‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 146 sur 1172 · occupait cette dignité depuis l'année précédente · texte numérisé non relu

occupait cette dignité depuis l'année précédente

2. L'exposé des questions soumises à la commission, daté du 15 mars 1729, .i été publié par Mansi, loc. cit., col. 1-88; les résolutions des séances, ibid., col. 87-100, et, sous forme quelque peu abrégée, dans Collectio Lacensis, t. n, col. 438-443.

3. Texte dans de Martinis, Jus pontipZciurn de Propaganda Fide, t. n, p. 414; Mansi, loc. cit., col. 183-184.

'i. Procès-verbal officiel latin dans Mansi, loc. cit., col. 187-190.

5. Leur déclaration est signée en premier lieu par : Ego Ioseph Papilla missionarius sacrœ congre gationis de Propaganda Fide; les deux évêques et le reste du clergé signent ensuite en arabe. — Papilla ou Babila était un prêtre melkite, ancien élève du collège de la Propagande à Rome.

Le concile ne se prolongea pas davantage et le P. Dorothée ne s'attarda pas au monastère de Saint-Sauveur 1.

Cyrille VI envoya une lettre de remerciement pour sa confirmation aux cardinaux de la Congr. de la Propagande 2. Mais il ne demeura pas longtemps fidèle à son serment. Une des innovations de son oncle Saïfi avait été de diminuer les obligations des fidèles en matière de jeûne et d'abstinence; en novembre 1731, Cyrille VI publia un décret 8 autorisant les laïques à manger de la viande, en dehors des mercredis et vendredis, pendant les temps de pénitence précédant la Noël, la Saints-Pierre-et-Paul et l'Assomption, sauf la veille de ces fêtes, où le jeûne devait être observé. Il présenta cette décision comme prise « en synode », et nous avons une lettre de 1735 signée par trois évêques 4, dans laquelle ils font allusion à un décret de ce genre arrêté en synode de leur consentement. Ces trois évêques sont : Macaire Ajeimi, de Damas; Basile Finan, de Panéas; Clément Tabib, religieux de Saint- Sauveur, que le patriarche avait élevé à la dignité d'évêque de Saidanaya comme successeur de Néophyte Nasri. Si cette réunion eut réellement lieu 5, ce ne fut qu'une simple conférence épiscopale.

Différentes communautés faisaient partie de la jeune Église melkite unie. C'étaient, d'une part celle de Saint-Sauveur, fondée par Eutime Saïfi, d'autre part, plus au nord du Liban, la congrégation de Saint- Jean-Baptiste de Choueir, qui devait son origine à quelques moines venus, au début du siècle, du monastère orthodoxe de Balamand 6. Le patriarche Cyrille VI voulait imposer aux deux groupements la même « règle de saint Basile », et même les fusionner

1. Il n'y resta en tout que trois jours (cf. la lettre du P. Dorothée au préfet de la Congr. de la Propagande, en date du 3 mai 1730, dans Mansi, loc. cit., col. 191-194).

2. Texte latin de la lettre dans Mansi, loc. cit., col. 189-192 (il faut lire 1730 au lieu de 1830).

3. Texte arabe dans Al Machriq, t. ix, 1906, p. 114; trad. latine dans Mansi, loc. cit., col. 197-198.

4. Adressée à la Congr. de la Propagande (texte italien dans Mansi, loc. cit., col. 263-264). — Il faut souligner qu' Eutime Maalouli, évêque de Fourzol, n'assista pas au concile de 1730 et ne signa pas ce décret de 1731.

5. Dans une lettre du 21 déc. 1731 à la Congr. de la Propagande, le P. Dorothée parle d'une décision prise par le patriarche « et quelques évêques » (Mansi, loc. cit., col. 199).

6. Ancien château des croisés, dit de la Belle Montagne, près de Tripoli. Choueir se trouve à 27 km. de Beyrouth, mais le couvent se trouve à proximité de Khounchara.

si possible, mais il montrait une préférence marquée pour la fondation de son oncle et avait plus d'une fois témoigné de l'hostilité aux Chouérites, ce qui n'était pas pour engager ceux-ci à entrer dans ses vues 1.

Après d'habiles manœuvres de la part du patriarche, le cardinal Petra, préfet de la Congr. de la Propagande, écrivit le 8 octobre 1735 une lettre au P. Nicolas Saygh, supérieur général de la congrégation chouérite, dans laquelle il enjoignait à celui-ci d'assister à une réunion commune avec le supérieur et des délégués de Saint-Sauveur, sous la présidence du patriarche, afin d'y discuter la fusion des deux groupements, qui devrait se faire aux conditions suivantes : la foi catholique, l'observation stricte des rites melkites, les enseignements monastiques de saint Basile comme base de la discipline commune; les constitutions qui seraient élaborées pour la préciser devraient d'abord être soumises à Rome avant d'entrer en vigueur.

Ayant reçu cette lettre au mois de février 1736, le P. Saygh réunit ses religieux et arrêta avec eux le texte de onze articles à présenter comme conditions d'union avec les Salvatoriens 2.

Le 6 avril, l'assemblée prévue se tint au couvent de Saint-Sauveur. Ce fut un véritable concile, auquel assistèrent outre le patriarche : Macaire Ajeimi, vicaire patriarcal de Damas; Basile Finan, évêque de Panéas; Eutime Maalouli, évêque de Fourzol; Clément Tabib, évêque de Saidanaya; Maxime Hakim, ordonné en 1732 évêque d'Alep du consentement du patriarche 3, et Athanase Dahan, religieux chouérite ordonné évêque de Beyrouth par le patriarche au début de 1736 4; un autre évêque du nom d'Athanase, administrateur apostolique des Syriens catholiques; le P. Etienne Attalah, supérieur général des Salvatoriens, le P. Saygh et quelques-uns de leurs religieux; quelques prêtres, dont le secrétaire du patriarche, Joseph Papilla; Abdallah Zakher, un laïque influent qui vivait auprès des moines chouérites.

Le concile dura trois jours 5. Le patriarche fit d'abord lire les

1. CI: P. Bacel, Le patriarche Cyrille VI et les Chouérites (1731-1736), dans Éehoê (V Orient, t. ix, 1906, p. 283-287; et Essai de réunion des Chouérites avec hs Salvatoriens (1734-1737), ibid., t. x, 1907, p. 102-107, 167-173.

2. Trad. française dans P. Bacel, Essai de réunion..., loc. cit., p. 105-106, reproduite dans Mansi, loc. cit., col. 261-262.

3. Cf. P. Bacel, Les troubles d'Alep et V élection de Maximos Hakim, dans Échos d'Orient, t. ix, 1906, p. 32-37.

4. Ci'. P. Bacel, Nomination d'un Chouérite au siège de Beyrouth (1736), ibid.,

;"». Le procès-verbal de ces trois jours a été publié en arabe dans Al Machriq, I i\, 1906, p. 114-116; la trad. italienne qui en existe aux arcbives de la Congr. es l.i Propagande a été reproduite dans Mansi, loc. cit., col. 263-266. Cette tra-

lettres de la Congr. de la Propagande sur la fusion des deux groupements monastiques; après quelques discussions sur la question, on désigna Joseph Papilla et Abdallah Zakher comme négociateurs chargés de recevoir les desiderata de chacun des deux groupes et d'harmoniser leurs points de vue.

Le deuxième jour, le patriarche dut aborder la question des jeûnes et abstinences. Il réaffirma son désir d'observer les anciens usages melkites, conformément aux exigences répétées du Saint- Siège ]; il prétendit que son fameux décret de 1731 n'avait eu pour but que de sanctionner les tolérances déjà permises dans certains villages pauvres par Eutime Saïfi 2, et le concile décida d'adopter un nouveau décret dans ce sens, sauf réserve d'approbation par Rome. Ce décret préciserait que la dispense ne valait pas pour ceux qui étaient de passage dans les villages dispensés ou pour les habitants de ces villages en séjour là où l'observance était commune. Les délégués religieux proposèrent de leur côté deux tolérances en d'autres matières 3 : d'une part, celle de pouvoir célébrer plusieurs messes par jour sur un même autel 4, là où cela pouvait se faire sans scandale, c'est-à-dire dans les monastères où le grand nombre de prêtres, et dans les villages éloignés où l'impossibilité de se rendre à une église voisine, pouvaient nécessiter cette tolérance ; d'autre part, la possibilité de célébrer la messe même pendant le Carême 5, dans le but d'acquitter des honoraires de messe nécessaires à la subsistance des moines. Le concile décida de demander à Rome cette double faculté.

Le 8 avril, on termina les discussions synodales ; le texte du décret concernant l'usage de la viande, qui avait été rédigé conformément au sens arrêté la veille, fut lu, approuvé et signé 6, de même que le procès-verbal du concile.

duction donne les souscriptions des évêques et des deux supérieurs généraux, On trouve également un rapport sur l'activité du concile dans une lettre italienne de J. Papilla, publiée dans Mansi, loc. cit., col. 269-270.

1. Parmi les nouvelles décisions prises en 1732 par la commission particulière romaine chargée des affaires melkites (Mansi, loc. cit., col. 201-242), il fut rappelé au patriarche qu'il ne pouvait dispenser en matière de jeûne et d'abstinence qu'en cas d'extrême nécessité et seulement d'année en année.

2. Le sens du décret de 1731 était en réalité tout à fait général.

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