‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 33 sur 68 · us · texte numérisé non relu

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compromis les Imtérêts de son souverain, il ajouta encore à sa faute en promettant au duc de Gascogne de ne jamais prendre les armes contre lui, lors même que Charlemagne l'exigerait impérativement.

Louis, voulant punir Adalrich de sa trahison, le somma de venir rendre compte de sa conduite devant une assemblée générale du royaume. Le duc ne consentit à obéir à cet ordre que si on lui donnait des otages pour répondre de sa personne, et cet acte de prudence fut une inspiration heureuse. Le conseil du roi, craignant pour la vie de ceux qu’on avait eu la faiblesse de remettre aux mains d’Adalrich, le déclara absous, et lui permit de rétourner dans ses domaines.

Charlemagne ne pouvait approuver un pareil jugement. Il résolut de laïsser le sort d’Adalrich à la décision d'une diète convoquée à Worms, et il ordonna en même temps à Chorson, non moins coupable à ses yeux que le duc de Gascogne, de comparaître aussi devant cette as semblée.

Le duc de Toulouse vint en effet, et 1l se présenta dans une attitude suppliante, comme un homme accablé sous les reproches de sa conscience. Puni de sa félonie par la perte de son gouvernement et de toutes ses dignités, 1l alla, exilé de sa patrie, finir tristement des jours commencés dans l'éclat de la grandeur et de la

gloire. La même condamnation frappa également Adalrich.

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Toutefois, si Chorson s’écarta de certains devoirs, il sut au moins se faire aimer des peuples sous ses ordres ; car toutes les chroniques s'accordent à louer son désintéressement, son courage et son équité. Un historien [1) pousse l'admiration à son sujet jusqu'à dire : « Sans « qu'il était chrétien, il eût été colloqué entre les « dieux. »

Nous entrerons ici dans quelques détails sur le système administratif adopté pour le royaume d’Aquitaine, dès l’an 778, parce qu'il fut continué jusqu'en 987, sous les comtes de Toulouse successeurs de Chorson.

Les comtes, choisis toujours parmi les hommes les plus distingués de l'État, étaient chargés de rendre la justice, soit par eux-mêmes, soit par ceux de leurs officiers que l'étude des lois rendait aptes à remplir ces fonctions. |

Ils avaient des audiences publiques, ou plaids {placitum), pendant la tenue desquels 1l leur était prescrit d'être à jeun. Cette précaution, il faut le dire, si elle n'était pas superflue et de pure forme, donnerait lieu de suspecter la tempérance de ceux auxquels alors on accordait le titre d'ullustres.

Les comtes connaissaient également des affaires civiles et criminelles, et ils devaient surtout surveiller les causes

{4) Noguiez, Hisioire tolosaine.

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intéressant les femmes sans défenseurs, les enfants sans soutiens, les pauvres et les églises.

Des assesseurs appelés juniores, pour les distinguer des magistrats d’un ordre plus élevé nommés senores (1), leur préparaïent et leur facilitaient ce travail.

Immédiatement après les comtes, venaient les wicaru ou vicaires; ceux-Ci, plus tard, prirent le nom de viguiers ; puis au-dessous des vicaires, les centeniers. De sorte que, chaque comté était divisé en vicairies ou vigueries, et ces dernières en districts particuliers formant des centuries, ou, d’après d'anciennes chartes, des m1nisterium ou aisse (2).

Parmi les vicaires, un d'eux exerçait une autorité supérieure sur les autres, c'était le lieutenant général du comte, son remplaçant en toute espèce de circonstances. On l’appela d'abord vidame, ensuite vice-comes ou vicomie.

Les viguiers et même les centeniers tenaient aussi des plaids dans l'étendue de leur ressort, pour prononcer sur les affaires peu importantes; et, en outre, il y avait, dans chaque comté, un certain nombre de juges appelés scabini ou échevins, sorte d'officiers municipaux, conseillers du comte dans ses audiences publiques, ce qui leur avait fait donner le titre d’adjutores

(4) Origine, sans doute, de la qualification de seigneur. {2} Voir Catel, Histoire générale du Languedoc.

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comitum. Probablement, ces échevins éclairaient les questions et formulaient les jugements. Ces fonctions exigeaient une instruction d'autant plus grande, qu'il fallait, pour les remplir, être au courant de la jurisprudence de chacun des peuples de l’Aquitaine, c’està-dire être familiarisé avec la loi romaine, la loi des Wisigoths et la loi salique.

Dans les plaids convoqués par les comtes, figuraient encore les bonshommes, sorte de prud'hommes que l’on consultait sur les matières spéciales, et qu’au besoin on recevait en témoignage.

Primitivement les évêques, les abbés et les vassaux du roi siégeaient, sans aucune exception, aux plaids du comte; mais les hauts dignitaires de l’Église ne tardèrent pas à s’y faire représenter par des délégués, autrement dit, des vidames ou avoués.

Les vicaires ou viguiers, les centeniers, et tous les juges inférieurs, étaient amovibles; cependant ils ne perdaient guère leurs emplois que pour prévarication ou incapacité. Le comte, pour désigner leurs successeurs, attendait une de ces assemblées générales, qui, tenues au moins deux ou trois fois l'année, permettaient à tout individu de faire connaître, par un vote, son opinion et sa volonté. |

Indépendamment des assemblées dont nous venons de parler, il en était d'autres par duchés et provinces, où les missi dominici, commissaires du souverain, exa-

de 49 minaient avec soin les abus signalés dans l'administration et la justice. Devant elles, quiconque avait des plaintes à porter pouvait le faire avec assurance et liberté. Rien ne dispensait les comtes, vicomtes, centeniers, etc., d'être présents à ces réunions solennelles. |

Le monarque choisissait lui-même ces envoyés parmi les évêques, les abbés, les comtes du palais ou des provinces, et les vassaux immédiats de la couronne. Ils allaient ordinairement deux ensemble, l’un ecclésiastique, l’autre séculier. L'État les défrayait pendant leur voyage, el tous ceux auxquels le roi avait accordé des terres en bénéfice ou en fief (1) étaient obligés de les héberger gratis.

Enfin, chaque année, au commencement du mois de mai, le roi d'Aquitaine présidait une diète générale du royaume, à laquelle toutes les personnes constituées en dignité assistaient forcément. Là se traitaient les affaires d'une grande importance pour l'État, et se discutaient les questions d’un intérêt général pour le pays.

Ainsi les assemblées provinciales prononçaient sur ce qui ne méritait pas d’être mis sous les yeux du comte, et celui-ci, pour les causes dont il devait connaitre, rendait un jugement définitif, à moins qu'il ne ren-

(1) Voir l’Introduction.

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voyàt la décision à prendre aux commissaires du souverain, dont les arrêts devenaient également sans appel. On ne recourait au roi que dans le cas d’un déni de justice.

Le roi d'Aquitaine, avec son conseil, élait le juge ordinaire des comtes, des évêques et des vassaux immédiats.

Telle fut l'organisation de l’Aquitaine jusqu'au temps où les comtes de Toulouse, après avoir obtenu l'hérédité pour leurs possessions et leurs titres, c’est-à-dire jusqu'au règne de Charles le Chauve, se considérèrent comme de véritables souverains. Mais, on vient de Île voir, ces comtes, dans le principe, furent de simples gouverneurs de province (1); et, si la reconnaissance ou la politique de Charlemagne avait fait Chorson comte et duc, il suffit de la volonté du maître pour le dépouiller de son autorité et de ses honneurs.

Chorson révoqué, Charlemagne pensa aussitôt à lui trouver un successeur. Les hommes capables ne manquaient pas autour du monarque; mais, pour être duc d'Aquitaine, il fallait un zèle et un dévouement à toute cpreuve, car les provinces méridionales se montraient constamment inquiètes ou agitées, et la frontière d'Es-

(1) L'auteur de la Chronique de Saint-Denys dit, en parlant de Chorson ou Torsin : « Il perdit sa comté n’estant pas, en ce temps, les comiés « par héritage, mais comme bailliage, que l’on ostoit et mettoit suivant « le cas. »

Guillaume, 2° comte de

Toulouse.

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pagne, entre toutes, demandait, à cause du voisinage des Sarrasins, le plus de surveillance et le plus d’habileté.

Guillaume fut celui sur lequel s'arrêta le choix de Charlemagne. Fils du comte Théodoric et d'Aldana, on prétend que, du côté de son père, 1l tenait d'assez près à la famille souveraine {1).

Théodoric, nommé mal à propos Aymeri par quelques auteurs, ayant contribué aux succès de Charlemagne dans ses guerres contre les Saxons, en avait été probablement récompensé par le don d'un duché ou d'un gouvernement général au delà du Rhin.

Quoi qu'il en soit, Guillaume, né sous le règne de Pepin le Bref, fut appelé, très-jeune encore, à la cour de Charlemagne. Ce prince, charmé de sa raison autant que de ses qualités comme homme de guerre, le fit successivement comte du palais, capitaine de la première cohorte de sa garde, et après lui avoir confié, en diverses occasions, des missions difficiles, 1l finit par l'admettre dans son conseil.

Les anciennes chroniques de Bourgogne le qualifient connétable de France. Cela tient, sans doute, à ce quil avait été nommé camérier ou chambellan. Cette charge élant alors la première du royaume, les écrivains venus ensuite ont donné à Guillaume le ütre le

(4) Voir l'Hisloire géncrale du Languedoc, par dom Vaisselle.

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plus élevé, celui qui, de leur temps, exprimait le mieux sa haute position et son importance.

Ce comte, surnommé par ses contemporains Guillaume au cort nez, a été le sujet d’une foule de récits merveilleux et de fables extravagantes (1). Il peut lutter à cet égard avec les chevaliers de la Table ronde, et l’on s'étonne que son nom ait échappé à l'imagination ardente et vagabonde de l’Arioste. Mais si ses exploits, sa valeur et sa piété ont servi de texte à beaucoup de légendes romanesques et bizarres, 1l nous est néanmoins parvenu , au milieu de ces contes fantastiques, des documents aussi vrais que curieux, qui nous éclairent sur les principales circonstances de sa vie.

À peine arrivé à Toulouse, Guillaume dut marcher contre les Gascons rebelles. Ces peuples, fort attachés à leurs ducs, n'eurent pas plutôt appris le jugement prononcé contre Adalrich par la diète de Worms, qu'ils se soulevèrent pour soutenir ses droits. Le nouveau comte, par sa fermeté et son adresse, réussit à apaiser des troubles qui, sans sa prudence, auraient pu agiter fort longtemps le royaume d'Aquitaine (2). On croit que, pour obtenir la soumission si prompte d’une population connue surtout par sa volonté opiniâtre, 1l dut promettre de finir

(4) Parmi les productions de l’époque qui sont arrivées jusqu’à nous, on remarque : Le connétable Guillaume au cort nez, Le charroy de Nismes, Le moinage de Guillaume, etc.

(2) Voir l’Astronome, Vie de Louis le Débonnaire.

l'exil d'Adalrich, et de rendre à ce prince et à son fils Centule, encore enfant, l'héritage du duc des Gascons. En effet, nous voyons, d’après différents historiens, Adalrich ne pas tarder à se retrouver à la tête de son gouvernement.

Le roi étant alors éloigné de l’Aquitaine, tout commandait à Guillaume de rétablir promplement la paix dans les provinces laissées sous son autorité; car les embarras se succédaient chaque jour, et chaque jour lui Ru une responsabilité plus grande.

Louis, d'après les ordres de Charlemagne, avait quitté momentanément ses Étals, pour porter secours à son frère Pepin, roi d'Italie, attaqué inopinément par les Bénéventins; et, cette expédition terminée, il était allé rejoindre son père retenu alors en Bavière.

Pendant ce temps l'Espagne éprouvait des commotions violentes. À la mort d'Abdérame, roi des Sarrasins, ses fils s'étaient disputé le trône, et [ssem, vainqueur de ses frères, avait fini par mettre la couronne sur sa tête. Devenu maître de presque toute la Péninsule ibérique, ce prince voulut profiter de l'absence du roi d'Aquitaine pour s’emparer de la Septimanie. Une armée conduite par Abdelmelec, après avoir ravagé la Marche d’Espagne, franchit les Pyrénées et pénétra jusqu'aux faubourgs de Narbonne, en portant avec elle la dévastation et l'incendie.

Abdelmelec prenait la route de Carcassonne, lorsque, dans la vallée de Villaseigne, il trouva Guillaume qui l’attendait sur l'Orbieu (1), pour l'empêcher de passer cette rivière. À la première nouvelle de l'invasion des Sarrasins, le duc s'était hâté d'appeler à lui les troupes dispersées de tous côtés, et de rallier les comtes et les marquis, dont les efforts n'avaient pu défendre la frontière contre l'agression imprévue des Infidèles.

Les deux armées se sentaient également animées d’une ardeur impatente : l'une croyait marcher à une guerre sainte sous la protection de son prophète; l’autre, encouragée par l’image du Sauveur, combattait pour sa foi, sa famille et son pays. Elles ne tardèrent pas à en venir aux mains, et elles se heurtèrent avec la même furie : mais les Sarrasins, ayant résisté au premier choc, obtinrent ensuite l'avantage, et finirent par mettre les Français dans une déroute complète. Guillaume opposa longtemps son courage à la mauvaise fortune et se distingua, en cette occasion, par des prodiges de valeur. Ce fut seulement quand il se vit presque abandonné au milieu des ennemis, qu'il songea à se retirer avec le petit nombre

(1) L’Orbieu ou Orbiou est un petit cours d’eau qui prend sa source dans les contre-forts septentrionaux des Pyrénées et va se jeter dans l’Aude.

= 0 — d'hommes décidés, à son exemple, à se sacrifier à leurs devoirs. |

Le duc de Toulouse, dans cette journée malheureuse, fit preuve de tant de présence d'esprit et montra un dévouement si rare, que sa défaite, loin de nuire à sa réputation d'homme de guerre, ajouta, au contraire, à l'admiration excitée déjà par ses hauts faits. Les romanciers célébrèrent à l’envi et ses exploits et sa vaillance; puis les poëtes se plurent à l’entourer d’une auréole mystérieuse. Dans leurs chants populaires, les fictions remplacèrent bientôt la vérité, et d’un personnage historique fort remarquable Guillaume devint ainsi, à l'exemple de Roland, une espèce de mythe, que les traditions nationales se léguèrent de siècle en siècle, pour rendre un éclatant hommage à l’héroïsme d’un brave, et pour inspirer aux nobles cœurs l’amour de la gloire et de la patrie.

Les Sarrasins, cependant, ne retirèrent aucun fruit de leur victoire, etregagnèrent presque aussitôt les Pyrénées. Trop affaiblis par leurs pertes, peut-être craignirent-ils de s'engager davantage dans une entreprise périlleuse ; mais il est encore plus vraisemblable qu'ils furent rappelés en Espagne par les succès d’Alphonse, roi d'Aragon, et par la nécessité de rejoindre promptement celles de leurs troupes restées dans l’intérieur du royaume.

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Les Maures ne se contentèrent pas d’emporter de la Septimanie un immense et riche butin, ils emmentrent avec eux un nombre considérable de gens du pays, qu Issem employa à la construction de la mosquée de Cordoue. D’après un auteur espagnol (1), ces peuples, dans cette campagne, se rendirent maîtres de Narbonne, et obligèrent les habitants à transporter, depuis cette ville jusqu'en Andalousie, les matériaux reconnus propres à l'achèvement de l'édifice religieux qu'ils faisaient élever dans leur capitale.

Malgré l'échec de Guillaume sur les rives de l'Orbieu, Charlemagne n’hésita pas à lui donner encore le commandement de ses troupes, lorsque, fidèle à ses engagements envers Abdallah, frere du calife, il fit franchir les Pyrénées à son armée d'Aquitaine pour aller attaquer El-Hakem mis, par les Sarrasins, en possession du trône. À cette époque, les chrétiens reprirent Narbonne et, poursuivant leurs succès, s’emparèrent de Girone et s'avancèren( jusque vers l'embouchure de l'Ébre.

Un peu plus tard, Louis, renforcé par les Gascons, les Bourguignons et les Provençaux, résolut aussi d'enlever à ses dangereux voisins la ville de Barcelonne. Dans ce dessein, 1l partagea son armée en trois corps. Le premier, sous la conduite du comte de Girone, fut chargé

(1) Roder-Talet, historien arabe. C. 20.

de l'attaque de la place ; le second, commandé par le duc Guillaume, eut pour mission de se porter au delà de Barcelonne, pour attendre et combattre les forces qui viendraient de l'intérieur de l'Espagne; et le troisième, sous les ordres du roi, resta campé dans le Roussillon, prêt à soutenir l’un ou l’autre de ses lieutenants, si la chose devenait nécessaire (1).

El-Hakem, roi de Cordoue, après avoir mis fin d’une manière heureuse à la guerre suscitée par ses oncles, profita de ce moment de repos pour tâcher de délivrer Barcelonne; mais l’armée envoyée par lui, ayant appris, à Saragosse, qu'un corps ennemi considérable se trouvait placé de manière à lui barrer le passage, n'osa pas engager une aclion sérieuse; elle changea de route, se dirigea sur les Asturies, et, dans cette marche mal calculée, elle se fit tailler en pièces par le roi Alphonse.

Le duc de Toulouse, rassuré complétement de ce côté, alla rejoindre:le corps laissé sous les murs de la place, et le blocus fut alors tellement resserré, que les assiégés se virent bientôt réduits aux extrémités les plus dures. Plusieurs d’entre eux, préférant la mort à d'horribles privations, se précipiiérent du haut de leurs murailles.

{1} Cetie réserve se tenait bien loin du théâtre des opérations, car il y a au moins cinq à six journées de marche de Perpignan à Barcelonne.

Néanmoins, les Infidèles continuaient à se défendre avec acharnement, dans l'espoir que l'hiver obligerait les Francs à renoncer à leur entreprise.

L'événement ne répondit point à cette attente; les chrétiens , résolus à ne pas suspendre leur attaque , se construisirent des abris autour des remparts, et ils attendirent patiemment le retour de la belle saison. |

Barcelonne, ne pouvant prolonger davantage sa résistance, consentit à capituler, et le roi d'Aquitaine accourut pour assister à sa reddition. Cependant cette forteresse n’ouvrit ses portes que six semaines plus tard, après un blocus de près d’un an et demi, et un siége de sept mols.

L'auteur de la vie de Louis le Débonnaire, en citant les chefs qui coopérèrent à cette conquête, donne à Guillaume le ütre de premier porte-enseigne de la couronne (1).

Ce siège a été, pour les poëtes du temps, une occasion de mettre en scène le sage et héroïque due de Toulouse. Ermoldus Nigellus nous le montre devant la place, occupé, nuit «et jour, à encourager ses hommes décimés par les privations et la misère. Les assiégés, nous

(4) Un ancien Martyrologe de l’abbaye de Gellone lui donne aussi le titre de comte palatin. (Voir les notes jointes à l'Histoire générale du Languedoc.)

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