VI. — Messe et eucharistie
La Congr. de la Propagande publia à Rome, en 1767, un missel pour les Chaldéens, contenant le texte syriaque de la liturgie des Apôtres, c'est-à-dire celle d'Addaï et Mari, le texte syriaque et karchouni des épîtres et des évangiles. Les dominicains imprimèrent en 1901, à Mossoul, un nouveau missel comportant, outre la liturgie des Apôtres, celles dites de Théodore et de Nestorius, appelées simplement deuxième et troisième messes, et les parties propres aux dimanches et aux fêtes, sauf les leçons. Une édition sérieusement remaniée fut faite à Rome en 1936. Les Syriens catholiques employèrent des missels manuscrits jusqu'en 1843, date à laquelle la Congr. de la Propagande imprima à leur intention la liturgie de saint Jacques, avec six autres anaphores, c'est-à-dire des formulaires particuliers pour la partie eucharistique de la messe; le missel publié par le patriarche Rahmani en 1922 ne comporte que cinq autres anaphores, d'ailleurs en partie différentes de celles de 1843. Un missel syro-malankarésien parut en 1934. Les Coptes utilisaient la liturgie de saint Basile, les anaphores de saint Grégoire et celle de saint Marc, dite aussi de saint Cyrille. Les trois textes furent publiés à Rome en 1736, par le savant copte Tuchi. Au Caire parurent en 1898 une première, puis en 1902 une seconde édition d'un euchologe copte catholique. Un livre contenant les prières essentielles que doit réciter le prêtre, lors de la messe chantée arménienne, parut à Rome en 1642; il fut réédité en 1670, puis, avec les corrections de Basile Parsegh, en 1677; le patriarche Hassun fit paraître un missel complet, pouvant surtout servir pour la messe basse, en 1879. Le liturgicon gréco-arabe melkite de 1839 fut réédité par l'imprimerie impériale et royale de Vienne en 1862, à Beyrouth en 1889 et, avec certaines modifications, en 1900. La confrérie stauropégiaque de Lwow publia le liturgicon slave en 1866; le concile de Lwow de 1891 indique les modifications à apporter; la confrérie fait une nouvelle édition en 1905; une autre, revenant absolument à la pureté du rite fut publiée à Rome en 1942. Un liturgicon en roumain parut à Blaj en 1905 et en 1931; en hongrois (avec certain es en rc<:
à Nyiregyhaza en 1920; en russe, à Rome, en 1942. Un missel éthiopien catholique fut publié à Asmara en 1907, un autre à Rome •■..
1945; une nouvelle édition du missel maronite se fit à Beyrouth en 1908.
Les conciles syrien de 1888, copte de 1898, arméniens de 1890 et 1911 permettent quotidiennement plusieurs messes par église et par autel; le concile de 1888 demande que, lorsque l'évêque a célébré au maître-autel, une seule liturgie chantée puisse encore y avoir lieu, éventuellement, ce jour-là, tandis que le concile de 1890 dit que, si l'évêque a célébré solennellement au maître-autel, il faut demander la permission au prélat pour y dire la messe après lui; le concile de 1911 ne reprend plus cette dernière règle.
Chez les Coptes et chez les Arméniens, la liturgie eucharistique est permise tous les jours, sauf le vendredi saint; le jeudi saint, il n'y aura qu'une messe par église chez les Arméniens; l'évêque et les prêtres concélébreront d'après le concile copte de 1898. Le missel syrien de 1922 prévoit encore la liturgie des présanctifiés, dite de saint Basile, pour les jours de semaine en Carême. Le concile melkite de 1909 maintient comme ultime principe que, lorsqu'il y a plusieurs autels dans une église, il n'y aura qu'une seule messe au principal d'entre eux et que la liturgie des présanctifiés aura lieu aux jours prescrits dans les églises cathédrales et conventuelles, l'Ordinaire pouvant autoriser la célébration eucharistique partout ailleurs; le troisième concile provincial roumain de 1900 permet à l'Ordinaire d'autoriser la célébration de plusieurs messes quotidiennes par autel ou de la liturgie de saint Jean Chrysostome au lieu de celle des présanctifiés; le synode italo-grec de 1940 maintient la célébration de cette dernière liturgie tous les mercredis et vendredis du Carême et les trois premiers jours de la semaine sainte dans les cathédrales et, sauf induit du Saint-Siège, dans les églises paroissiales. Une nouveauté, assez contraire au rite oriental, mais imposée par les circonstances (pénurie de prêtres et multiplication des lieux de culte), fut le binage; les conciles chaldéen et syrien de 1853, arméniens de 1890 et de 1911, et roumain de 1900, admettent que l'évêque puisse l'autoriser; dans un décret du 1er février 1933, la Congrégation Orientale déclare que, dans le rite byzantin, le binage ne peut avoir lieu que moyennant permission écrite du Saint-Siège, ou de l'Ordinaire habilité par lui à cet effet, et pour de graves motifs; elle promulgue les rubriques liturgiques à observer.
La liturgie ne peut être célébrée à l'intérieur des maisons privées que dans des cas très particuliers; les conciles chaldéen et syrien de 1853 supposent la permission de l'évêque; le concile syrien de 1888 exige une véritable nécessité ; les conciles copte de 1898 et arméniens de 1890 et 1911 n'admettent cette célébration que dans les lieux où il n'y a pas encore d'église; les conciles arméniens précisent que la
messe ait lieu dans une pièce qui ne pourra plus être employée à des usages domestiques. Le synode italo-grec de 1940 demande que, si la liturgie se célèbre hors de l'église, on choisisse toujours un lieu décent.
Syriens, Chaldéens, Coptes, Italo-Grecs usent du pain fermenté; le concile copte de 1898 permet l'emploi de raisins pressés, à défaut de vin ordinaire. Chez les Syriens catholiques, le concile de 1853 voulut introduire la communion sous la seule espèce du pain, mais ceux de 1866 et 1888 exigent qu'après le « Notre Père » de la messe le prêtre partage le pain consacré en plusieurs fragments, laisse tomber dans le calice ceux qui, pris avec la cuillère, serviront à sa propre communion ou à celle des diacres et des moines, puis humecte simplement de quelques gouttes du précieux sang les autres fragments, qu'il donnera de sa main aux clercs inférieurs et aux fidèles ou qui serviront à la réserve eucharistique. Chez les Chaldéens, les fidèles reçoivent d'abord une parcelle du pain consacré, puis boivent au calice, mais chez les catholiques on a pratiquement supprimé ce dernier rite. Les Arméniens catholiques ne donnent plus la communion que sous l'espèce du pain; leur concile de 1890 prévoit toutefois que, si les dissidents reviennent en grand nombre à l'Unité, ils pourront conserver l'usage de communier sous les deux espèces, mais le concile de 1911 ne parle plus de cette tolérance. Selon le concile copte de 1898, prêtres et diacres communient au pain consacré, puis au précieux sang; les autres clercs et les fidèles reçoivent une parcelle de pain dont une partie a été trempée dans le calice; l'eucharistie est conservée au tabernacle sous la seule espèce du pain et donc donnée sous cette seule forme en dehors de la messe. Chez les Melkites, on admit d'abord que le prêtre conservât dans le ciboire des parcelles humectées du précieux sang lors de la liturgie, non seulement pour le viatique, mais aussi pour la communion en dehors de la messe; ensuite, la communion put également être donnée d'une façon analogue pendant la messe, l'usage de la cuillère tendant de plus en plus à disparaître; ces dispositions sont celles qu'adopta le concile de 1909. Vu le mode de conservation de l'eucharistie, celle-ci doit être renouvelée tous les trois jours, selon les conciles syrien de 1888 et melkite de 1909; ce dernier demande même le renouvellement quotidien dans les régions maritimes; le synode italo-grec do 1940 exige le renouvellement deux fois par semaine en été, une foi hiver; par contre, les conciles copte de 1898, arménien! de L890 dl 1911 admettent que le renouvellement ait lieu tOUI lei quinte jours, puisqu'il ne s'agit que de l'espèce du pain.
Les conciles syrien de 1888, copte de 1898, arméniens de 1890 et 1911, melkite de 1909, interdisent de donnn lYmliaiistin aux en-
fants avant l'âge de raison; ils insistent sur le jeûne eucharistique et, de même que les synodes chaldéen de 1853 et italo-grec de 1940, sur l'obligation de la communion pascale. Le concile melkite de 1909 reproduit l'essentiel du décret de la Congr. du Concile du 7 décembre 1906, sur la dispense du jeûne eucharistique pour les malades, mais il est évident qu'il appartient au Saint-Siège seul d'étendre le bénéfice de telles mesures aux chrétientés orientales. Selon le concile maronite de 1856, le curé distribuera un certificat daté à ceux qui font leur communion pascale dans sa paroisse; à l'issue du temps pascal, il réunira ces certificats et donnera à ceux qui n'ont pas encore communié trente jours pour le faire, sous peine de dénonciation à l'évêque. Le concile syrien de 1888 impose d'assister à la liturgie eucharistique tout entière chaque jour d'obligation; le concile copte du Caire déclare explicitement que la messe dominicale peut être entendue dans n'importe quel rite; les synodes chaldéen de 1853, arménien de
1911, italo-grec de 1940 formulent d'une façon toute générale l'obligation d'assister à la messe. En 1893, la Congr. de la Propagande concéda la faculté de communier habituellement dans un autre rite à ceux qui n'avaient pas sur place d'église ou de prêtre de leur rite; en 1894, Léon XIII l'accorda également dans le cas où l'église propre était trop éloignée, mais, selon une déclaration de la Congr. de la Propagande de 1896, les dispositions de 1893 et 1894 ne valaient pas pour le devoir pascal et le viatique, sauf cas de nécessité. En
1912, Pie X étendit à tous les fidèles le libre choix du rite pour les communions de dévotion. Le Code de droit canonique de 1917 supprima pour les Latins l'obligation stricte de faire la communion pascale dans leur paroisse et dans leur rite. La Congrégation Orientale déclara, le 31 octobre 1922, que les Orientaux devaient continuer à la faire dans leur rite propre, puis annula cette décision le 25 mars 1925.