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devons donc le croire, n'étaient pas les seuls à souffrir d'un dénüment extrême. Nous rapporterons, d’après Ermoldus, l’allocution d’un Sarrasin à Guillaume, et la réponse attribuée à ce preux.
« Quelle est donc votre folie, à Franks! Pourquoi donc user le reste de vos forces à battre ces murs épais ?.. Aucune ruse, aucun stratagème ne peut vous rendre maîtres de cette ville. Nous avons des vivres en abondance; de la viande, du miel ; vous, malheureux | vous n’avez que la famine. — A cela, le duc de Toulouse répondit : Orgueilleux Sarrasin! écoute ces paroles; elles sont rudes et te déplairont, mais elles seront vraies. Tu vois ce cheval tigré sur lequel j’observe vos remparts? Eh bien! ce cheval sera déchiré et broyé sous mes dents, avant que notre armée s’éloigne de cette ville. Nous achèverons ce que nous avons commencé. — En entendant ces mots, le Sarrasin frappe de son poing noir sa noire poitrine, ses ongles tracent de sanglants sillons sur son visage rembruni ; désespéré, frappé par la terreur, il tombe mort sur la terre (1). »
Lorsqu'un historien, qui vivait à une époque très-
rapprochée de la prise de Barcelonne; raconte sérieuse-
(4) Voir les notes jointes à l'Histoire générale du Languedoc.
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ment des anecdotes de cette nature, on comprend combien les faits extraordinaires et romanesques ont dû se multiplier dans les légendes écrites plus tard, et qui, toutes, cherchaient à exciter l'intérêt de leurs lecteurs par l'étrangeté des aventures.
Le vieux roman, en vers francais, intitulé Guillaume au cort nez, NOUS à paru assez Curieux, Sous Ce rapport, pour en transerire 101 un fragment.
Ce poëme est divisé en plusieurs chants. Le premier, sous le titre des Enfances, parle des premières années de Guillaume, que l’auteur prétend être le fils d'un paladin appelé Aymeri, auquel Charlemagne avait donné la ville de Nimes. Ce monarque ordonne à Aymeri de se rendre à sa cour avec toute sa famille. Guillaume refuse d'abord de s'éloigner des lieux où ses yeux se sont ouverts à la lumière (1); son seul désir est d'aller faire la guerre à la gent Apolin, c'est-à-dire aux Sarrasins. Cependant il finit par suivre son père.
La partie du poëme intitulée le Charroy de Nismes, fait connaître le moyen employé par Guillaume pour s'emparer de l'ancienne Nemausus, encore au pouvoir des Infidèles. C’est cette portion de l'ouvrage que nous
(4) L'auteur de ce roman se trompe en faisant naître Guillaume à Narbonne; il était né dans le royaume de France. Au surplus, bien d’autres erreurs ont été commises par lui.
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