PAR
Le voisinage des Ibères avait commencé depuis longtemps à altérer la pureté du druidisme. Ces peuples, cédant à leur imagination méridionale, avaient animé la matière; s'étaient plu à lui créer de la puissance, à lui prêter une forme merveilleuse et poétique. Des règles sages maïs restreintes, un culte imposant mais simple, ne pouvaient suffire à leur désir d'adorer et de croire, à leur besoin de craindre et d'espérer. Cependant l'ar-
rivée des Phocéens contribua plus encore à introduire des dieux nouveaux parmi ceux que les habitants de la Gaule tenaient de la piété de leurs pères.
Une théogonie qui parlait aux passions et aux sens exerça nécessairement une action puissante sur l'esprit ardent des Tectosages. Ces tribus superstitieuses et crédules virent d’abord avec surprise les images gra-
Rhin, auxquels, comme on l’a vu, ils se rattachaient par leur origine. Le proconsul Cépion accourut pour réprimer cette révolte; la trahison lui ouvrit, pendant la nuit, les portes de Toulouse, et cette ville, tombée de nouveau au pouvoir des légions de la république, fut saccagée de fond en comble. Cépion dépouilla les temples, fit retirer des eaux le objets précieux qui y avaient été jetés en offrande, et, lorsqu'il n’y eut plus rien à détruire et à prendre, il s’éloigna chargé de richesses immenses; mais ces trésors ne tardèrent pas à lui devenir funestes. Attaqué, presque aussitôt, par les barbares, 80,000 soldats romains restèrent, dit-on, sur le champ de bataille, sans compter 40,000 non-combattants, qui marchaient à la suite de l’armée. Selon Paul Orose {liv. 5, chap. 16), qui, il est vrai, n’est pas toujours d’une exactitude bien grande, dix hommes seulement échappérent, pour aller porter, à Rome, la nouvelle de cet épouvantable désastre. Quoi qu'il en soit, la défaile de Cépion fut si complète, que, pour indiquer un homme infâme et malheureux, on à dit longtemps, dans les provinces méridionales, il a de l'or de Toulouse.