‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 290 sur 1172 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LONQ8 DÉBATS AUTOUR DE L'APPLICATION DU CONCILE DU MONT-LIBAN (1742-1840)

Les oppositions qui s'étaient manifestées après le concile du Mont- Liban, dès avant son approbation par Rome, faisaient mal augurer des possibilités de redressement de l'Église maronite.

Déjà la succession de Joseph Derghan El-Khazen donna lieu à une dissidence; par ailleurs, les ordinations épiscopales se multiplièrent et les diocèses furent répartis, ou même divisés selon le bon plaisir du patriarche. Le long gouvernement de Joseph Estéphan marqua le point culminant de cette politique d'hostilité aux réformes arrêtées en 1736 et désirées par le Saint-Siège. Elles finirent cependant par triompher.

Les six évêques présents aux funérailles du patriarche Joseph Derghan El-Khazen lui élurent comme successeur le doyen d'âge de l'épiscopat, Simon Aouad, évêque de Damas, puis, celui-ci n'ayant pas accepté, ils choisirent Élie Mohasseb, évêque d'Arka. L'évêque de Chypre, Tobie El-Khazen, et celui de Tyr, Ignace Chrabaï, qui étaient absents, ordonnèrent l deux nouveaux évêques, Germain Saker et Abdallah Habkouk, puis Tobie se fit également élire à la dignité patriarcale, qu'il voulait voir maintenue dans sa famille.

Benoît XIV fit examiner les deux élections par une commission particulière de la Propagande, qui se réunit devant lui le 15 février 1743 : les cardinaux estimèrent que les deux élections étaient irrégulières et devaient être annulées, mais ils laissèrent au Saint Père la décision à prendre concernant la nomination du nouveau patriarche. L'usage suivi pour l'Église occidentale dans ce genre d'affaires voulait que l'élection fût dévolue au Saint-Siège, mais ce n'est qu'après mûre réflexion que le pape décida de l'appliquer pour

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