ES ORAL
cieuses dont étaient entourées les allégories mythologiques; puis, entrainées par le charme de ces fictions, elles arrivèrent à adopter quelques-unes des croyances de la Grèce. Ainsi se prépara, chez les Volques, la transformation religieuse qui devait s’accomplir plus tard, lorsque leur pays obéirait à d'autres maîtres et se soumettrait à d’autres lois. Pouvaient-ils d'ailleurs demeurer insensibles devant ces monuments, chefs-d’'œuvre du génie et de l’art, qu'ils voyaient s'élever sur les hauts promontoires de la Méditerranée (1); devant ces temples dont la masse imposante et la cime hardie semblaient commander à la terre, défier les éléments et s'inspirer des cieux ?
Il n'est pas besoin de dire que la langue des Volques, par les rapports établis avec la colonie phocéenne, ne conserva pas ses caractères primitifs. Elle modifia ses formes aussi bien que ses expressions, et perdit surtout de sa rudesse en s’appropriant une foule de mots helléniques qui aujourd'hui encore se reconnaissent dans les idiomes provençaux et languedociens.
(1) Un temple, dédié à Diane, avait été construit à l'embouchure du Rhône, sur une hauteur qui dominait la mer, à Hemeroscopium, d’ où venait le nom de Dianium, donné aussi à cette ville.
On vit également s'élever un temple de Vénus sur le cap Aphrodision, appelé aujourd’hui cap Creuss.