‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 43 sur 68 · BE · texte numérisé non relu

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On lit, il est vrai, dans le continuateur d'Aimoin : « Bérenger succéda à Guillaume , » et les annales contemporaines sont d'accord sur ce point avec cet auteur. Mais cela ne üendrait-il pas à ce que Raymond Raphinel à été trop peu de temps au pouvoir pour donner lieu de parler de lui. D'ailleurs il se pourrait aussi qu'il eût exercé les fonctions d’une charge dont Guillaume, par suite de la haute estime du souverain, serait, sa vie durant, resté le titulaire.

Ces explications ne paraïtront peut-être pas suffisamment concluantes, nous sommes loin de le contester; cependant nous accepterions des suppositions moins bien fondées encore, avant de nous décider à admettre la possibilité que, sous un maître comme Charlemagne, un des seigneurs de sa cour se füt permis de prendre, dans un acte public, le titre de duc d'Aquitaine, et de faire des donations au nom de l'empereur, s’il n’eût été parfaitement en droit de tenir une semblable conduite.

La mort de Charlemagne mit la couronne impériale sur la tête de Louis, surnommé le Débonnaire, de ce prince qui ordonna des cruautés sans être cruel, prit la faiblesse pour une vertu, et, qui, contrairement à sa maxime, Rien de trop, resta toujours en decà du but ou bien le dépassa. Ne sachant pas se faire aimer, ne pouvant pas se faire craindre, il n’eut pour lui ni les grands, ni l’Église, ni le peuple. Incapable de suivre les traces

glorieuses de son père, il voulut néanmoins l’imiter, et, dans cette intention, il fit la seule faute que, peut-être, Charlemagne eût commise ; il partagea, de son vivant, ses Etats entre ses fils : Lothaire, comme on le sait, se trouva associé à l'empire; Pepin devint roi d'Aquitaine, et Louis monta sur le trône de Bavière, ce qui le fit appeler le Germanique.

Le royaume d'Aquitaine, dont on détacha alors la Septimanie et la Marche d'Espagne, subit bientôt une modification importante dans son organisation intérieure. Il fut divisé en deux duchés ou gouvernements généraux : celui de Toulouse ou d'Aquitaine, comprenant la province ecclésiastique de Bourges, celle de Bordeaux presque entière, et une portion de l’ancienne Narbonnaise, c'est-à-dire les comtés de Carcassonne et de Razès; et, en second lieu, le gouvernement de Gascogne, formé du duché de ce nom et de la partie de la Narbonnaïse restée sous l’autorité immédiate du roi.

Pepin, à peine en possession de son royaume, dut recourir aux armes pour y maintenir la paix, car des troubles sérieux éclatèrent de nouveau dans les provinces voisines des Pyrénées.

Adalrich, nous l’avons dit, après la révolte et l'exil du duc des Gascons, avait obtenu de rentrer dans l’héritage de ses ancêtres; mais, à son exemple, Loup Centule son fils, à peine en âge de se mettre à la tête des troupes, se souvint de la rigueur montrée par Charlemagne en-

Bérenger, 4 comte de Toulouse.

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