I. — Les préparatifs du concile
Fin juillet 1734, le patriarche Joseph El-Khazen et les évêques maronites adressèrent des lettres au pape Clément XII, à la Congr.
1. Son successeur immédiat, Gabriel de lUauzawi, mourut subitement.
2. Cf. Lettre d'Abdallah Karali, évêque de Beyrouth, à la Congr. de la Propa- ^iirid» (dans Anaïssi, Colleciio documenter uni, n. 94, p. 143-144); bulle d'octroi du pallium au nouveau patriarche, datée du 18 déc. 1733 (dans Anaïssi, Bullarium Maronitarum, n. 106, p. 232) ; réponse du pape au patriarche et aux évêques qui avaient annoncé l'élection (ibid., n. 108 et 109, p. 235-237).
de la Propagande et à différents cardinaux l, demandant qu'un visiteur apostolique soit envoyé au Liban pour aider à la réforme de leur Église; ils suggéraient que quelqu'un de leur propre nation soit désigné à cet effet, à savoir Joseph-Simon As-Simani ou Àssemani, prélat domestique, un des préfets de la Bibliothèque vaticane 2.
Par décret du 24 juillet 1735 3, la Congr. de la Propagande décida d'envoyer Assemani comme ablégat, de lui donner des directives spéciales et la faculté de convoquer, s'il le jugeait utile, un « synode provincial de tous les archevêques, évêques, du clergé séculier et régulier, avec le patriarche », auquel Assemani lui-même participerait avec droit de vote.
Les directives de la Congr. de la Propagande 4 portèrent surtout sur les questions suivantes : l'interdiction aux religieuses d'habiter dans des évêchés ou dans la même enceinte que les moines; la gratuité des saintes huiles, des ordinations, des dispenses de mariage et des remises de peines ecclésiastiques; l'interdiction du mariage après l'ordination; l'obligation de conserver le Saint-Sacrement dans toutes les églises auprès desquelles réside un prêtre et d'avoir des ornements liturgiques convenables; l'emploi au moins partiel du syriaque comme langue liturgique; la nécessité d'établir une répartition stable des diocèses. Jusqu'alors le nombre des évêques était variable et c'était le patriarche qui délimitait le territoire qu'ils avaient à gouverner.
1. La lettre au pape et celle à la Congr. de la Propagande sont signées par le patriarche et neuf archevêques (tous les évêques maronites portent le titre d'archevêque, quoique n'ayant pas de sufîragants) . — Cf. les éditions latines des actes du concile du Mont-Liban : Synodus provincialis anno 1736 in Monte Libano celebrata, Rome, 1820, reproduite dans Collectio Lacensis, t. n, col. 75-478, et dans Mansi, t. xxxviii, col. 7-334. Ces éditions comprennent : 1. une série de Documents préliminaires (nous les indiquons par ces mots), numérotés de i à xvi (le texte latin de la lettre de 1734 à Clément XII figure sous le n. n; des indications concernant les autres lettres adressées en même temps à Rome se trouvent sous le n. m) ; — 2. les canons conciliaires en quatre parties; — 3. un Appendice comportant divers documents numérotés de i à xliii; — 4. les Epistolse synodicse, quinze lettres adressées à Rome par divers membres du synode, de juill. 1736 à janv. 1737 ; — 5. le procès-verbal officiel du synode; — 6. les corrections apportées aux canons conciliaires par une commission particulière de la Congr. de la Propagande le 27 août 1741, et le décret de cette Congrégation en date du même jour.
2. Né à Tripoli en 1687, prêtre en 1719, devint évoque titulaire de Tyr, mourut à Rome en 1768. — Il fit de son nom de famille un second prénom, auquel il ajouta la forme italianisée du même nom de famille.