‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 45 sur 68 · LEON · texte numérisé non relu

LEON

Dès l’an 820 {1}, c’est-à-dire lorsqu'il était à peine en àge de remplir de hautes fonctions, 1l figurait déjà comme comte de Barcelonne et duc de Septimanie, dignités réunies toujours alors sur la même tête, comme l'étaient également celles de comte de Toulouse et de duc d'Aquitaine (2).

Bernard, l’un des chevaliers les plus renommés de son époque, joignait à tous les avantages extérieurs un esprit d'intrigue et une adresse qui auraient assuré sa fortune, s'il n'avait eu d’autres titres à l'attention particulière du souverain; mais son courage et son intégrité lui valurent surtout la bienveillance de l’empereur. Tandis que la plupart de ceux qui défendaïent les frontières du côté de l'Espagne se laissaient corrompre par l'or des Sarrasins, et n'opposaient qu’une résistance apparente aux attaques des Infidèles, lui, n'oubliant jamais l’honneur ni le devoir, répondait aux propositions de l'ennemi en repoussant, les armes à la main, leurs entreprises de chaque jour.

Louis le Débonnaire, décidé à introduire des réformes dans l’Église, comprit facilement le parti qu’il pourrait tirer d’un caractère tel que celui de Bernard, et combien les conseils d’un homme capable et résolu lui seraient utiles pour la conduite des affaires du royaume. Il ap-

(1) Voyez les notes de l'Histoire générale du Languedoc. (2) Voir Catel, Baluze, Lecointe, Mabillon, ete.

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pela le due de Septimanie près de sa personne, le fit camérier où grand chambellan, charge la première de l'Empire, et, lui accordant bientôt une confiance sans bornes, il finit en quelque sorte par lui abandonner les rênes de l'État.

Une élévation et si rare et si prompte devait nécessairement susciter à Bernard beaucoup d’envieux. On connaissait, d’ailleurs, son attachement pour le roi Pepin, et cette raison seule suffisait pour faire déclarer les autres princes contre lui. Ceux-ci, en effet, dans l'intention de le perdre, prétendirent qu'il abusait, à leur égard, des pouvoirs illimités remis entre ses mains par l'imprévoyance du monarque; mais ils ne se contentèrent pas de cette imputation vague et insignifiante, ils lui supposèrent des torts de nature à lui aliéner le souverain et la nation.

Quoique nous nous soyons fait une règle d’écarter de notre récit toute digression étrangère aux comtes de Toulouse, la vie du duc Bernard se trouve si intimement liée à l'histoire de Louis le Débonnaire et à celle de ses fils, qu'il nous est impossible de ne pas dire ici quelques mots des scènes déplorables dont la cour de France offrit bientôt le spectacle.

Nous avons vu Louis le Débonnaire partager ses États entre Lothaire, Pepin et Louis; cependant l’empereur avait un quatrième fils appelé Charles, né d’un second mariage avec Judith de Bavière. Cette princesse, hau-

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