I.XI
préservée des désastres subis par la Narbunimise ; ce- [)endant l'on verra bientôt qu'il ne faut pas tirer de ces paroles une conséquence aussi absolue; car il est possible que le prélat dont parle saint Jérôme ait eu assez d'autorité, par la sainteté de sa vie, pour arrêter les premiers excès des Wisigoths, mais que Toulouse, malgré cela, n'en soit pas moins tombée au pouvoir des vainqueurs. Une lettre de Rutilius, écrivain contemporain, donne beaucoup de poids à cette dernière opinion. Né dans la province, et par conséquent mieux à même que saint Jérôme de savoir exactement ce qui s'y passait, il raconte comment il a retrouvé, en Toscane, Viclorinus, rhéteur de Toulouse, son ancien ami, que la prise de cette ville par les barbares avait forcé de s exiler et d'aller chercher, par delà les monts, une patrie nouvelle (1). Il est donc à croire, comme, au reste, certains auteurs le pensent, que Toulouse ouvrit ses portes aux Wisigoths , mais que, grâce à l'intervention de son évêque, Exupère, elle fut garantie du pillage.
À propos d'Exupère, et de ce que pouvait sa haute réputation de vertu, nous citerons un épisode de sa vie (2), de nature à faire connaître la simplicité et la naïveté des mœurs de cette époque.
« La plus coupable ingratitude ayant été la récom-
(1) de Rosoi, Annales de la ville de Tuuloiise.
f2) Bertrand de Gesf. Tolos.; traduction de la Peyrière.