En sa IVe session
3. Selon la trad. italienne, la signature de Gandour Saad El Khoury figure au bas du document, mais on ne voit pas celle de l'émir Chihab lui-même.
A la xie session, le lundi après-midi, le patriarche communiqua un pamphlet écrit par le moine alépin Arsène Diab, qui mettait en doute la sainteté de Jean Maron, considéré par les Maronites comme leur premier patriarche au vne siècle. Diab jetait ainsi l'opprobre sur le titre patriarcal lui-même. Certains, en effet, prétendaient que seul l'abbé Maron, qui vécut au ve siècle et dont le culte avait été reconnu par Benoît XIV en 1753, méritait d'être appelé saint; la fête liturgique des deux personnages avait d'ailleurs lieu en même temps, le 9 février, ce qui prêtait à une certaine confusion; le concile décida d'instituer une fête spéciale pour le premier patriarche à la date du 2 mars. Il rappela ensuite que jadis le patriarche concédait des indulgences plénières, mais que par obéissance au Saint-Siège l il ne le faisait plus désormais de son propr? chef. L'assemblée formula le vœu que le Saint-Siège lui accordât les pouvoirs nécessaires.
Arsène Choukri, évêque d'Alep, était mort au cours du concile; ses obsèques furent célébrées à l'issue de celui-ci. Les actes furent signés par tous les évêques présents. Le concile ne s'occupa pas officiellement du cas de Joseph Nejeim; des négociations eurent lieu entre le patriarche et le procureur de Fadel, une convention fut élaborée : le patriarche reconnaissait à Fadel l'autorité épiscopale sur tout le diocèse de Beyrouth, mais Fadel devait payer une rente annuelle à Nejeim et celui-ci lui succéder éventuellement. Cette convention porte la date du 28 octobre et les signatures du patriarche, de Michel Fadel et des témoins : Germain Adam, évêque melkitt d'Alep, avec qui le patriarche entretenait des relations d'amitié, Gabriel Moubarak, Joseph El-Tian, Jean El-Hélou, Joseph Nejeii lui-même et Philippe El-Gémaïel, nouvel évêque de Chypre.
Le patriarche entretenait des relations d'amitié avec l'évêque melkite d'Alep. Michel Adam était un ancien élève du collège d( la Propagande; sous le nom de Germain, il était devenu évêque d( Saint- Jean d'Acre en 1774, puis d'Alep en 1777. Il était intelligent, travailleur, énergique, mais très personnel. En 1788, il s'opposa à l'élection du patriarche melkite Athanase IV et le patriarche maronite l'appuya dans cette prise de position. Dans une lettre de Michel El-Khazen à la Congr. de la Propagande, datée du 15 mars 1789 2, celui-ci se plaint d'être toujours dépouillé de ses droits sur le diocèse de Damas; il accuse le patriarche de ne pas appliquer les décision* du concile de 1786 : Estéphan demeurait encore à Ghosta et laissait Qannoubin aussi bien que Békorki à l'abandon; il tenait cachés le?
1. Cf. les décrets de la S. Congr. de la Propagande des 8 juill. 1774 el 10 mai 1777.