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des miracles partout, et les historiens eux-mêmes faisaient, pour les moindres choses, intervenir le ciel. Grâce à ce moyen, ils étaient certains d'agir d'autant plus vivement sur les esprits, qu'ils s’éloignaient davantage de la vérité; par conséquent, l'intérêt de ieur popularité les engageait à user, sans réserve, de cet innocent arüfice. Aussi l’auteur cité par nous n'a-t-1l pas été arrêté par la réflexion bien simple, que les comtes de Toulouse ne purent avoir des armorries avant d’être élevés par la faveur souveraine à une dignité héréditaire. Or, d'après des témoignages irrécusables, l’hérédité des titres et des fiefs n'eut lieu, nous le verrons, que près d'un siècle plus tard.
Laissant de côté la partie fabuleuse de ce récit, on y trouve, sur Chorson, plusieurs détails intéressants pour l'histoire. Il nous le montre faisant le siége de Bayonne, s'emparant de cette place, et amenant les habitants à se convertir au christianisme. Étant déjà alors comte de Toulouse, il faut donc que ses services antérieurs, et surlout ceux qu'il avait pu rendre à Charlemagne dans son expédition contre les Sarrasins, lui eussent valu d’être élevé à un poste réservé, dit un chroniqueur, au terrible et glorieux Roland, s'il n’eût péri dans la fatale retraite de Roncevaux.
Selon quelques critiques, Chorson descendrait du duc Eudes, ancien gouverneur de l’Aquitaine, et Charlemagne, en lui donnant le duché de Toulouse, n'aurait fait
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que le réintégrer dans des droits dont il avait été injustement dépouillé. Cette opinion ne repose sur aucun document historique ; cependant elle semble acquérir une certaine vraisemblance des circonstances mêmes qui ont amené la disgrâce de Chorson.
Bien que Louis gouvernât l’Aquitaine, Charlemagne n’en avait pas moins conservé toute son aulorité sur ce royaume. On sait qu'après s'être emparé des Etats du duc des Gascons, pour avoir surpris son arrière-garde dans les gorges des Pyrénées lors de son retour d’Espaone, l'empereur rendit à Adalaric ou Adalrich, fils de ce duc, en considération de son extrême jeunesse, une partie des provinces dont il était appelé à hériter. Mais, dès qu'Adalrich fut en âge de porter une épée, il oublia ce qu'aurait dû lui rappeler la reconnaissance, fit un appel à ses sujels, et se mit en révolte ouverle contre le roi Louis. |
Chorson assembla aussitôt des forces pour le combattre. Soit qu'il eût perdu de sa vigueur et de sa résolution première, soit que les souvenirs qui lattachaient aux ducs des Gascons exerçassent une influence puissante sur ses déterminations, 1l manqua d'énergie en présence d’Adalrich, fut battu à la première rencontre, et resta de sa personne au pouvoir du vainqueur. Celui-ci lui offrit la liberté, mais à des conditions humiliantes pour le prince dont 1l avait eu la confiance; néanmoins le comte de Toulouse accepta, et, après avoir