‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1102 sur 1172 · X. — Jeûnes et fêtes · texte numérisé non relu

X. — Jeûnes et fêtes

La réduction du nombre des jours de jeûne et des fêtes d'obligation, déjà commencée précédemment, prend un rythme accéléré à partir des années 1850.

1. La Constitution de 1949 (can. 57) généralise l'empêchement, n'acceptant plus la puberté de fait.

2. La Constitution de 1949 (can. 58-59) reproduit, en matière d'impuissance et relativement au lien d'un mariage antérieur, les dispositions du Code latin de 1917.

3. La Constitution de 1949 (can. 32) respecte tous les pouvoirs de dispense que les hiérarques orientaux posséderaient en vertu de privilèges ou du droit particulier, et leur en accorde elle-même de fort larges ; elle reconnaît notamment aux patriarches le droit de dispenser du 4e degré oriental de la consanguinité en ligne collatérale.

Dans le patriarcat arménien de Cilicie, en dehors du Grand Carême, chaque mois était marqué par une semaine de pénitence; le concile de 1851 souhaite ne maintenir que celles précédant la fête de saint Grégoire Y Illuminateur (sauf le samedi, car cette fête mobile tombait toujours ce jour-là), l'Assomption, la Noël", les conciles de 1890 et 1911 statuent dans ce sens.

Le concile chaldéen de 1853 réduit le temps de pénitence avant Noël à neuf jours; celui précédant le 29 juin, à deux jours; celui avant l'Assomption, à cinq jours; les conciles syriens de 1853 et 1866 prescrivent respectivement neuf, quatre et huit jours d'abstinence. Le Saint-Siège n'approuva pas ces conciles et supprima du texte du synode syrien de 1888 une règle analogue, qui s'imposa cependant dans la pratique. Le concile copte de 1898 permet, selon les lieux, de commencer l'abstinence de Noël le 14 novembre ou le 9 décembre et celle des Apôtres le 15 ou le 26 juin, mais maintient le début de celle de l'Assomption au 1er août.

Par suite de la confusion, chez les fidèles, entre les notions de jeûne et d'abstinence, le concile roumain de 1872 constate que le jeûne n'est plus pratiqué qu'aux principales vigiles, tandis que la durée primitive des abstinences est encore généralement observée. Le concile ruthène de 1891 réduit en Galicie les abstinences des quatre carêmes à trois jours de la semaine, sauf pendant la première et la dernière semaine du Grand Carême. Le schéma de 1901 pour le futur concile melkite prévoit une mesure analogue, mais le texte même de 1909 se borne à attribuer au patriarche et aux évêques de larges pouvoirs de dispense. Le synode italo-grec de Grottaferrata, en 1940, maintient le jeûne pendant le Grand Carême, aux 5 janvier, 29 août, 14 septembre, 24 décembre; l'abstinence en ces quatre jours, les 28 juin et 14 août, ainsi que tous les vendredis de l'année, les mercredis et toute la dernière semaine du Grand Carême.

Les principales solennités de l'ancien Orient chrétien étaient Pâques, la Pentecôte, l'Epiphanie. La célébration du 25 décembre est d'origine romaine; elle ne se propagea que graduellement en Orient, jusqu'à ce que l'empereur Justin II (565-578) la rendît obligatoire dans tout l'empire byzantin. L'adoption de la fête de Noël entraîna celle des fêtes qui en dépendent : 25 mars, 24 juin, 1er janvier, 2 février; au vrai, dans la liturgie syrienne, elles forment double emploi avec les mystères célébrés aux dimanches de novembre el de décembre. Les Arméniens n'adoptèrent pas l'i main; ee

fut le concile de Florence qui le leur imposa; cependant le concile de Bzommar, en 1851, reconnaît qu'il ne s'est pas encore introduit partout. Le concile arménien de 1911 réduit les joins d'obligation, en dehors des dimanches, aux cinq fêtes romaines, moins la Saint-

Jean-Baptiste, et à six autres solennités. Le concile chaldéen de 1853 énumère dix-sept fêtes de précepte obligatoires dans tout le patriarcat; le concile syrien de 1853 réduit le nombre de ces fêtes à dix-neuf; celui de 1866 le porte à vingt-quatre; celui de 1888 demande au Saint-Siège de le ramener à nouveau à vingt, ce qui est l'observance actuelle. Le concile copte de 1898 énumère dix-neuf fêtes d'obligation; en 1907, le Saint-Siège réduit ce nombre à neuf. Le concile melkite de 1909 supprime onze jours de précepte.

Les Syriens avaient accepté le calendrier grégorien en 1836; les conciles arménien de 1851 et chaldéen de 1853 en souhaitent l'adoption générale; chez les Arméniens, cependant, la question fut longtemps débattue avec véhémence : le concile de 1911 adopte officiellement le nouveau calendrier, mais la promulgation de cette décision, en 1913, soulève de nouveaux incidents. Les évêques de Hajdudorog, de Mukatchevo et de Prechov se mettent d'accord en 1916 pour suivre le comput grégorien; l'Eglise roumaine unie s'y rallie en 1924. Dans le diocèse copte d'Alexandrie, le calendrier julien a été réformé en 1903.

Les facteurs nouveaux qui ont fait depuis un siècle la force de l'organisation ecclésiastique orientale unie sont : le développement de la hiérarchie — élargissement des frontières ou rétablissement de patriarcats, nouvelles provinces ecclésiastiques, multiplication des diocèses ou ordinariats; l'ouverture de nombreux séminaires ou maisons d'études cléricales; l'extension du système scolaire contrôlé par le clergé du rite ; la réforme des ordres monastiques existants et la création de congrégations religieuses vouées avant tout à l'apostolat extérieur; l'organisation d'imprimeries et la publication des livres liturgiques propres à chaque rite.

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