‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 228 sur 1172 · Texte du décret dans les Documents préliminaires, n. iv · texte numérisé non relu

Texte du décret dans les Documents préliminaires, n. iv

4. Cf. la lettre du jésuite Pierre Fromage, datée de Tripoli le 15 oct. 1736, publiée dans Lettres édifiantes et curieuses, t. n, Paris, 1780, p. 201 ; reproduite dans Collectio Lacensis, t. n, col. 485, et Mansi, t. xxxviii, col. 1.

Assemani, séduit par l'idée de pouvoir réunir un concile, rédigea en latin un vaste projet, divisé en quatre parties, de canons à adopter en cette assemblée. C'est un vrai travail de bibliothécaire, fait avec une certaine hâte, qui compile un grand nombre de documents et de renseignements et où les détails noient souvent l'essentiel. Un autre prélat maronite, André Scandar, professeur d'arabe à l'Université romaine de la Sapience, interprète officiel de la Congr. de la Propagande, traduisit en arabe le projet d' Assemani et cette traduction était déjà terminée le 15 novembre 1735 K

Le 26 novembre, Clément XII adressa un bref à Assemani le nommant officiellement ablégat avec pouvoir de réunir un synode; le 12 décembre, il lui accordait le droit de porter la mitre à cette assemblée 2. La mitre était en effet portée par les évêques maronites et le Saint-Siège ne voulait pas que son ablégat parût moindre en dignité. Dans les lettres officielles que l'ablégat fut chargé de remettre au patriarche maronite d'une part, aux évêques de l'autre, le pape 3 indique la faculté donnée à l'ablégat de réunir un synode; et le cardinal Petra, préfet de la Propagande 4, souligne qu'il a donné des directives précises à l'envoyé pontifical.

Assemani quitta Rome le 17 décembre 1735, mais par suite du mauvais temps il n'arriva à Beyrouth que le 17 juin 1736 5. Dès le lendemain, le supérieur général de la congrégation libanaise des moines maronites 6, Thomas Al-Labboudi, dit Budi, rejoignit Assemani et devint un de ses plus précieux soutiens 7. Le 19, tous deux partirent pour le couvent de la Sainte-Vierge de Loaïsah, proche d'Antoura, appartenant à cette congrégation; il deviendra le

1 . Il est bien possible qu'Assemani ait commencé son travail à titre officieux dès avant le décret du 24 juill. 1735. La rapidité de la traduction s'explique sans doute du fait qu'elle fut élaborée pendant les vacances universitaires.

2. Texte des deux brefs parmi les Documents préliminaires, n. v, reproduits dans T. Anaïssi, Bullarium ..., n. 113-114, p. 243-246.

3. Deux brefs datés du 21 nov. 1735 (texte parmi les Documents préliminaires, n. v, reproduits dans T. Anaïssi, Bullarium..., n. 111-112, p. 239-243).

4. Deux lettres italiennes du 10 déc. 1735, reproduites parmi les Documents préliminaires, n. vi (ce chiffre est toutefois omis par erreur dans les éditions).

5. Nous possédons un récit, tenu jour par jour, du séjour d'Assemani comme ablégat au Liban (17 juin 1736-27 févr. 1737). Il a été rédigé par quelqu'un qui vivait dans son entourage, peut-être par un moine de la congrégation libanaise. Il a été publié dans la revue Al-Machriq, t. xxv, 1927, p. 457-459, 502-517, 569-585.

6. Jusqu'à la fin du xvne s., tous les monastères étaient autonomes; à cette époque, se fonda la première congrégation monastique, celle des moines libanais de S. -Antoine. Au début du xvnr9 s., se forma la congrégation de S.-Isaïe, sur l«- modèle de la congrégation libanaise.

7. La congrégation libanaise prit à sa charge tous les frais du séjour d'Assemani; elle n'en fut jamais remboursée.

port d'attache de l'ablégat l. Un certain nombre d'évêques, des prêtres, des notables, les jésuites d'Antoura vinrent y prendre contact avec lui.

Le 29 juin, Assemani se dirigea vers la résidence du patriarche à Qannoubin. Il y arriva le dimanche 1er juillet. Le lendemain, en l'église patriarcale, devant le patriarche, neuf évêques maronites 2 et une nombreuse assistance, il fit solennellement faire la lecture, en arabe et en latin, des lettres romaines l'accréditant comme ablégat, ainsi que de celles adressées au patriarche et aux évêques. Il donna ensuite à tous la bénédiction au nom du Saint Père. Dans des conversations privées qui eurent lieu entre cette cérémonie et le déjeuner, on se mit d'accord pour réunir un concile le 15 août, en Chosroène, région plus sûre que celle où se trouvait le monastère patriarcal, pour prendre connaissance des directives de la Propagande et des canons apportés par Assemani. Le patriarche ne s'en occupa pas ce jour-là, et on n'aborda d'aucune façon les questions à débattre 3. En effet, dès après le déjeuner, Assemani quitta Qannoubin pour entreprendre une tournée dans la région. Selon l'usage cher aux Maronites, elle se passa en réceptions de toute sorte plutôt qu'en échanges de vues pratiques et fructueux. Du 2 au 14 août, l'ablégat fit un voyage à Sidon et Deir-el-Kamar.

Pendant tout ce temps, le patriarche n'avait plus rien fait pour préparer le concile prévu pour le 15 août; au contraire, il retarda le séjour habituel de vacances qu'il faisait au couvent de Saint-Serge à Raïfoun, où il avait vécu les premières années de sa vie monastique, couvent situé entre Qannoubin et Loaïsah, d'où il pouvait facilement entrer en contact avec Assemani. Le patriarche n'y arriva que le 28 août.

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