‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 42 sur 68 · AN · texte numérisé non relu

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commissaire du roi dans ces provinces, n'est autre que Gaucelme, désigné quelquefois sous le nom de Gaucelin.

Ainsi Bernard, le fils aîné de Guillaume (1), qui va bientôt jouer un rôle important, et devenir ou un grand coupable ou une illustre victime, ne succéda pas immédiatement à son père. Deux raisons s’y opposaient : Charlemagne avait trop de prudence pour vouloir rendre les dignités héréditaires, et, même avec le désir de faire une exception en faveur d’une famille alliée à la sienne et d’un serviteur digne de son affection, Bernard était alors trop jeune, trop inexpérimenté pour que l’on püt remettre en ses mains le comté de Toulouse.

Les chroniques ne sont pas d'accord sur le successeur immédiat de Guillaume ; cependant il faut bien admettre que ce fut Raymond Raphinel, un des officiers de Charlemagne, puisqu'il existe une charte (2), dont on peut

(1) Du Mège pense que le comte Bera, fait comte de Barcelonne en 811, pourrait bien aussi être un fils du duc Guillaume. Suivant lui, cette faveur lui aurait été accordée en mémoire des services de son père, lors de la prise de cette place.

Après la proscription de Bera, Charlemagne, ayant donné, en 820, le gouvernement de Barcelonne à Bernard, fils de Guillaume, M. du Mège croit voir, dans cet acte, le désir de conserver une haute dignité dans la famille de l’ancien duc d'Aquitaine; mais, nous l’avouons, celte raison, dénuée, d’ailleurs, de toute preuve, ne nous semble pas assez péremploire pour nous ranger à l'opinion de l’annotateur de l’Histoire générale du Languedoc.

(2) Voir Mab., ab anno 793.

fixer la date à l'an 810 {1}, dans laquelle un Raymond Raphinel prend la qualification de due d'Aquitaine.

Or nous savons qu'à cette époque on désignait par ce titre celui qui, étant comte de Toulouse, avait, en outre, le gouvernement de plusieurs autres comtés.

Cette charte contient, d’ailleurs, une disposition de nature, selon nous, à lever toutes les incertitudes à ce sujet. Par cette pièce, dont personne ne nie l'authenticité, Raymond Raphinel, duc d'Aquitaine, donne à l’abbaye de Saint-Tiberi la terre de Lombez (2), dans le Toulousain, et un autre fief situé dans le comté de Nîmes. Ainsi son autorité s’étendait à la fois, on n'en saurait douter, et sur le comté de Toulouse et sur la Septimanie.

Au reste, l'histoire ne nous dit rien sur le compte de ce personnage; mais on explique ce silence et par le désavantage qu'il eut de venir après un paladin d’un trop haut renom et par la tranquillité dont jouissait le pays lorsqu'il en prit le commandement. Le manque de détails sur la vie de ce prince ne doit donc pas nous porter à le rayer de la liste des comtes de Toulouse, comme l'ont fait quelques auteurs, puisqu'un document, contre lequel il n’est aucune objection possible, en constate positivement l'existence.

(1) Voir du Mège, notes de l'Histoire générale du Languedoc.

(2) Par suite de cette donation fut fondé, en ce lieu, un monastère, qui devint bientôt l’origine de la ville de Lombez, sur la Save, à une dizaine de lieues de Toulouse.

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