IV. — La vie monastique et religieuse
Le moine prêtre arménien Mkhitar, passé à l'Union, fonda en 17(M», à Constantinople, un institut religieux qui emigra en Morée en 1702, prit le nom d'Ordre de Saint-Antoine et adopta des constitutions inspirées de la Règle de saint Benoît, puis Be ii\;i. SB 1717, dans l'ilc Saint-Lazare à Venise. Les constitutions furent approuvées par
Clément XIII en 1762; en 1773, une partie de la communauté partit pour Trieste, puis pour Vienne. Venise et Vienne devinrent le siège de deux congrégations monastiques distinctes, qui ont chacune un abbé général et disposent d'une typographie propre; elles fondèrent l'une et l'autre une maison à Constantinople. Mais les vrais antonins de l'ancien patriarcat furent ceux qui s'établirent à Kraïm (Liban) en 1721 ; ils abandonnèrent cette maison en 1868, pour se transporter à Constantinople, et prirent parti contre le Saint-Siège lors du schisme arménien de 1871; ils ont périclité depuis, et, de nos jours, ont complètement disparu. Les moines chaldéens catholiques, fondés en 1808, reçurent en 1830 le patronage de saint Hormisdas et des constitutions reprises, moyennant quelques adaptations, aux antonins maronites.
De même que, chez les Melkites, Saint-Sauveur fut au début le siège d'une communauté qui devait être le centre de formation du clergé et devenir le lieu de la résidence patriarcale, les patriarches arménien et syrien organisèrent respectivement à Bzommar et à Charfeh une communauté qui aurait la direction du séminaire patriarcal. Mais, si la discipline régulière disparut à Charfeh vers 1840, l'institut de Bzommar subsista; la Congr. de la Propagande avait insisté, toutefois, pour que ces instituts ne puissent recruter des séminaristes qu'une fois les études de ceux-ci terminées. Depuis qu'elles ne se font plus à Bzommar, beaucoup de membres de l'institut sont employés à diverses fonctions dans les diocèses.
Les moines basiliens d'Italie, qui devaient ce nom à l'origine orientale de leurs fondations, furent réunis en une même congrégation par Grégoire XIII, en 1579. La sécularisation de 1866 n'épargna que le couvent de Grottaferrata, qui reçut de nouvelles constitutions en 1900 et essaima après la première guerre mondiale; devenu, depuis 1937, monastère exarchique sous l'autorité d'un archimandrite, il possède aujourd'hui une imprimerie estimée. Les basiliens ruthènes de Galicie furent, en 1882, exemptés par le Saint-Siège de l'autorité des Ordinaires et soumis à une réforme dirigée par des jésuites; en 1896, ils reçurent de nouvelles constitutions; en 1922, la réforme s'étendit aux monastères de l'ancienne Hongrie et, en 1925, elle rendit vie à celui de Bicsad, en Roumanie; en 1931, un archimandrite fut de nouveau placé à la tête de tout l'ordre, qui fut mis, l'année suivante, sous le patronage de saint Josaphat; il y avait une typographie à Zolkiev et Uzhorod. L'origine des salvatoriens melkites explique pourquoi ils ne s'appliquèrent pas dès le début à l'élaboration de constitutions monastiques; plus tard, ils observèrent celles des chouérites. Après une visite apostolique des trois branches de basiliens melkites par des bénédictins, le Saint-
Siège leur a donné, le 17 janvier 1934, de nouvelles constitutions communes et a formellement reconnu la qualité d'ordre monastique aux salvatoriens. Sans prononcer le mot d'exemption, ces nouvelles constitutions libèrent pratiquement les moines de l'autorité de l'Ordinaire, sauf lorsqu'ils exercent un ministère extérieur, cas longuement traité par un règlement spécial joint en appendice aux constitutions. Basiliens ruthènes (depuis 1882) et basiliens melkites (depuis 1934) font précéder la profession solennelle de vœux triennaux, qui sont de nature mixte, c'est-à-dire qu'ils n'ont le caractère de vœux perpétuels que pour celui qui les émet l.
Le concile maronite de 1856 rappelle énergiquement la discipline traditionnelle aux moines et moniales et ajoute quelques détails d'application; il encourage les baladites dans l'organisation de leur imprimerie, aujourd'hui à Saidat al-Maunat; c'est ce même concile qui impose aux dévotes de suivre la règle de Carali. Le métropolite André Szeptycki a voulu rétablir un type de monachisme byzantin plus authentique que ceux existant jusqu'alors chez les catholiques orientaux, en fondant, en 1901, les studites ruthènes2; depuis 1921, il existe également des moniales studites.
Mais la caractéristique de la vie religieuse orientale, à partir du milieu du xixe siècle, est la création de nouvelles congrégations, qui s'adonnent surtout à l'apostolat spécialisé : chez les hommes, celui de la parole et de la presse; chez les femmes, l'éducation des jeunes filles et les œuvres charitables. Ce sont, d'une part : les missionnaires maronites libanais, fondés en 1840, mais organisés seulement en 1865 comme congrégation à vœux simples, et établis dans le couvent de Kraïm, acheté aux antonins arméniens; ils ont une imprimerie au Liban et une à Buenos- Aires; les missionnaires syriens de Saint-Éphrem, fondés en 1872 à Mardin, provisoirement encore MUQË vœux; les missionnaires melkites de Saint-Paul, société sans vœux fondée en 1908 à Harissa (Liban), où ils créèrent une typographie; la fraternité malankarésienne de l'Imitation du Christ, fondée en 1916, passée à l'Union en 1930; d'autre part, pour ne citer que les principales avec leur date de fondation : les sœurs arméniennes de l' Immaculée-Conception de Constantinople (1852), avec lesquelles ont fusionné, après la première guerre mondiale, les autres coi
1. La Constitution du 9 févr. 1952 (can. 110) veut que, dans tous les or«l congrégations de rite oriental ayant des vœux perpétuels, MUJ d total! procédés par une profession triennale, temporaire même pour celui qui Innet.
2. La Constitution du 9 févr. 1952 remet en Imum-ur un tel monachiunt rent des ordres et congrégations puisque chaque monastère demeure autonome le noviciat sera normalement de trois ans, la profession majeur. poufTC immédiatement suivre si le candidat a 21 ans accomplis (can. 88, 108).
gâtions féminines mentionnées par le concile arménien de 1911; les servantes ruthènes de Marie- Immaculée (1892); les sœurs maronites de la Sainte- Famille (1895); les eucharistines bulgares (1910); les sœurs coptes du Sacré-Cœur (1912) ; les sœurs roumaines de la Mère de Dieu (1921); les filles de Sainte-Macrine, pour le rite italo-albanais (1921) ; les sœurs de la Theotocos Pammacaristos, à Athènes (1921); les sœurs chaldéennes de l' Immaculée-Conception (1922); les sœurs malankarésiennes de l'Imitation du Christ (1915) passées à l'Union en 1930; les sœurs melkites du Perpétuel Secours (1935); depuis cette dernière création, les religieuses salvatoriennes et chouérites ont accepté également des candidates qui se vouent à une activité apostolique extérieure.
Plusieurs congrégations religieuses latines ont des rameaux ou des tiers ordres réguliers de rite oriental.