PREFACE IX
de Constantinople, entreprend dans ses sermons au peuple l'explication de ce dogme : en Notre-Seigneur, dit-il, la personne divine et la personne humaine sont distinctes, quoique étroitement unies. S'il y a deux personnes, une action du Christ homme n'est plus une action divine; Marie n'est plus la mère de Dieu. Des protestations s'élèvent de toutes parts : au concile œcuménique d'Éphèse de 431, Nestorius est condamné. Cependant l'hérésie ne disparaît pas, elle trouve même d'ardents défenseurs, surtout dans la fameuse École théologique d'Édesse. Par réaction contre les erreurs de Nestorius, certains en arrivent à l'extrême opposé : non seulement le Christ n'a qu'une personne, mais il n'a qu'une nature; la nature divine a absorbé la nature humaine : c'est ce qu'on appelle le « monophysisme ». Le concile œcuménique de Chalcédoine, en 451, condamne le monophysisme et rétablit l'exacte vérité : il y a dans le Christ une personne, mais deux natures. Le même concile décide que les diocèses civils de Thrace, d'Asie et du Pont formeront une vaste circonscription ecclésiastique sous l'autorité de l'évêque de Constantinople; le diocèse d'Egypte reste sous l'autorité de l'évêque d'Alexandrie; celui d'Orient est divisé en deux obédiences : ]a majeure partie continuera à reconnaître Antioche, l'autre dépendra de Jérusalem1. Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem : telles sont les quatre villes qu'on appellera bientôt sièges patriarcaux; l'évêque sera le patriarche, le territoire qui lui est soumis le patriarcat.
De même que le nestorianisme, le monophysisme garde des partisans jusque sur les sièges d'Alexandrie et d'Antioche; l'empereur de Constantinople, Zenon, se montre très conciliant envers les monophysitcs, mais par contre veut chasser les nestoriens de son royaume et ferme l'Ecole d'Edesse. Maîtres et élèves sont expulsés, vont en Mésopotamie et y propagent leur doctrine : en 486 l'Église de Chaldée adopte officiellement les idées nestoriennes. C'est la première Eglise schisniatique qui subsistera jusqu'à nos jours.
En 49.1, l'Église d'Arménie condamne le concile de Chalcédoine et adopte le monophysisme : seconde Eglise schisniatique d'Orient.
Justinien, empereur de Constantinople en 527, s'en prend également aux monophysites. Et alors, à l'intérieur même de l'empire, dans les patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, les monophysites créent un schisme en opposant aux patriarche et évêques légitimes, vers les années 540, leurs patriarche et évêques à eux. Ils cherchent à s'attirer la sympathie populaire : tandis que jusqu'ici, dans les offices religieux, le grec, langue des classes cultivées, était surtout employé, ils adoptent le langage local pour la liturgie : le syriaque dans le