Chapitre III. — Fêtes et jeunes
1. Pendant la messe solennelle du dimanche, et à chaque messe si cela est jugé nécessaire, les prêtres devront avertir les fidèles des fêtes et jeûnes de la semaine. Le prêtre qui néglige ce devoir sera puni par l'évêque.
2. Le prêtre ne doit pas avertir ses paroissiens d'une fête ou d'un jeûne * auxquels ils ne sont pas tenus. De même l'évêque n'imposera pas de nouvelles fêtes ou jeûnes, mais seulement les [temps de péniteno vants, ordonnés par notre présent et saint synode : a) le Carême, de quarante-huit jours; — b) le carême de Noël, de 9 jours; si le carnaval - «lu carême de Noël tombe un mercredi ou un vendredi, il sera devancé d'un jour; — c) le carême de la Vierge, de 8 jours; — d) le carême des Apôtt- ■>. de quatre jours; — e) le carême de Ninive, de 3 jours; il est facultatif. L'abstinence des mercredis et vendredis tara supprimée dans l'intervalle de Pâques à la Pentecôte, et de Noël à l'Epiphanie; de même que pendant
1. Le mot arabe siam signifie : temps de pénitent*; il est employé tantôt dam le sens de «jeûne», tantôt dans celui d' « abstinence ».
2. C'est-à-dire ici la veille du jour où commence le temps de pénitence.
la semaine du carnaval1. De la Pentecôte à la fête de la Croix et de l'Epiphanie au carnaval, le laitage est permis. Mais de la fête de la Croix jusqu'au carnaval de Noël, on doit observer une abstinence stricte [les mercredis et vendredis]; toutefois, si durant ces jours tombe une fête du Seigneur ou de la Vierge, on fera gras suivant la coutume ancienne. Et si les carêmes précités commencent un dimanche, on ne fera pas abstinence ce jour-là, mais le commencement de l'abstinence sera transféré au lundi. L'abstinence durant le Carême [de quarante-huit jours] n'est pas seulement stricte; on est tenu aussi au jeûne naturel de minuit jusqu'à midi, excepté les samedis, dimanches et fêtes chômées; le samedi saint on jeûne jusqu'à midi, puisque c'est la vigile de Pâques. Si l'Annonciation tombe le vendredi saint, on transférera la fête au lundi de Quasimodo. Nous permettons de manger du poisson durant le carême et les jours d'abstinence, suivant la coutume.
3. Nous avons jugé bon d'alléger certaines abstinences, vu la faiblesse humaine et les maladies chez les habitants des villes, et vu les durs travaux chez les paysans, ce qui expose les uns et les autres à transgresser la loi. Mais, si l'Église, par pitié pour ses enfants, allège parfois ces pratiques satisfactoires, elle ne veut point qu'il en résulte une diminution de l'esprit de pénitence dans la satisfaction pour les péchés. Aussi exhortons-nous nos fils à s'appliquer pendant ces jours à une dévotion plus grande, à s'approcher souvent des sacrements et à faire de larges aumônes; ils compenseront ainsi ce qui a été supprimé des abstinences.
4. En ce qui concerne les fêtes, l'Église a institué depuis longtemps certaines fêtes où tout travail servile est prohibé, et a demandé aux fidèles de s'y préparer par des retraites et des pratiques de dévotion, sources de vertus et de profits pour leur âme. Mais l'expérience nous a montré que la plupart des chrétiens n'ont pas répondu à ces désirs de l'Église : loin de s'y conformer, ils commettent, les jours chômés, des maux plus nombreux que les autres jours; d'autre part, vu leur indigence, beaucoup de chrétiens rencontrent des difficultés pour assurer leur subsistance; pour toutes ces raisons, nous avons jugé qu'il est juste de réduire nombre de fêtes chômées à des fêtes de 2e classe 2. Voici donc la nouvelle liste avec les modifications :
Fêtes des mois solaires.
1er janv. : Circoncision. SS. Basile et Grégoire.
6 — : Baptême du Christ et Epiphanie.
7 — : Félicitations de Jean-Baptiste (C).
S. Etienne3 au 1er dimanche (C). — Et, après l'Epiphanie, N.-D. des
Semailles 4, qui aura lieu le dimanche qui vient après le 15 janvier (C). 17 janv. : S. Antoine le Grand (C).