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III. — Le clergé diocésain

Quoique les synodes diocésains soient un excellent moyen, vanté par tous les conciles orientaux, pour maintenir le contact entre l'évêque et son clergé et promulguer une législation locale efficace, en fait, ils n'ont jamais eu lieu qu'en dehors des patriarcats. Depuis l'érection de la province ecclésiastique roumaine en 1853 jusqu'à celle d'un cinquième diocèse roumain en 1930, il y a eu dix synodes diocésains à Blaj et quatre synodes dans chacun des trois diocèses suffragants; chez les Ruthènes, depuis 1850, il y en a eu six à Lwow, deux à Stanislawow, un à Pzemysl et dans chacun des diocèses de Subcarpathie. Un synode pour l'exarchat russe se tint à Pétrograd en 1917.

Les conciles maronite de 1856, syrien de 1888, arméniens de 1890 et de 1911, copte de 1898, melkite de 1909 placent à côté de l'évêque un syncelle ou vicaire général; celui-ci ou un autre prêtre délégué peut présider le tribunal diocésain 1.

Tous les diocèses roumains et ruthènes, ceux de Krizevci et d'Hajdudorog, le diocèse arménien de Lwow, et l'abbaye nullius de Grottaferrata ont un chapitre cathédral de chanoines. Veri 1850, le patriarche arménien fit du clergé patriarcal de Bzommar un chapitre de chanoines et voulut que les évêques en érigeaftenl dani leur diocèse; le Saint-Siège supprima le chapitre de Bznmmar m 1867

i. La Constitution du 6 janv. 1950 (can. 40, | 1) laissa aux évéqw le loin de décider s'il y a lieu de confier au vicaire général lei fonction! d'offtcial ou de Cféer un vicaire judiciaire distinct.

et s'opposa à l'érection de chapitres dans le cadre des patriarcats. Lors de la vacance du siège épiscopal, en Roumanie et en Galicie, les chanoines choisissent le vicaire capitulaire et souvent aussi un économe, pour les affaires temporelles; cependant le métropolite ruthène doit confirmer ces nominations dans les diocèses suffragants. Les synodes chaldéen et syrien de 1853 prévoient que l'évêque choisira un prêtre pour administrer, à sa mort, le diocèse vacant, mais, d'après le concile syrien de 1888 et l'usage suivi dans les autres patriarcats, la désignation est généralement faite par le patriarche.

La dignité de chorévêque est définie comme celle d'un inspecteur du clergé, par le concile syrien de 1888; mais, tandis que cette assemblée ne prévoit qu'un titulaire par diocèse, le concile arménien de 1911 semble en admettre plusieurs. Le doyen ou chef de district porte chez les Italo-Albanais le nom de vicaire forain et chez les Coptes celui de qommos. Le concile copte de 1898 permet à l'évêque de déléguer au qommos des pouvoirs judiciaires en ce qui concerne le statut personnel des chrétiens. En 1856, le gouvernement austrohongrois voulut supprimer les tribunaux des protoprêtres du diocèse roumain de Fagaras; le synode électoral de Blaj, en 1858, s'élève contre cette prétention; les conciles provinciaux roumains de 1872 et 1882 généralisent l'institution; le synode diocésain de Lugoj, en 1882, définit les limites des circonscriptions judiciaires protopopales, cependant que celui d'Oradea décide de surseoir momentanément au règlement de cette question. Les conciles copte et roumain précisent que ces tribunaux de district n'agissent que par délégation de l'évêque et qu'on peut faire appel du délégué au délégant 1. Chez les Ruthènes, l'appellation de protoprêtre fait place, à la fin du xixe siècle, à celle de doyen, au point que le synode de Lwow de 1906 se croit autorisé à réserver le premier titre à un nouveau dignitaire, qui surveille un territoire groupant plusieurs doyennés.

Une dignité propre à l'Église arménienne est celle des docteurs ou vartapets; il y a les docteurs mineurs et majeurs, pouvant être nommés par le patriarche ou par les évêques, et les docteurs suprêmes ou mitres, dont la désignation est réservée au patriarche. Le clergé arménien porte la tonsure; le clergé chaldéen a un turban de format spécial; la soutane est d'usage général. Les dignitaires orientaux non évêques arborent assez facilement du violet et des insignes honorifiques de tous genres.

1, La Constitution du 6 janv. 1950 (can. 406 et 93, § 3) rejette cette possibilité, mais permet à l'évêque de déléguer de façon habituelle ses pouvoirs à des juges locaux, siégeant avec du personnel recruté sur place.

Une des caractéristiques de l'Orient chrétien, au cours du xixe siècle, est la multiplication des maisons de formation cléricale. Le séminaire patriarcal melkite d'Aïn-Traz a été rétabli de 1866 à 1874 et de 1879 à 1898; il perdit de son importance du fait de l'ouverture, à Jérusalem, en 1882, par les Pères Blancs d'Afrique, d'un séminaire pour le clergé melkite, mais il a été organisé en 1948 comme maison d'études pour les hommes mariés voulant assurer le ministère des campagnes. Des clercs syriens étaient formés dans le cadre d'une communauté régulière existant auprès de la résidence patriarcale de Charfeh, qui s'est transformée en séminaire proprement dit en 1841. Le séminaire patriarcal copte, fondé à Tahta (Haute- Egypte) en 1899, fut dès le début peu florissant; il fut réorganisé en 1927 et transféré à Tanta (Basse-Egypte) en 1947, en même temps qu'un petit séminaire qui avait été ouvert au Caire en 1927. Le projet de séminaire patriarcal chaldéen arrêté au concile de 1853 n'a jamais été réalisé. Le concile maronite de 1856 s'occupe des quatre séminaires patriarcaux : deux furent fermés lors de la première guerre mondiale; les deux autres et quelques séminaires diocésains vécurent difficilement, jusqu'à ce qu'un séminaire central fût créé et confié aux jésuites, vers 1935. De même que le séminaire syrien, le séminaire patriarcal arménien de Bzommar survécut au transfert de la résidence patriarcale; de nos jours, cependant, les séminaristes n'y viennent plus qu'en vacances; ils suivent les cours chez les jésuites, à Beyrouth, et demeurent en ville dans un internat qui leur est particulier. Les séminaires arméniens diocésains n'existent plus.

Si, dans le cadre des patriarcats, les séminaires diocésains ont été rares, ils ont au contraire été très florissants en dehors des patriarcats, jusqu'à la deuxième guerre mondiale. A côté du séminaire théologique de Blaj, celui de Gherla fut créé en 1859; celui d'Oradea- Mare organisa en 1924 son propre enseignement au lieu de demeurer un simple internat. Les diocèses ruthènes eurent chacun leur grand séminaire; celui de Lwow devint le siège d'une faculté qui pu1 donner les grades académiques. Un séminaire récemment organisé à Culenv borg, en Hollande, pour les Ruthènes de l'émigration, a permis à ceux qui avaient commencé leurs études cléricales <l<- les terminer, mais n'a depuis presque plus de recrutement.

Différentes congrégations religieuses latines oui établi des maisons de formation pour le clergé oriental, qui oui été plus ou moins prospères. Signalons-en deux qui sont encore accessibles ;1 plusieurs rites. Les jésuites fondèrent un séminaire central orienta] à Gazir, en 1845, qui fut transporté, en 1875, à Beyrouth; il admet même des séminaristes latins et confère des grades universitaires. Les domi«

nicains créèrent à Mossoul, en 1877, un séminaire pour les rites chaldéen et syrien.

Le Saint-Siège participa au mouvement général en multipliant en faveur des Orientaux les occasions de faire leurs études philosophiques et théologiques à Rome. Pie IX fonda, en 1858, au Collège grec, quatre bourses pour les Roumains, qui reçurent un collège propre en 1931; les Ruthènes avaient obtenu le leur dès 1896. Le Collège maronite a été ouvert à nouveau en 1891, à un autre endroit que précédemment; les Arméniens ont leur maison d'études depuis 1883 et les Éthiopiens depuis 1919; le Russicum a été créé en 1921, pour les Russes ou pour ceux qui se destinent à la Russie. Tous ces établissements ne sont que des internats; les séminaristes suivent les cours à une des universités pontificales latines, l'Institut oriental de Rome — faculté supérieure créée par Benoît XV en 1917 et confiée aux jésuites par Pie XI en 1922 — n'étant accessible jusqu'ici qu'à ceux qui ont déjà fait leurs études préparatoires au sacerdoce. Les séminaristes orientaux séjournant à Rome sont en général des jeunes gens qui renoncent au mariage; le célibat est obligatoire chez les Italo-Albanais et chez les Malabares, dans les ordinariats byzantins en Grèce et en Turquie, ou ruthènes en Amérique. La conférence arménienne de 1867, les conciles syrien de 1888 et melkite de 1909 font de l'ordination d'un clerc marié un cas qui devrait être de plus en plus rare ; le concile copte de 1898 voudrait supprimer tout à fait cette tolérance, mais, dans la pratique, ces normes n'ont pu être observées. Le concile provincial roumain de 1872 insiste pour que les séminaristes n'épousent qu'une jeune fille de leur rite; certains synodes diocésains ne tolèrent d'autres mariages que moyennant le paiement d'une amende.

Malgré ses promesses répétées, le gouvernement austro-hongrois n'avait jamais doté de façon stable d'autres paroisses roumaines que celles du diocèse d'Oradea-Mare. Aussi voyons-nous les conciles provinciaux, et les synodes des autres diocèses, se préoccuper du sort matériel des curés et des vicaires. Ce n'est qu'à partir du 1er janvier 1908 que les traitements officiels furent partout alloués. Tous les synodes légifèrent au sujet des fonds diocésains pour les vieux prêtres et pour les veuves et orphelins du clergé; ils fixent aussi avec précision la part de la veuve dans les revenus d'une cure, tant que dure la vacance de celle-ci. Chez les Ruthènes de Galicie, les ressources du clergé étaient fort suffisantes : selon le concile de 1891, deux tiers du casuel vont au curé, un tiers aux vicaires. Le concjle melkite de 1909 accepte une proportion analogue. Le règlement de 1888 pour la nation arménienne prévoit, à côté de la souscription nationale, une cotisation paroissiale; celle-ci était destinée à rem-

placer les dons que faisaient les familles au prêtre du clergé local qu'elles choisissaient pour leur conférer les sacrements et devait aller de pair avec une organisation paroissiale régulière, qui, en fait, ne s'implanta que peu à peu.

La récitation privée du bréviaire est rendue obligatoire pour les chanoines par le concile provincial roumain de 1872 ; à partir du diaconat, par le concile syrien de 1888, tout au moins selon l'office férial; par le concile ruthène de 1891, suivant un schéma abrégé, mais sous peine de faute grave dès qu'une heure est omise; par le concile copte de 1888, complété par un décret de la conférence épiscopale de 1930, imposant le bréviaire nouvellement paru; par le concile melkite de 1909 (mais ce concile n'a pas été approuvé); à partir du sous-diaconat, par le concile arménien de 1911, suivant un schéma abrégé et sub gravi. Une généralisation de cette obligation supposerait aussi la diffusion de bréviaires contenant un office ramené à de justes proportions — la récitation chorale, qui se fait en partie les jours d'obligation, étant en général longue et supposant des livres liturgiques multiples et encombrants.

Depuis le milieu du xixe siècle, le nombre des écoles s'est fort développé dans les pays de rite oriental, tant par les efforts du clergé diocésain que par ceux des congrégations latines établies sur place, de sorte que, souvent, il existe en un même lieu plusieurs écoles dirigées par du personnel de rites différents. En effet, les conciles syriens de 1866 et de 1888, arméniens de 1890 et de 1911, et melkite de 1909 encouragent l'érection d'écoles primaires partout où se trouvent des membres du clergé de ce rite. Les Melkites et les Arméniens créent des collèges secondaires estimés, mais ce sont surtout les Ruthènes et les Roumains qui organisent le système le plus complet d'enseignement, avec des écoles normales pour former leur propre personnel laïque. Parmi les catéchismes parus à l'intention des enfants de rite oriental, signalons notamment celui, en arabe, du prêtre melkite Pierre Géraygyry, le futur patriarche (paru à Zahlé en 1872) ; celui de l'évêque Nyaradi, de Krizevci (publié à Zagreb en 1919); celui publié en grec par les soins de l'Ordinaire byzantin Georges Calavassy (paru à Constantinople en 1921).

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