‹ Histoire des comtes de Poitou, 778-1204 (volume 4)Chapitre 7 sur 18 · BERNARD · texte numérisé non relu

BERNARD

rivière de la Boulogne à leur nouvelle résidence (1). Le choix de celle-ci, située seulement à six lieues de la mer, porte en lui la preuve qu'à cette époque on ne considérait pas les Normands comme un ennemi redoutable pour les territoires en terre ferme ; on ne voyait en eux que des pirates qui s'abattaient sur les côtes, et, semblables k l'oiseau de proie, s'enfuyaient aussitôt qu'ils s'étaient emparés del'objetde leur convoitise. On ne s'explique pas toutefois comment le comte Bernard, dûment averti par les appréhensions des moines de l'île d'Her, n'ait pris aucune mesure efficace pour protéger le littoral du Poitou, qui dans cette région est d'un abord si facile, contre le retour de ces redoutables visiteurs.

En effet, en 820, deux fils du vieux Gudrod, expulsés de la Scandinavie par leurs frères, s'étant dirigés vers l'Ouest avec treize barques, contournèrent les côtes de France sans pouvoir prendre terre, et enfin arrivèrent dans la baie de Bourgneuf, qu'ils trouvèrent sans défense ; ils y abordèrent, envahirent l'île de Bouin, pillèrent le bourg et le détruisirent de fond en comble (2). Bernard était assurément occupé par ailleurs, néanmoins le souverain dut tirer de ces faits cet enseignement, que le territoire confié au comte (Je Poitiers était trop vaste pour qu'il en pût surveiller efficacement toutes les parties. Du vivant de Bernard, la situation ne fut sans doute pas modifiée, mais à sa mort, croyons-nous, la cité fut démembrée et on en détacha toute la portion occidentale, qui d'ancienneté était désignée sous le nom de pays d'ilerbauge et forma un comté particulier (3) à la tête duquel fut mis un personnage du nom de Bainaud (i). Cette première atteinte

(i) Lcx, Documents originaux an/criciirs à l'an mil, p. i ; Recueil des liisl. de France, VI, p. 5 16.

(2) Pertz, Mon. Germ., SS., I, p, 207, Eiuhardi annales; Mabille, /as inrasinns '*(*■' normandes dans la Loire, p. 20.

J^ (3) Au temps de Grégoire de Tours, le littoral de l'Océan, de l'enibouchure de la

«, , Loire à ceUe du Lay, était connu sous le nom à'Arbatilicum, le pays d'Herbauge

'^ l^ {hoo'^non, Géographie de la Gaule au F/e siècle, p. 56/t). Il est possible que, dès

/* ^ l'éreclion du comté d'Herbauge, on ait compris sous celle clcnoujinaliou le pays de ce

^ , f { nom et ceux de Tiffauge et de Mauge qui ont eu pendant deux siècles au moins une

t^-" existence commune. (Voy. ma notice intitulée: Les TaiJaUs, la Theifali-e et le pays

t de l'iJJ'ange, parue accompagnée d'une carie dans le Bullelin delà Soc. des An/if/.

(/e /'0«6's/, 4* trimestre de i8()6).

(/() Les clironiques donnent à ce comle le nom de Rainaldus ; il est loulefois à noter qu'il est appelé Jluinoldus dans celle d'Adcmar de Cliabannes, Reginaldus

porlée à l'œuvre de Charlemagne, bien qu'elle soit le fait de Charles le Chauve, nous paraît avoir été conçue par Louis le Débonnaire s'iramisçanl en sa qualité d'empereur et au nom de l'intérêt général dans les aiTaires de l'Aquitaine (1

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