‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 4 sur 1172 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

patriarcat d'Antioche, le copte en Egypte. Ainsi se forment la troisième et la quatrième Église schismatique : l'Église syrienne ou jacobite, du nom de son fondateur Jacques Bar Addaï, et l'Église copte. Les Éthiopiens se rallieront au monophysisme copte. Aux patriarches légitimes des sièges d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem on donnera le nom de « melkites », c'est-à-dire partisans de l'empereur.

L'Islam réserve une nouvelle surprise aux chrétientés d'Orient : en 636, les Arabes sont à Antioche; en 637, à Jérusalem; en 642, à Alexandrie. Le siège des patriarches melkites reste souvent inoccupé. Profitant d'une telle carence à Antioche', le puissant monastère de S.-Maron, qui exerce sa juridiction sur la population des environs du couvent, se déclare indépendant et forme bientôt une véritable Église à la tête de laquelle nous trouvons, au vme siècle, un patriarche : cinquième grande autocéphalie.

Les patriarches de Constantinople entrent souvent en conflit avec la papauté, notamment lorsqu'ils veulent étendre leur juridiction à toute l'Europe orientale. Sur le terrain dogmatique, c'est surtout la question de la procession du Saint-Esprit qui crée des controverses. Au milieu du xie siècle, le patriarche Michel Cérulaire attaque avec véhémence les usages liturgiques et disciplinaires des Latins. La lutte avec l'Occident s'envenime : en 1054, le pape excommunie Cérulaire * et celui-ci riposte en se séparant de Rome. Le grand schisme d'Orient — sixième dissidence — s'étend pratiquement à toutes les Églises de rite byzantin : non seulement à celles dépendant directement de Constantinople, mais aussi aux patriarcats melkites qui s'alignent de plus en plus sur la capitale du christianisme oriental.

Les croisades, les conciles œcuméniques de Lyon, en 1274 2, et de Florence, en 1439 3, obtiennent quelques succès éphémères au point de vue du retour à l'Unité de l'Orient.

Ce n'est qu'après le concile de Trente, lorsqu'une vie nouvelle anime l'Église catholique, que des résultats durables commencent à être acquis. Les Maronites consolident définitivement leur union avec Rome, tandis que dans les autres Églises orientales se forment des groupements qui, sous une hiérarchie particulière, reconnaissent l'autorité du Saint-Siège : un grand nombre de Ruthènes de Pologne ou de Hongrie, de Roumains de Transylvanie se détachent ainsi de l'autorité de Constantinople; des patriarcats catholiques chaldéen, syrien, melkite, arménien sont constitués. Cependant jusqu'en 1850,

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