‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1104 sur 1172 · Georges II, patriarche jacobite · texte numérisé non relu

Georges II, patriarche jacobite

diath, qui s'étaient fait excuser de ne pouvoir venir, ils envoyèrent par écrit leur vote.

S. Exe. Mgr Benoît Planchet, délégué apostolique de la Mésopotamie, y assistait, député par le Saint-Siège pour surveiller le vote et le synode que les évêques avaient décidé de tenir après l'élection. Le 1er décembre, fut élu à l'unanimité Son Excellence Mgr Antoine Samhiri, qui prit le nom d'Ignace; aussitôt après s'ouvrit le synode, qui se termina le 14 janvier 1854, et dont une copie des actes fut envoyée à Rome pour être examinée et approuvée par le Saint-Siège.

Exhortation de Sa Béatitude Mgr le Patriarche et des évêques du rite.

A nos fils chers et bien-aimés, prêtres, notables et fidèles de la nation syrienne.

Il vous faut bien comprendre que, renouvelé par son retour à la foi catholique, notre rite avait besoin aussi de revenir à l'observance des lois saintes, étant resté si longtemps dans les ténèbres de l'hérésie et du trouble, sans la direction de l' Esprit-Saint, qui ne donne ses lumières qu'aux enfants de la vraie foi. C'est pourquoi, aussitôt après l'élection patriarcale, nous nous sommes réunis pour un synode, en présence de notre frère Mgr Benoît Planchet, délégué apostolique de la Mésopotamie, désigné par le pontife romain pour présider l'assemblée en son nom.

En vous présentant les prescriptions et ordonnances de ce synode pour vous exhorter à les observer, nous invitons votre piété à remercier d'abord avec nous la miséricorde divine qui nous a manifesté une tendresse visible, a mis entre nous l'union parfaite, et a enflammé nos cœurs d'un zèle puissant, afin que nous nous en servions par tous les moyens possibles, pour votre profit spirituel et le salut éternel de vos âmes. Vous n'ignorez pas que cet accord est nécessaire pour édifier, comme il ressort de la parole divine : « Lorsque deux ou trois s'assemblent en mon nom, je serai parmi eux »; et qu'au contraire : « Toute maison qui se divise s'écroule ». Dès lors, nous espérons que par la force de cet accord Dieu bénira nos fatigues, et que notre communauté se développera par le retour de nos frères égarés à la bergerie du Bon Pasteur, qui est notre Sauveur Jésus-Christ.

Nous vous prions donc, fils bien-aimés, d'implorer avec nous la Majesté divine et la Vierge Marie^ N.-D. de la Délivrance, dans le couvent et sous le patronage de laquelle nous nous sommes réunis, implorant son intercession, afin que se maintienne parmi nous tous cet accord très désiré et très utile, qui se parfait par les liens de l'amour et par l'obéissance des inférieurs à leurs chefs légitimes. Et si vous désirez sincèrement que notre Mère la Sainte Église se console par le retour de ses enfants séparés d'elle, il vous faut montrer à tous le bon exemple, par votre fidèle conduite et par cette pratique de la vertu qui est demandée à tous les vrais disciples du Christ. Dès lors, nous vous exhortons, et nous engageons votre piété à se renouveler dans une foi ardente, à garder fidèlement les préceptes divins et les

prescriptions ecclésiastiques, à persévérer dans la réception des sacrements qui sont les sources des grâces divines, un puissant moyen de sanctification et de salut pour vos âmes. Vous savez ensuite que notre Sauveur J.-C. a institué une seule Église, en dehors de laquelle il n'est point de salut. Et comme le Seigneur est l'arbre qui donne la vie et la grâce, toute branche qui se sépare de Lui s'étiole et meurt. Demeurez donc attachés avec persévérance à votre foi, qui est la vraie foi ; évitez soigneusement les maîtres de l'erreur, qui apportent des enseignements nouveaux et une religion perverse qui n'est pas la religion du Christ et de sa Sainte Église. Remerciez la bonté divine qui vous a fait don de la foi droite qui est la foi des saints, la foi des martyrs, la foi des élus pour le Royaume céleste, la vraie et unique foi; et proposez-vous de vivre et de mourir selon l'enseignement de cette foi.

Cette religion nous enseigne nos devoirs et nos engagements chrétiens, qui sont : a) aimer Dieu qui nous a créés et qui nous conserve toujours, et aimer notre prochain quel qu'il soit, d'un amour vrai, selon le commandement du Seigneur, qui par amour pour tous s'est livré à la mort sur le bois de la croix; — b) supporter les misères et les tentations de cette vie, par lesquelles nous apprenons que nous n'avons pas un domicile permanent sur cette terre et que, selon la parole de notre Sauveur J.-C, « celui qui persévère jusqu'à la fin sera sauvé et acquerra le repos éternel dans l'Église des saints ».

Et, afin que vous gardiez cette foi, très chers fils, nous vous recommandons l'entière soumission au Siège sur lequel est assis le pontife romain, successeur de S. Pierre, vicaire de J.-C. sur la terre, et chef visible de l'Église. Car la soumission au Siège romain de Pierre et à ses ordres est la marque des enfants de la vraie Église. Unissez donc vos prières à celles que nous offrons à Dieu chaque jour afin que sa Sainte Église retrouve son éclat, répande sa foi sur toute la terre, et qu'il manifeste la douceur et la majesté de sa Loi. Ainsi, son nom sera connu, glorifié parmi tous les peuples, ceux-ci sauront qu'ils ont un Sauveur au ciel et recevront la foi qu'il nous a annoncée sur la terre; c'est alors que le troupeau sera un et aura un seul pasteur.

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