‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 26 sur 68 · DS S > S · texte numérisé non relu

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(1) OEuvres d’Alcuin, t. 11, p. 352.

— CXY —

R. L'esclave de la mort, un voyageur passager, un hôte dans sa demeure.

D. Comment l'homme est-il placé?

R. Comme une lanterne exposée au vent.

D. Où est-il placé?

R. Entre six parois.

D. Lesquelles?

R. Le dessus, le dessous, le devant, le derrière, la droite, la gauche.

. Qu'est-ce que le rt L'image de la mort.

Qu'est-ce que la liberté de l'homme?

L'innocence. Qu'est-ce que la tête ?

Le faite du corps.

Qu'est-ce que le corps?

La demeure de l’âme.

FSRSERES:

Qu'est-ce que le ciel?

Une sphère mobile, une voûte immense.

Qu'est-ce que la lumière ?

Le flambeau de toutes chuses.

Qu'est-ce que le jour?

Une provocation au travail.

Qu'est-ce que le soleil ?

La splendeur de l’univers, la beauté du firma-

ZSFSRSES:

— EXVII — dans les habitudes de la vie, la tudesque et la romane.

La première, celle du monarque et dé la cour, se nommait aussi frank-teutch, théotisie ou théodique. Bien qu en usage encore sous la seconde race, elle empruntait, chaque jour, au latin, au celte ou au roman, et ces changements ne servaient qu’à en faire reconnaître la pauvreté et la rudesse. Charlemagne eut un instant la pensée de la faire adopter dans tous ses États, et il y serait parvenu, sans doute, si l'Église ne lui avait fait, à cet égard, une opposition très-vive. Arrêté par cet obstacle, les lois et tous les actes officiels continuèrent à être écrits en latin (1), et en 813 1l fut décidé, dans un concile, que les évèques s’emploieraient à faire traduire les homélies en langue romane, pour permettre au peuple de les comprendre (2). Enfin, sous la troisième race, c'est-à-dire vers la fin du x° siècle, la langue romane, devenue celle des classes inférieures de la société et des habitants des provinces, finit par prévaloir, malgré la protection accordée à la tudesque par le souverain et par les grands. |

C’est à la poésie que nous devons cette victoire, et ïl faut surtout en attribuer le mérite aux auteurs provencaux et languedociens, qui surent rendre bientôt populaire une langue dont l'animation et l'éclat convenaient

(1) Cet état de choses subsista jusqu’à François 12°, qui, par son ordonnance de 4529, voulut que la langue française fût la seule dont on se ser vil. Ve RE.

(2) Burney, general History of music.

re QUE. —

aux sentiments chevaleresques, ét dont la naïveté et la grâce se prêtaient aux épanchements de la tendresse.

La langue romane a, d’ailleurs, précédé de beaucoup la langue française, car l'éerit le plus ancien que nous ayons de cette dernière est une traduction des Homéliesde saint Bernard, qui ne remonte pas au delà du xn° siècle, tandis que nous avons un document authentique en langue romane dont la date appartient à l'année 842.

Bien que cette pièce ait été publiée plusieurs fois (1), son peu d'étendue et son intérêt lexicologique nous engagent à la reproduire ici. Elle fait voir qu'à cette époque la langue romane, dérivant d’un latin corrompu, ne se dislinguait pas encore par le charme et la douceur qui devinrent ses principaux Caractères. Au reste, déjà elle avait reçu des améliorations importantes dans les provinces méridionales, où elle se perfectionnait et s’épurait chaque jour (2).

Charles le Chauve et Louis son frère, roi de Germanie,

{4} Roquefort, Moursin, Raynouard, Aug. Thierry l'ont tous rapportée d’après le manuscrit de Nithard.

(2) En effet, Abbon, dans son poëme sur le siége de Paris par les Normands, en 885 et 886, met dans la bouche d'Odon des paroles qui, bien qu’ironiques et hostiles, disent clairement les ressources de l'esprit et l’habileté de langage des Aquitains.

« Francigeni approperant altà cum fronte superbi :

« Calliditate venis acieque Aquitania linguæ ;

« Consilioque fugæ Burgun — adiere — diones. » Abb., Poem., lib. IF, v. 470.

(M. Guizot a publié, en 1821, une traduction de ce poëme.)

en A

ayant fait un traité d'alliance, voulurent, par un serment solennel, lui donner une sorte de consécration. Charles, s'adressant aux Allemands, s'exprima en tudesque, et le roi Louis, parlant aux Français, se servit de la langue romane; d'où l'on a supposé que le tudesque était encore peu compris par ces derniers.

Nous joignons au texte de ce serment une traduction

littérale.

« Pro do amur & pxpian poblo nro comun saluament : dist di en auant. inquantd's sauer & poder medunat. Si saluaraeio cist meon fradre Karlo. & in ad iudha & in cad una cosa sicu om pdreit son fradra saluar dist. Ino quid il mialtre si faz. Et abludher nul plaid nu qua prindrai qui meon vol cist. meon fradre Karle in damno sit. »

Voici ce texte mis en ordre :

« Pro Deo amor et pro Xristian poblo et nostro commun salvament, dist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo, et in adjuda et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dist; in o quid il mi altresi fazet : et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai qui, meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit. »

— CAE — Traduction :

« Par amour de Dieu et du peuple chrétien, et par « notre commun salut, de ce jour en avant, tant que « Dieu me donnera de savoir et de pouvoir, je sauverai « ce mien frère Charles, et l’aiderai en chacune chose, « comme un homme par droit doit sauver son frère, en « ce qu'il en ferait autant pour moi; et je ne ferai avec « Lothaire aucun traité qui de ma volonté puisse être « dommageable à mon frère Charles. »

Pour compléter cet aperçu rapide de l'état des connaissances humaines dans le midi de la France, au temps de Charlemagne, nous dirons quelques mots de la situation de la peinture et de la musique à cette époque. Cela, 1l est vrai, nous obligera à nous reporter aux siècles antérieurs ; mais, ayant soin de ne nous occuper que des faits rattachés intimement à notre histoire, ces courtes excursions nous détourneront fort peu de notre but.

Dès le 1v° siècle, la peinture et la sculpture ne rappelaient déjà plus l’ancienne école grecque. Le despotisme des empereurs romains, en étouffant les volontés personnelles et les idées grandioses, avait aussi éteint les pensées qui élèvent l'homme et le portent à avoir le senument de son indépendance et de sa force. L'artiste,

1 CRAMIE —

dénué de toute intuition du vrai beau, cherchait à cacher son insuffisance par la richesse des ornements ou par l'éclat d’une parure inutile. | Différentes causes avaient amené cette décadence : d'abord, la conversion de Constantin, qui eut pour conséquence la chute des idoles, et la destruction, par un zèle religieux malentendu, de la plupart des chefsd'œuvre et des modèles des grands maitres; ensuite la corruption des mœurs, qui, au lieu de porter le statuaire et le peintre à travailler pour leur célébrité et pour la gloire de leur pays, transforma l’art en un métier dont il fallait tirer le plus d'avantages possibles pour arriver à se procurer des moyens de luxe et de débauches (1). Jusque dans l'architecture, la noblesse du style disparut, sous une exagération de décors sans harmonie et sans goût.

L'austérité des premiers pères de l’Église chrétienne contribua, sans doute, beaucoup à l’altération du dessin. Dès que la beauté physique devait s'effacer devant les qualités morales, l'imitation de l’homme, en ce qui regardait la perfection des formes, perdait nécessairement de son mérite et de son importance. Aussi les draperies continuèrent-elles à offrir des exemples de la manière antique, lorsque Île trait des figures était

(4) Discours historiques sur la peinture moderne, Musée français, 1. 4, par Robillard, Péronville et Laurent.

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