie à Big'aroque, sur la Dordoç^ne, dans le domaine dont Kichard lui avait fait cadeau après la mort d'Adémar de Beynac, décédé sans hoirs.

(2) Rtc. des hist. de France y XVII, p. 386, chron. de Saint-Denis, et p. 594, H. de Hoveden.

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