Cf. Mansi, loc. cit., col
5. En arabe : Deir-el-Moukhallès , sur le territoire de la commune de Djounié ou Joun, près de Sidon.
6. Cf. P. Bacel, Les innovations liturgiques chez les Grecs melchites au xrin* s., dans Échos d'Orient, t. ix, 1906, p. 5-10.
ne pouvaient que constituer une arme aux mains des non-catholiques et rendre plus difficile leur retour à l'Union.
Le 26 novembre 1728, Benoît XIII nomma une commission spéciale présidée par le cardinal Vincent Petra, préfet de la Congr. de la Propagande x, et chargée de s'occuper des affaires melkites. La commission tint sept séances, du 15 mars au 5 juillet 1729, et promulgua une série de décrets qui furent approuvés par le pape le 8 juillet 2. En conformité avec eux, par bref du 13 août 1729, Benoît XIII déléguait le capucin Dorothée de la Sainte-Trinité pour confirmer en son nom Cyrille VI comme patriarche, après que celui-ci aurait fait profession selon le formulaire d'Urbain VIII et prêté serment de ne rien changer aux us et coutumes du rite grec et de rétablir ceux qui auraient été abrogés par Eutime Saïfi ou par lui-même 3.
Le P. Dorothée ne reçut ce bref et les principales décisions de la Congr. de la Propagande qu'en mars 1730. Le 25 avril suivant, il tint un concile au couvent de Saint-Sauveur 4. Celui-ci ne réunit autour du délégué apostolique et de Cyrille VI que les évêques de Saidanaya et de Panéas, qui avaient ordonné le patriarche, l'abbé du monastère de Saint-Sauveur et ses moines, deux protoprêtres, quelques prêtres et diacres.
Lecture fut d'abord donnée du bref de Benoît XIII, puis le P. Dorothée prit la parole pour exalter l'autorité du Souverain pontife. Le patriarche fit et signa la profession de foi et le serment qui lui étaient demandés, puis le délégué apostolique le confirma dans sa dignité. Les autres membres du synode s'engagèrent également à ne rien changer aux rites et usages de l'Église melkite 5.