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drales d'Avignon, de Sisteron, de Digne, d'Embrun, et notamment celle de Vence, appelée Sainte-Marie la Daurade , à cause de ses mosaïques {1}. Partout, pendant ce règne, les artistes, dont le zèle était ranimé par les faveurs du souverain, eurent à exécuter de grands et de nombreux travaux. L'usage de peindre non-seulement les églises, mais les dortoirs, les clottres et les réfectoires, s'était si bien établi en France, que, lorsqu'un abbé négligeait ce mode de décoration dans son monastère, les chroniqueurs contemporains ne manquaient jamais d'en faire le sujet d'une remarque.
Sous Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve, c’est-à-dire de 768 à 877 environ, les manuscrits ornés de miniatures prirent une très-grande valeur aux yeux des princes et des hauts personnages de l'Église.
Au 1x° siècle eut lieu une innovation fort remarquable, qui, dès ses premiers essais, ne tarda pas à arriver à un haut degré de perfection ; nous voulons parler de la peinture sur verre, peinture si en rapport avec l'architecture de l’époque, si en harmonie avec une religion recueillie et méditative (2).
(1) Bouche, Hist. de Prov.,t. 1%.
(2) Nous devons, à ce sujet, relever une erreur fort accréditée, même parmi les hommes les plus instruiis. On croit généralement que ce genre de peinture, resté longtemps perdu, a été retrouvé depuis un
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Cependant Charlemagne, tout en accordant une protecüion particulière à l’art des Zeuxis et des Apelles, con-
tribua, sans le vouloir, à continuer sa décadence. Ses guerriers, au lieu d'aller à l'ennemi, comme les anciens, le visage, les bras et les parties inférieures du corps à découvert, furent enveloppés d'acier, portèrent un casque, un haubert, des brassards, des cuissards, des gantelets et des grèves (1).
Cette révolution dans la manière de combattre, réagissant sur les habitudes de la vie, acheva de faire oublier les formes humaines, le moelleux des contours, la souplesse et la grâce des mouvements. Dès lors, le jeu des muscles et jusqu'à la place des articulations ne s'offrirent qu'imparfaitement à la pensée de l'artiste, qui, au lieu d'études profondes sur la nature, n’eut plus à
petit nombre d’années seulement. Jamais la peinture sur verre ne fut pour nous un secret; et, si les travaux exécutés de nos jours n’ont pas l’éclat et cette force d’opacité admirés à juste titre dans les vitraux du moyen âge, c’est que l’industrie moderne, par suite du peu d'emploi, je ne dirai pas des verres coloriés, mais de la peinture sur verre, ce qu’il ne faut pas confondre , n’avait aucun intérêt à faire les dépenses exigées pour cette espèce de fabrication. A-t-on jamais, par exemple, donné 4 à 5 millimètres d'épaisseur au verre, comme cela se voit dans certains vitraux de la sainte Chapelle, à Paris? Quant aux couleurs, une seule, le rouge, est restée jusqu’à présent inférieure à celle que l’on employait au x° et au xi° siècle. Mais, si un grand élan était imprimé à cette branche de l’art, nos devanciers certainement ne tarderaient pas à être égalés en tous points; nous aurions même sur eux l’avantage immense de la correction du dessin et de la finesse des tons.
(1) Pièce en fer semblable à une moitié de bottine, qui garantissait le devant de la jambe.
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retracer que des costumes, ou bien des pièces d’armures.
Ainsi, malgré les efforts persévérants de Charlemagne pour donner un brillant essor à la peinture, par suite d'un fâcheux concours de circonstances, elle perdit pourtant, sous le règne de ce prince, et de sa vérité et de son style.
La musique, au contraire, fut nécessairement plus heureuse ; car, si elle ne parvint pas à s'élever beaucoup, elle ne put au moins descendre, puisqu'elle en était encore, pour ainsi dire, à ses premiers essais.
Nous n’entrerons pas, comme on le pense bien, dans de grands détails sur l’origine de cet art, n1 sur ses progrès SUCCessifs; nous renverrons, à ce sujet, aux ouvrages spéciaux. Nous nous contenterons de dire que, dans les Gaules, les druides, ou plutôt les bardes, du mot celtique bard (chanteur), furent les premiers inventeurs de la musique et imaginèrent une gamme septenaire, qui donna naissance à la lyre à sept cordes [L).
Les premiers chrétiens apportèrent de grandes améliorations à la musique, en cherchant à la faire servir à leurs cérémonies religieuses. [ls empruntèrent aux paiens leurs intervalles mélodiques et les appliquèrent à des hymnes, à des cantiques, à des psaumes, qu’ils chantaient à l'unisson ou à l’octave, sans s'accompagner
(1) Voir l’Origine des premières sociétés, 127 vol., Amst., 1770. 1 9
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d'aucune espèce d'instrument. Ces chants se transmettaient oralement, de génération en génération, faute d'un système de notation quelconque. Ce ne fut qu'après de longs et laborieux tâtonnements que les Grecs, comme le prouve le mode lydien, indiquèrent les seize ou dix-huit sons dont se composa leur échelle diatonique, avec les lettres de leur alphabet.
Vers la fin du 1v° siècle, saint Ambroise, archevêque de Milan, et saint Augustin, qui fut, en 395, coadjuteur du siége d'Hippone, travaillèrent ensemble à recueillir toutes les cantilènes grecques ou hébraïques, pour mettre à profit les inspirations des temps antérieurs, et composèrent le Te Deum, tel qu'il se chante encore de nos jours (1).
Si, dans le v° siècle, la musique resta, pour ainsi dire, stationnaire, 1l faut croire cependant que les voix et les mélodies avaient alors un grand charme, puisque Grésoire de Tours assure qu'à Reims, l'an 496, la cérémonie du baptême de Clovis fut embellie par une musique dont le roi parut émerveillé.
D'un autre côté, nous savons que Théodoric, roi des Wisigoths, stipula, dans un traité de paix avec Clovis, que le roi des Francs lui enverrait « une troupe de musiciens et un habile guitariste (2). »
(4) Auguste Blondeau, Hist. de la musique moderne. (2) La guitare de cetie époque était probablement la cithare des an-
ciens, qui avait également six cordes.
Tant d'admiration pour un art encore dans l'enfance, et pour un instrument tel que celui que nous venons de nommer, nous porterait presque à demander : Qu'est-ce que le beau en musique ?... Mais, comme cette question pourrait soulever contre nous de violentes attaques, nous ne risquerons pas ces paroles imprudentes. D'ailleurs on nous répondrait sans doute : Nos sens, aussi bien que notre esprit, ne jugent que par comparaison. Par conséquent, si nous ne connaissons rien de préférable à ce que nous entendons ou voyons, cette chose est pour nous digne d'être préférée et admirée. Cela est vrai. Mais alors il s'ensuit que le beau, s’il s’agit d'un art, n'ayant pas pour objet limitation de la nature, est une qualité relative et ne saurait jamais être une qualité absolue; car le temps apporte bientôt des démentis aux appréciations basées seulement sur une illusion ou sur un caprice.
Au vi° siècle, Grégoire le Grand, frappé de l’irrégularité du chant religieux, employa ses soins à y remédier, et il montra tant de discernement dans ce travail, que la musique grégorienne ne tarda pas à remplacer partout la musique de saint Ambroise.
C'est ce pape qui a substitué les sept premières lettres de l'alphabet romain, A, B, C, D, E, F, G, aux signes grecs indiquant les intervalles diatoniques la, si, ut, ré, mi, fa, sol, et qui, de sa propre main, a écrit l’Antiphomare, ou recueil d'antiennes, d’offices, etc., aujourd’hui